Le 15/11/2006 - 16h15
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Le Caucase ne déçoit jamais
SportWeek
Trois snowboarders, trois skieurs. Quatre Français, deux Suédois. Cinq gars, une fille. Six experts en leur domaine - freeride, back-country, freestyle. Finis les chiffres, on passe à la pratique. Tout ce beau monde explore le Caucase et le Nord de la Turquie. C'est parti pour un snow-trip dont on se souviendra.
Conditions idylliques. Le soleil règne sur le Caucase. Un énorme hélicoptère survole les parages. L'impatience, mêlée d'une petite appréhension, est à son comble. Pour certains, le snow-trip est une première. Ils sont à deux doigts de réaliser leur rêve de grands sommets et de poudre.
Sept mètres de neige, dont un mètre de poudre fraiche, tapissent les cimes. Les corniches sont énormes. L'une cède à moins d'un mètre du groupe après une dépose en hélico. Grosse frayeur...
" Les meilleures sensations de glisse, c'est sur des faces vierges qu'on les trouve, en ridant assez vite, dans de la neige poudreuse, avec des dénivelés à perte de vue... Pour moi c'est ça le snowboard ", commente le snowboardeur Ludovic Strohl.
Après une autre journée incroyable, le ciel se fait moins radieux. Il est temps de se diriger plus au sud. Une destination plus insolite et méconnue : la Turquie.
Sur l'autre rive de la Mer NoireDouze heures de bateau pour gagner l'autre rive de la Mer Noire. L'expédition poursuit son cours dans des lieux inconnus. Le mini-mog qui transporte l'équipage s'enfonce dans les montagnes du Nord du pays. La troupe est accueillie aussi chaleureusement que simplement dans une ferme complètement isolée. Le confort est sommaire.
Déposes en hélico, tractage par les motos-neiges, le délice de pentes vierges continue. La neige est de moins bonne qualité que dans le Caucase, mais la satisfaction d'être les premiers à rider ces montagnes décuple le plaisir.
" Ici on a le temps, on est tranquilles, il n'y a personne. Dès que le soleil se pointe, la montagne est à nous ", commentent les riders. Les possibilités semblent infinies. Le groupe s'engouffre dans le " ride de l'ours ", un couloir emprunté par un ours repéré depuis l'hélico. L'animal suit instinctivement le meilleur chemin, évitant les crevasses et les parties fragiles. Une trace idéale.
Après les sessions, passage dans les bains turcs. Un peu violent sur le moment, mais la zen attitude s'installe vite.
Certains vivent le trip de façon quasi initiatique.
" En abordant mon sport par le grand angle qu'offre le vrai voyage, en cessant de me concentrer sur la performance sportive, j'ai réellement redécouvert ma passion. Ça m'a ouvert les yeux. J'ai réalisé qu'à toujours aller dans les mêmes endroits grouillants de monde, je passais à côté de l'essentiel. Rien de tel que de rider avec le silence et la Nature pour seule compagnie. C'est l'essence du ski... ", philosophe Ludovic. Le Caucase et la Turquie. Deux eldorados de la freeglisse, assurément.
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