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Le 02/02/2007 - 10h06
Par
SPORT / Stéphane Méjanès (avec Geoffroy Bresson)
Construire un tremplin à près de 6 000 m d'altitude, sur les pentes de l'Anapurna, et réaliser le plus haut saut du monde, c'est le défi de quatre riders qui s'apprêtent à s'envoler pour l'Himalaya. Avant-première.
"Et si on allait s'envoyer en l'air dans l'Himalaya
?" C'est l'une de ces idées qui naissent sur un coin de table, sur un
télésiège ou au chaud dans un refuge d'altitude. Autour de Damien Giraud,
responsable marketing hiver chez Rip Curl, les riders maison ont les yeux qui
brillent. Partir en trip pour aller construire un kicker (tremplin) et envoyer
des figures en très haute altitude, c'est le genre de défi qui vous change un
ordinaire pourtant déjà fait d'exploits non négligeables. "Je ne vois
pas ce qui peut être plus gratifiant pour un montagnard que de grimper
là-haut", confie Baptiste Collomb-Patton, le Français de l'aventure.
Il sera accompagné de l'Américain Andy Finch, de l'Australien Chris Booth et du
Norvégien Per Loken. "Ma connaissance de la haute altitude se limite à
quelques treks sur les glaciers des Alpes, entre 3 000 m et 4 000 m, poursuit le
skieur de La Clusaz. Là,
c'est une autre histoire, on va grimper deux fois plus haut !" À tout
seigneur tout honneur, il a d'abord été question de l'Everest.
Les pentes de l'Anapurna
"Ceux qui y sont allés étaient dans l'extrême, explique Damien.
Marco Siffredi n'en est pas revenu (il est mort dans le couloir
Hornbein, le 8 septembre 2002, après avoir atteint le sommet)."
Pour nos quatre champions, pas question de prendre ce genre de risques.
L'objectif est multiple : illustrer la philosophie de The Search (La Quête) chère à la marque,
aller à la rencontre du peuple népalais, établir le record du saut le plus haut
du monde, qui sera homologué par le Livre Guinness des Records, mais aussi
s'inscrire dans un courant désormais bien ancré : le freestyle backcountry.
Il s'agit d'utiliser le relief de pentes vierges, façon freeride, pour
s'adonner à une pratique en principe cantonnée aux snowparks, le freestyle. Sur
les conseils de deux guides chevronnés, Stéphane "Fanfan" Dan et
Jérôme Ruby, qui y accompagnent des clients depuis plusieurs années, c'est la
région des Anapurna (ils sont six, le plus haut culminant à 8 091 m) qui a été
finalement choisie. "Il y a un microclimat, raconte Fanfan, déjà
sur place. Il y a de la neige tout le temps à cette époque, Ce qui n'est pas
toujours le cas dans la région de l'Everest ou plus à l'est du Népal."
La zone repérée se situe autour de 5 400 m d'altitude. Il faut l'atteindre mais,
avant ça, s'y préparer. "On ne monte pas comme ça aussi haut,
confirme Stéphane Dan. C'est dangereux. Dans les deux mois qui précèdent, il
faut aller le plus possible en montagne et avoir une activité sportive saine.
Dix jours avant, il faut s'acclimater progressivement."
Avant le départ, l'équipe va d'abord passer trois jours à 3 000 m, à Crans-Montana,
en Suisse, puis rendre visite au Dr Jean-Pierre Herry, de l'école nationale de
ski et d'alpinisme (ENSA) de Chamonix, spécialiste de ces questions. Une fois
sur place, après avoir atterri à Katmandou, le 10 février, plusieurs treks sont
prévus, entre le 12 et le 17, de plus en plus haut, avec l'aide de trois
sherpas. À chaque fois, ils emmèneront de quoi vivre 15 jours en autonomie. "On
ne peut compter que sur soi-même", lance Fanfan. Au bout du compte,
malgré une dépose en hélicoptère, il faudra encore beaucoup de coffre et
d'énergie pour rider mais, surtout, pour pelleter et construire le tremplin.
C'est un prix bien faible à payer pour ressentir le bonheur intense de s'éclater
avec des sommets de 8 000 m
au-dessus de la tête.
En savoir plus
Des riders d'élite
• Baptiste Collomb-Patton (Fra), 25 ans, free skieur. Ancien
" bosseur ", vainqueur du Taïwan Big Air en 2005.
• Andy Finch (USA), 25 ans, snowboardeur, 5e du circuit TTR
en 2006, a
participé aux J.O. de Turin en half pipe.
• Chris Booth (Aus), 19 ans, skieur. Plus jeune participant
à l'Invitational Freeskiing Championship de Whistler, à l'âge de 13 ans.
• Per Loken
(Nor), 24 ans, snowboardeur. Connu pour glisser partout : rails, arbres,
tables, trottoirs, voitures, rivières...
Préparation intense
Les riders seront réunis à Crans-Montana (Suisse) qui offre
des couchages à 3 000 m,
première étape de leur acclimatation, du 6 au 8 février. Le 9, ils prendront
l'avion depuis Genève, direction Katmandou, via Paris et Doha : arrivée le 10.
Le 11, direction Pokhara. Le 12, ils s'envoleront vers Jomson. Entre le 12 et
le 17, ils enchaîneront les treks en altitude pour parfaire leur acclimatation
avant la tentative de record, entre le 18 et le 24, sur les contreforts de l'Anapurna
(8 091 m),
où ils seront déposés en hélicoptère. Si tout va bien, ils seront de retour en
Europe le 25.
Sprite s'investit
Historiquement associée au monde de la glisse et des
cultures urbaines, Sprite, la boisson fétiche des 12-24 ans, a toujours
encouragé la recherche de l'extrême et le dépassement de soi. Un message
renforcé par une signature sans équivoque : " Sprite plus qu'une boisson, un
frisson ". En 2007, la marque Sprite a souhaité concrétiser les valeurs qu'elle
véhicule en s'associant et en supportant le Rip Curl Himlalaya Search. Du 10 au
26 février, quatre riders, skieurs et snowboardeurs, vont s'attaquer aux pentes
himalayennes, animés par un challenge unique : tutoyer les sommets. Goût de la
liberté, indépendance, plaisir et sensations fortes vont motiver la troupe
pendant deux semaines avec pour objectif d'éprouver intensément le frisson
final.
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