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Le 01/03/2007 - 15h00
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Empêtrée dans des conditions météo extrêmes, la quête du plus haut saut du monde est restée sans fin dans l'Himalaya. Les freestylers n'ont pas réussi à construire le tremplin qui les aurait propulsés dans le livre des records.
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On aurait aimé vous dire qu'ils l'ont fait. On aurait aimé vous narrer l'histoire de ces quatre freestylers aventuriers (Per Loken, Darius Heristchian, Baptiste Collomb-Patton et Chris Booth) partis sauter le toit du monde. Seulement voilà, l'Himalaya ne s'offre pas n'importe quand. La semaine dernière, au Népal, la nature a prouvé qu'elle qui dictait encore sa loi. Sur les hauteurs de Katmandou, le vent s'est déchaîné. En une nuit, 40 cm de neige sont tombés. Et la déferlante s'est poursuivie toute la semaine. Les routes ont été paralysées, les aéroports bloqués. Dame nature a frappé très fort et l'armée a même été réquisitionnée pour nettoyer ses coups de colère.
Forcément, s'amuser à construire un kicker (tremplin) à 5 500 mètres d'altitude s'est avéré compliqué. Une difficulté rapidement confirmée par l'instabilité du manteau neigeux. Alors que les premières sessions de freeride débutaient sur les pentes de l'Annapurna, une gigantesque coulée de neige est venue s'échouer aux pieds de l'équipe technique.
"C'est la nature qui propose"
" Baptiste (Collomb-Patton) a juste repéré un caméraman qui lui faisait de grands signes au loin. Une plaque de 30 mètres de largeur sur 50 mètres de longueur s'était détachée derrière lui. J'étais à 20 mètres de l'avalanche et je n'ai rien entendu. Le vent était tellement puissant qu'il couvrait le bruit des chutes de séracs ", raconte Darius Heristchian. Plus de peur que de mal finalement. " En 26 ans d'expérience himalayenne, je n'ai jamais rencontré de conditions aussi imprévisibles ", admet Craig Calonica, guide en chef de l'expédition. Ce sont d'ailleurs les professionnels de la haute montagne, qui ont eu le dernier mot. Sur leurs conseils, la tentative a été annulée : " Les spots pour monter un kicker se réduisaient jour après jour. Et un souffle violent balayait le peu de sites envisageables. Du coup, les couches de neige étaient devenues trop instables. " L'Himalaya Search n'inscrira pas le nom de ses aventuriers dans les tablettes de l'histoire. Mais voir la plus haute montagne du monde se fâcher tout rouge est une expérience unique. " Nous ne sommes que de toutes petites bêtes. Il faut être respectueux devant ces manifestations de la nature. C'est elle qui propose ", philosophe Darius Heristchian. Et cette fois-ci, l'homme n'a disposé de rien.
Geoffroy Bresson
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