Le 04/12/2009 - 11h45
Par
SPORTWEEK / Mélanie Pontet, avec Vincent Davoli
Les Bleues à la conquête de la Chine
Cathy Piejos, Camille Ayglon et Amélie Goudjo-Photo : FFHB/Emma Dandjoa
Après le mauvais souvenir des Jeux de Pékin, l'équipe de France retourne en Chine pour le Mondial avec un groupe rajeuni et des ambitions différentes. Décryptage par les " femmes de défis " et leur coach.
RETOUR EN CHINE...Mariama Signaté : " Même si le Mondial ne se dispute pas à Pékin, il y aura un petit parfum de revanche. Pendant les Jeux, nous avons été un peu lésées en quart de finale. On a gardé un petit goût amer de la Chine, même si c'est un très beau pays où nous avions été très bien accueillies. "
NOUVELLE GÉNÉRATIONCamille Ayglon : " Après Pékin et le départ des cadres de l'équipe, l'amalgame s'est bien fait avec les jeunes qui sont arrivées. On a réussi à créer quelque chose d'homogène. Il n'y a pas de différence entre les générations. On est résolument tourné vers l'avenir avec Londres 2012 en point de mire. "
Mariama Signaté : " Il y a eu beaucoup de changements depuis les Jeux. Certaines joueuses, comme moi, ont vu leur temps de jeu augmenter. Ça va nous permettre de nous affirmer dans ce collectif. Des jeunes joueuses sont arrivées avec leur motivation. On jouera moins sur l'expérience mais plus sur l'envie. "
Paule Baudouin : " À 25 ans, je fais partie des anciennes. Ça donne plus de responsabilités forcément, mais il faut faire avec. C'est une bonne chose. Moi je ne gère personne, on se gère toutes ensemble. "
Raphaëlle Tervel : " Ça change, toutes les copines sont parties. Mais on tourne vite la page. Ça ne sert à rien de regarder vers l'arrière. Il faut se tourner vers l'avenir. "
Olivier Krumbholz : " Entraîner une équipe de sport-co, c'est toujours un casse-tête mais ça l'est d'autant plus quand c'est une équipe jeune, relativement instable. Il y a beaucoup de joueuses dans cette équipe qui ont des périodes fastes pendant un ou deux mois, et après, c'est la traversée du désert. Elles ne mettent plus un pied devant l'autre. Ça manque encore un peu de rigueur et de discipline, comme souvent avec les joueuses françaises. "
VIE DE GROUPEAllison Pineau " Le groupe est jeune et a beaucoup de vie. Ça rigole énormément, ça chambre, il y a une très bonne ambiance. Nous avons besoin de ça pour nous libérer. Nous sommes un peu fofolles. Parfois ça nous joue des tours. Mais ça fait partie de l'âme de cette équipe. Certaines choses en dehors du
hand ont changé par rapport à avant. Nous faisons beaucoup plus de choses pour animer la vie du groupe que nous avons organisé en ministères : le jeu, les revendications, l'organisation, la mode, les sorties, les loisirs. Deux ou trois filles sont en groupe chargées d'un ministère. "
Olivier Krumbholz : " C'est un groupe très attachant. Les filles sont motivées et sont à l'écoute même si par moments elles manquent de rigueur. "
NIVEAU DE JEUCamille Ayglon : " Notre principal défaut est de ne pas réussir à stabiliser notre niveau de jeu. Nous avons eu une très bonne période cet été et c'était nettement moins bon en octobre à la World Cup. Sur une compétition comme les championnats du monde, le physique compte beaucoup mais cela se joue aussi sur la confiance et sur le mental. "
Olivier Krumbholz : " Ces derniers mois on a vu une équipe de France aux multiples visages et on sait qu'on aura besoin du meilleur si on veut espérer passer le premier tour extrêmement difficile du Mondial. On avait en juin une équipe fabuleuse qui a fait un match superbe face à la Croatie à Lyon (ndlr : match qualificatif au Mondial, remporté 32-24 par les Bleues.) On n'a pas retrouvé ce niveau. Pourtant, je pense qu'on peut le retrouver. Les choses peuvent aller vite. J'ai déjà vu ça dans le passé. Cette équipe peut faire des résultats à condition que la magie opère. "
AMBITIONSMariama Signaté : " On ne peut pas commencer une compétition avec un esprit Coubertin en se disant, l'important c'est de participer. On va aborder match par match en tâchant de sortir la tête haute. L'objectif, c'est d'aligner les victoires les unes après les autres et de rentrer sans regret. "
Raphaëlle Tervel : " On n'a pas l'habitude de travailler ensemble. Cela prendra un peu de temps. Il nous reste deux ans pour bien nous connaître. Là, l'objectif c'est de passer le premier tour parce qu'il est difficile. Nous travaillons pour le Mondial 2011, au Brésil, où il faudra aller chercher la qualification pour les Jeux en visant une demi-finale. "
Paule Baudouin : " On reste sur un échec à l'Euro. On voulait absolument passer le deuxième tour et on n'a pas réussi. Ce serait bien que, sur ce Mondial, on passe le premier tour, voire plus. Les autres équipes nous ont vu affaiblies et elles ne savent pas forcément ce qu'on a fait aux Jeux méditerranéens parce qu'elles ne s'y intéressent pas. Donc ce serait vraiment une bonne idée de leur montrer que l'équipe de France n'est pas seulement une équipe de jeunes un peu fofolles... "
Olivier Krumbholz : " On est concentré sur ce premier tour. Après on verra. Il y a cinq bonnes équipes et il n'y aura que trois qualifiés. Vous comprendrez donc que passer le premier tour est un vrai challenge pour cette jeune équipe de France féminine. "
ITINERAIREEntraîneur : Olivier Krumbholz
Meilleure buteuse : Véronique Pecqueux-Rolland (885 buts)
Palmarès : Championne du monde 2003, Vice-championne du monde 1999, Deux médailles de bronze aux championnats d'Europe (2002, 2006)
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