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Glamour

Le 08/06/2006 - 11h24
Par Stéphane Méjanès

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Léa Brassy

SportWeek

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Toute sa vie tient dans le petit camion offert par son grand-père. Un jour ici, un jour là, Léa Brassy est libre comme l'air qu'elle respire sur sa planche de surf. Rencontre avec une surfeuse en quête d'un havre.

Sous ses cheveux blonds sagement coupés au carré, derrière ses yeux d'un vert profond, sous son teint hâlé de fille de l'onde, Léa Brassy est bien plus qu'une jolie poupée pour catalogue. Diego, le photographe choisi par Sport pour la séance, en est à peine revenu. En voyant débarquer une timide jeune fille, d'une décontraction vestimentaire bien de son âge, il a d'abord été un peu inquiet pour sa commande glamour. Et puis, le papillon a brisé sa chrysalide.

Léa n'est plus à une naissance près. À 19 ans, elle a déjà vécu plusieurs vies. Née à Honfleur (Calvados), elle connaît une enfance paisible, couvée par un frère de quatre ans son aîné. Lorsqu'elle a 5 ans, la famille emménage à Caen, sept ans avant le décès brutal de son père. "Je n'ai pas vraiment réalisé, avoue Léa. Ça me faisait mal, mais je ne me rendais pas compte que je n'allais plus jamais le voir."

Déjà conflictuelles, les relations avec sa mère deviennent insupportables. "J'avais besoin que ma vie ne soit pas influencée par elle, lâche-t-elle, de me faire ma propre opinion des choses." Le sport agit comme une soupape de sécurité. Elle fera natation, en sport-études, jusqu'en 3è. Dans les heures sombres, le grand frère est aussi une valeur refuge. "On a toujours été main dans la main. On a voyagé, dans un petit camion, dès qu'il a eu son permis, en Irlande, au Portugal." C'est lui qui l'a initiée au surf, sur la plage de Siouxville. À 14 ans, cela lui offre un prétexte pour partir. "Je me sentais à l'étroit chez moi", explique-t-elle.

Lorsqu'on lui propose d'être accueillie en Bretagne, à La Torche, pour surfer et poursuivre sa scolarité, elle n'hésite pas, malgré les difficultés. "C'est spécial d'arriver dans un foyer qui n'est pas le sien, analyse Léa. En plus, je venais d'une famille un peu abîmée. J'avais l'impression d'être l'intruse." Elle est bien traitée mais sa maturité la rend forcément singulière. "Il y a des trucs sur lesquels ils n'avaient pas le droit de me faire la morale, clame-t-elle. J'ai toujours fait ce que je voulais, jamais de bêtises. Je sortais, j'avais des amis de 30 ans. Je n'avais pas le même regard, j'avais vécu des choses différentes."

Dès la troisième année, à 16 ans, elle s'installe en colocation avec un ami, et renouvelle l'expérience lorsqu'elle entame son pèlerinage vers La Mecque de la glisse en France : Biarritz. Elle a quitté la filière sportive, mais surfe plus que jamais. Élève douée, elle assure l'essentiel pour décrocher aisément le Bac. Et après ? Aussi loin qu'elle s'en souvienne, Léa a toujours voulu voyager. Elle passe tous les concours susceptibles de l'envoyer vers les DOM-TOM. Pour un résultat surprenant. "J'ai été prise en Guadeloupe, en BTS Développement de l'agriculture des régions chaudes, s'amuse-t-elle. Je me suis retrouvée à planter des choux." L'expérience n'est guère concluante. D'ailleurs, quand elle passe le concours d'infirmière, elle préfère rentrer en Métropole pour poursuivre ses études dans ce domaine, à Bayonne en mars prochain.

En revanche, installée devant le spot du Moule avec son petit ami biarrot de l'époque, elle a bien fait chauffer sa planche. Suffisamment pour qu'à son retour à Biarritz, à l'été 2003, son nom circule et vienne aux oreilles de la marque Pacific Motion, qui décide d'en faire son icône, seule femme au milieu d'autres surfeurs. "Ça m'étonne qu'on me trouve jolie, et ça me fait plaisir, admet-elle. Je commence à comprendre que dans ce milieu-là, ça me sert. Mais je préfère quand on me dit qu'on aime bien ma façon de voir les choses." Pas de quoi, en tout cas, lui faire perdre la tête. La vie sur la route, seule dans le C15 aménagé par son grand-père, ça forge le caractère. Et, puis, "le surf n'est pas une fin en soi, c'est un plaisir, modère-t-elle. J'ai envie d'être utile. Avec le métier d'infirmière, j'espère aller plus loin." Maintenant qu'on la connaît un peu mieux, impossible d'en douter.

Commentaires

posté le 23/07/2007 12h27, par handiboy    alerter l'équipe de modération  

Si on désire rencontrer de jolies filles, il faut se mettre au surf.

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