Le 16/10/2008 - 11h42
Par
SPORT / Aurélie Beaudouin
Tour Divide Race : Ils roulent 4359km en VTT en une seule étape
SportWeek
En juin dernier, s'est déroulé le Tour Divide Race, une course cycliste extrême qui traverse les Etats-Unis du nord au sud. Cyclotouristes du dimanche, s'abstenir !
C'est la course cycliste la plus difficile au monde. A côté, le Tour de France ressemble à une promenade de santé. Le Tour Divide Race, qui traverse les Etats-Unis sur 4359 kilomètres, de la frontière canadienne à la frontière mexicaine, requiert des qualités physiques et mentales hors normes. La neige, la pluie, la chaleur, les dénivelés, les zéros dollars de récompense promis à l'arrivée... Rien n'aurait pu arrêter les seize aventuriers, pour la plupart habitués des courses VTT longue distance, qui ont pris le départ le 13 juin dernier. Le principe de la course est simple : les coureurs doivent suivre en intégralité la Great Divide Mountain Bike Route, dont seulement 10 % sont goudronnés, avec, pour seul accompagnement, de quoi camper et quelques dollars pour se payer l'hôtel quand ils en trouvent un. Au final, seuls neuf coureurs ont franchi la ligne d'arrivée, après 19 jours de course pour le vainqueur, 29 pour le dernier. "
Techniquement, ce n'est pas forcément une route difficile, même s'il faut faire attention aux racines, aux rochers ou aux falaises. C'est mentalement que c'est compliqué, raconte Mike Dion, qui a dû abandonner après onze jours de course.
Quand vous roulez dans la boue, ou dans un mètre de neige, avec des ours sur votre chemin ou des milliers de moustiques qui vous dévorent, c'est vraiment très difficile de rester positif. "
Seuls au mondeLe règlement de la compétition est très strict. Les concurrents doivent se débrouiller seuls pour leur ravitaillement et leur logement. Et comme il faut parfois rouler des centaines de kilomètres pour trouver âme qui vive, les cyclistes partent avec une petite dizaine de kilos de réserves sur le porte-bagages. "
Sur mes 21 jours de course, j'ai seulement passé quatre nuits à l'hôtel. J'ai commencé la course avec deux jours de réserve de nourriture et 100 dollars en poche, car dans ces endroits reculés, la carte de crédit n'est pas toujours acceptée ", se souvient Ardie Olson, qui est monté sur la deuxième marche du podium. Pour communiquer, le téléphone portable était autorisé mais... seulement 15 % du parcours était desservi. C'est donc via un blog que les proches pouvaient être tenus au courant des péripéties du Tour Divide Race. Et il y en a eu quelques-unes !
Passer une quinzaine d'heures en moyenne sur un vélo est propice aux rencontres. "
Les autochtones se demandaient ce que je faisais. Avec mon look, mon odeur et mes vêtements couverts de terre, ils ont dû penser que j'étais un clochard ", rigole Ardie Olson. "
Les gens étaient vraiment très hospitaliers le long du chemin. Comme j'étais la seule fille de la course, ils s'inquiétaient beaucoup pour moi, et j'en ai vu pleurer après mon départ ", raconte de son côté Mary Collier, une Californienne de 29 ans, huitième à l'arrivée. D'autres rencontres ont été riches en émotions, mais d'un tout autre calibre. "
J'ai rencontré quatre ours durant mon périple. Un jour, un ourson a traversé la route, juste devant moi. Sa mère le suivait et m'a regardé. Elle était à six mètres de moi. J'ai reculé doucement, et elle a rejoint son petit. Mais je n'en menais pas large ", reconnaît Mike Dion qui, passée cette frayeur, s'est parfois surpris à pleurer devant la beauté des paysages. Avec une partie du Canada et cinq états américains à traverser, les concurrents ne pouvaient en effet qu'admirer la diversité du panorama.
Perds pas la route !" Le Canada, c'était vraiment très beau, la piste était parfaite. Mais il faisait froid, surtout la nuit. Plus j'allais vers le sud, plus il pleuvait. Mais j'ai été récompensée de mes efforts, je me souviendrai toute ma vie du jour de mon arrivée, s'enthousiasme Mary Collier.
Il était 3 heures du matin. Il tombait des cordes, mais il y avait un magnifique coucher de soleil au loin. Les grenouilles coassaient. Puis la lune s'est levée et a illuminé tous les cactus environnants. C'était un moment très spirituel. En tout cas, le paysage qui s'étend le long de la Great Divide Mountain Bike Route est l'un des plus merveilleux des Etats-Unis. "
Mais à force de regarder aux alentours, il arrive de se perdre. Les concurrents étaient certes équipés d'un GPS, mais seulement afin d'être localisés en cas d'urgence. Ils avaient en revanche droit à un road-book. Utile, mais encore fallait-il savoir le lire... "
Je me suis très souvent perdu. Quand je suis arrivé, mon compteur indiquait 321 km supplémentaires par rapport au trajet théorique, reconnaît Stephen Gleaser, qui a terminé huitième.
Parfois c'était de ma faute, car la fatigue m'a fait prendre de mauvaises décisions. Mais il y avait également des endroits où il était impossible de s'y retrouver. " Honneur donc à Matthew Lee, créateur et vainqueur de la course, qui a traversé les Etats-Unis sans le moindre plan ! Mais pas sans bobo. Comme la plupart des concurrents, il a souffert des genoux et des tendons d'Achille. Près de 300 heures à pédaler, ça use... Mais terminer la course la plus difficile du monde, ça se mérite.
Hello,
Je tiens à vous féliciter pour l'attractivité de votre article ! J'ai lu cet article à plusieurs reprises dès sa parution et il est resté gravé dans mon cerveau. A un tel point que cette année, je prends le départ de cette course qui de mon point ressemble plus à un aventure qu'à une compétition. Vous pourrez suivre ma progression grâce au lien de ma balise SPOT que je vais bientôt activer. En attendant vous pouvez jeter un oeil sur le site de mon asso : www.teamoffroad.fr
Nico