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Le 04/10/2007 - 07h19
Par
SPORT / Stéphane Méjanès
Au terme de cinq années de tournage avec des moyens techniques jamais vus dans un documentaire de ce genre, Un Jour sur Terre (sortie le 10 octobre) explore la beauté d'une planète en danger. Ses habitants avec.
Un monstre marin émerge de l'océan dans une gerbe d'écume en dégageant une puissance phénoménale. Malgré un ralenti très esthétique, l'image est saisissante. C'est un grand requin blanc et l'on distingue, dans sa gueule terrifiante, le cadavre d'un phoque déchiqueté. C'est l'une des apparitions choc du film des Anglais Alastair Fothergill et Mark Linfield produit par la vénérable BBC dont le savoir-faire n'est plus à vanter. Et, cette fois, on a vraiment mis les petits plats dans les grands. Cinq ans de recherches, de préparation et de tournage, 200 lieux visités dans 21 pays différents, 40 équipes constituées de spécialistes, des milliers d'heures de tournage dont 250 jours de prises de vue aériennes utilisant la technologie Cineflex, et la première sortie de studio pour des caméras à très grande vitesse. Installez-vous dans votre fauteuil, attachez votre ceinture, la compagnie vous offre un tour du monde de rêve... et de cauchemar.
À l'instar de La Planète Blanche, le film de Thierry Ragobert et Thierry Piantanida sorti en mars 2006, l'ours blanc est le témoin privilégié d'un documentaire qui montre autant qu'il alerte. Grâce à une autorisation exceptionnelle du gouvernement norvégien, l'équipe a pu notamment se rendre dans la région du Kong Karls Land, à l'est du Spitzberg, où personne n'était entré depuis vingt-cinq ans. Pour ne pas troubler les animaux, il a fallu se rendre à pied jusqu'au lieu de tournage, se privant du même coup d'un repli opportun dans un quelconque véhicule en cas de représailles... C'était le prix à payer pour pénétrer l'intimité de l'ours, l'être vivant le plus sensible au réchauffement climatique. " L'ours polaire émerge de ce film comme le symbole ultime de notre planète, confie Alastair Fothergill. C'est le plus grand carnivore terrestre et il nage dans cet immense océan, à la merci de la fonte des glaces, prisonnier absolu du soleil. " De même, son combat désespéré pour se faire un dernier festin d'un troupeau de morses avant de mourir est un autre moment très fort.
La prédation est d'ailleurs au coeur de cette oeuvre magistrale qui
vous emmène du pôle Nord au pôle Sud, au rythme des saisons. Un loup
guettant la faute d'un jeune caribou pourtant aussi rapide que lui, un
guépard à la poursuite d'une gazelle dont les chances sont infimes, des
lionnes, la nuit, se jettant littéralement sur le dos d'un éléphanteau.
Au montage, les réalisateurs ont choisi chaque fois de nous épargner la
vision trop crue du dépeçage. Mais, le recours à des caméras à très
grande vitesse leur a permis de dramatiser la traque jusqu'à la
scénariser. Suspense et sursauts garantis. " Ces caméras ont été
développées à l'origine pour des crash tests dans l'industrie
automobile, précise Simon King, l'un des directeurs de la photo. Nous
les avons utilisées pour permettre au public de voir dans les moindres
détails des événements spectaculaires qui se produisent en un laps de
temps très court, c'est-à-dire en moins d'une seconde. "
Au final, le film dresse avec force et conviction un portrait merveilleux et inquiétant de notre planète en péril. " Pour moi, Un Jour sur Terre est davantage un film historique qu'un film naturaliste, conclut Sophokles Tasioulis, l'un des producteurs. Dans les années à venir, certaines des choses que l'on voit dans le film n'existeront plus. "
Avec la voix d'Anggun
Anggun, c'est un visage familier des Français depuis déjà dix ans. Star du rock dès son plus jeune âge, chez elle en Indonésie et dans toute l'Asie, sa voix chaude et sensuelle ne laisse personne indifférent. La marraine du prix Micro Environnement s'est prêtée au jeu de la narration du film en français avec une joie non dissimulée. "Les images sont sublimes et on a l'impression de se trouver à 30 cm des animaux, c'est fascinant, confie-t-elle. Ce qui m'a impressionnée, c'est qu'au-delà de la beauté formelle du film, il se dégage une véritable émotion." Du coup, la chanson Terre, qu'elle était en train d'enregistrer pour son nouvel album, a été retenue pour le générique de fin !
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