Le 12/02/2009 - 14h24
Par
SportweekXtreme / Geoffroy Bresson
David Belle, l'homme araignée
SportWeek
Spectaculaire, le parkour consiste à franchir tous les obstacles. Son créateur, David Belle, est à l'affiche de Banlieue 13-Ultimatum.
Si la France entrait en guerre, un homme serait là pour sauver le pays. Il s'appelle David Belle. Trente-cinq ans, muscles saillants, rapide comme un ninja et l'esprit hanté par
la survie. Un guerrier à l'affût, un gros dur, un vrai. Cet ancien pompier s'est forgé
un nom en créant, il y a dix ans, le parkour. Une discipline qui consiste à franchir tous les obstacles rencontrés sur son chemin, du muret jusqu'à l'immeuble de 20 mètres de haut. Quand il s'agit de s'envoyer en l'air à l'écran, c'est David Belle que l'on appelle. "
Il faut faire la différence entre le cinéma et le vrai parkour, prévient cependant le cascadeur.
Ce sport n'a pas été conçu pour que les policiers coursent les voleurs en faisant des rondades. Ce n'est pas un jeu. C'est une méthode d'entraînement destinée à vous sortir de n'importe quel traquenard de la vie quotidienne. "
Erreur interditeUtile, efficace, cette activité prohibe les acrobaties. "
Aujourd'hui, notre sport est parti en vrille, regrette son inventeur.
Sur le Net, c'est la course à la vidéo la plus folle. Il n'y a plus de respect, plus de travail pour montrer un mouvement propre. Pourtant, je n'ai jamais dit à personne "faites du parkour, vous ferez un carton sur Internet, vous ferez du cinéma, vous serez riche". " Mais, sentant le filon d'un sport émergent propulsé sur le grand écran - Yamakasi en 2001, Banlieue 13 en 2004 et Banlieue13-Ultimatum le 18 février prochain - de nouveaux pratiquants se lancent. Sans structure pour les encadrer. Résultat : le nombre de graves accidents de traceurs (les pratiquants du parkour), grimpe en flèche. "
Les débutants tentent le diable sur des murs de 20 mètres, se désole David Belle.
Là-haut, on n'a pas le droit à l'erreur. Ils ne comprennent pas que les mouvements sont tout aussi difficiles à réaliser à 20 cm du sol. L'esprit de ces têtes brûlées nous fait du tort. En vingt ans, je n'ai jamais eu un incident, et les gens que j'ai entraînés non plus. " David Belle veut que son sport renoue avec les valeurs qu'il a mises en place dans le parkour. Que la nouvelle génération pense d'abord utile et efficace, avant de fantasmer sur l'argent et le spectacle. "
On va devenir les coaches des pompiers, en compagnie de quelques jeunes que j'ai formés, poursuit-il.
On va tenter de faire progresser leurs réactions et leurs réflexes. Ça, ce sera vraiment utile pour tout le monde. " De quoi dormir tranquille. Avec le brigadier David Belle, la sécurité est assurée.
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