Le 13/03/2009 - 10h30
Par
SPORTWEEK / Alexandre Herbinet
Adepte du rétro et du glamour des années 30 à 50, l'ex-femme de Marilyn Manson est devenue une icône du strip-tease. Elle est de retour au Crazy Horse en mars, pour notre plaisir.
Dita Von Teese mériterait de recevoir la Légion d'honneur. Ou au moins l'ordre national du Mérite. Pas qu'elle ait révolutionné le monde d'une invention brillante, non. Juste pour services rendus à la sphère publique. Car l'effeuilleuse (quel joli terme) américaine a rendu à l'art du strip-tease ses lettres de noblesse. Terminés, les lap dances vulgaires dans des boîtes de nuit kitchissimes. Oubliées, les séances de nu intégral sur le canapé en cuir élimé d'un night-club miteux. Dita, c'est la grande classe. Une touche de douceur glamour à l'ancienne dans une époque où montrer ses fesses à la télé est devenu banal. Un rafraîchissant éclair rétro dans un monde où le progrès technologique va plus vite qu'Usain Bolt après une fournée de nuggets.
Le principe de son show ? Une série de saynètes de strip-tease où Dita incarne des personnages tout droit sortis des années 30 à 50. Une passion qui remonte à l'adolescence, époque où elle découvre ses idoles, la pin-up fétichiste Bettie Page et la plus classique Betty Grable. Tour à tour diva de film noir hollywoodien, mondaine chapeautée, égérie glamour prenant son bain ou danseuse chic dans... un verre à cocktail géant, celle que l'on surnomme " The Queen of burlesque " ne laisse personne indifférent. On l'adore ou on la déteste. Comme la majorité de ses spectateurs, les Français ont choisi la première option. Au point que l'icône fétichiste revient dans notre beau pays pour 20 nouvelles représentations au Crazy Horse, du 16 au 27 mars, après un passage triomphal de quinze jours dans le célèbre cabaret début février. De quoi poursuivre la belle histoire entre Dita et ce monument de la vie nocturne parisienne, dont elle restera une figure historique, puisqu'elle est la première guest star à y avoir tenu son spectacle en 2006. Bref, si Von Teese a longtemps été plus célèbre pour son mariage, en 2005, avec le chanteur au look d'épouvantail mal réveillé, Marilyn Manson, dont elle est divorcée depuis 2007, elle est aujourd'hui une star qui n'a besoin de personne pour briller.
Sa vocation, c'est le pied
Mais au fait, d'où vient sa passion pour la thématique fétichiste ? De ses premiers shows dans un bar, à 19 ans. Venue au strip-tease quelques mois auparavant pour pallier le manque d'originalité des danseuses locales, elle tombe sur un client qui fixe ses chaussures. Chaud bouillant, il lui demande de s'approcher et se met à lui masser les pieds pendant une heure avant de la payer. Et le pervers de la voûte plantaire d'ajouter : "Si ma femme savait ce que je viens de faire, elle serait plus en colère que si nous avions fait l'amour." Maligne, Dita - elle emprunte son prénom à l'actrice des années 1930 Dita Parlo, et trouve " Von Treese " dans l'annuaire lorsque Playboy la met en couverture en décembre 2002 (c'est finalement " Von Teese " qui est resté après une erreur du magazine) - comprend alors vite la force du fétichisme et décide d'en faire son fonds de commerce. Elle a eu bien raison. Regardez Guy Roux et son bonnet ou Frédéric Thiriez et sa Coupe de la Ligue. Les fétichistes sont vraiment partout.
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