Le 19/06/2008 - 08h34
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Les ailes du délire
SportWeek
Yves Rossy se déplace tel un oiseau. Il vole à 200 km/h grâce à une aile à réaction. Fou ? Non. Génial ? Oui...
On peut avoir 49 ans et nourrir encore des rêves d'enfant. C'est le cas d'Yves Rossy, un ex-pilote de chasse, qui n'a qu'une idée en tête : " Voler comme Superman. " C'est-à-dire à la vitesse de l'éclair et débarrassé de toutes les futilités matérielles que constituent nos chers avions. Aujourd'hui, le Suisse est presque arrivé à ses fins. Il est le premier homme à voler avec une aile individuelle mue par des réacteurs. Un concentré de technologie de 2,5 m d'envergure, que cet ancien militaire enfile sur son dos et qui lui permet de se déplacer comme un oiseau. Les seuls instruments qu'il utilise pour ne pas s'écraser comme une crêpe sont une manette de gaz et un altimètre sonore.
L'art de s'envoyer en l'airMai 2008, sur l'aérodrome de Bex, en Suisse. C'est ici, près des montagnes du canton de Vaud, qu'Yves Rossy décide de dévoiler au monde les capacités de son invention. Les ailes repliées sur le dos, il s'installe dans un petit avion qui l'emmène à 2 500 m d'altitude. De là, il se jette dans le vide et déploie les extrémités de son aéronef.
" On tombe tout de suite en piqué, décrit-il.
Ensuite, il faut mettre les gaz et se redresser. " C'est parti pour huit minutes de délire. Yves Rossy atteint la vitesse de 200 km/h, propulsé par quatre réacteurs alimentés en kérosène. Quand le réservoir est plein, son accoutrement pèse 55 kilos. Pour virer à droite, le pilote appuie sur son flanc droit. Même manoeuvre à gauche.
" Il faut rester relax, explique-t-il.
Si on y arrive, l'effort est quasiment nul. On ne subit pas plus de pression que si on conduisait une moto. " Pour montrer son aisance, le Suisse effectue même quelques vrilles. Yves Rossy déploie ensuite son parachute. Les extrémités de l'aile se replient. Il touche le sol.
" Historique, s'enflamme son sponsor Jean-Claude Biver, patron des montres Hublot.
"Fusion man" (son surnom),
c'est la fusion de l'homme et de l'oiseau. Bientôt, il franchira le Grand Canyon et les Américains seront fous ! "
En attendant de montrer ses exploits outre-Atlantique, Yves Rossy a déjà planifié de traverser la Manche, équipé de son aile révolutionnaire. Un défi prévu pour cette année. D'ici à deux ans, le Suisse espère même pouvoir décoller du sol à la verticale, afin de se passer d'avion pour prendre de l'altitude. S'il y parvient, "Fusion man" sera presque devenu Superman. Le kérosène en plus.
RepèresPlus vite que l'EurostarYves Rossy compte franchir la Manche dès septembre. Une traversée de 35 km à 200 km/h, contre seulement 160 km/h pour l'Eurostar ! Le Suisse compte suivre les pas de Louis Blériot, le premier pilote à avoir relié la France et l'Angleterre en 1909. Comme lui, il prendra le départ de Calais pour arriver à Douvres.
Ne vole pas qui veutYves Rossy a monté son premier réacteur, en 2003, sur une aile gonflable. Un échec cuisant car l'engin n'est pas assez rigide. Puis en 2004, il développe une aile en carbone, mais se crashe. Le Suisse a enfin réussi son défi aujourd'hui grâce à son nouveau prototype.
Du lourd !L'aile à réaction utilisée par Yves Rossy est constituée d'extrémités pliables qui se déploient par ressort à gaz en une demi-seconde. Les quatre réacteurs qui servent à la propulsion sont alimentés par du kérosène. Avec le plein, l'aile pèse 55 kilos (30 kilos à sec).
quel courage je ne le ferais pas mais j'envie ces personnes qui ont un rêve peut-être et qu'il le réalise