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Outdoor

Le 14/11/2006 - 13h56
Par SPORT / Geoffroy Bresson

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Björn Dunkerbeck : " Les 50 noeuds n'ont jamais été aussi proches "

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La tentative de record de vitesse à la voile se poursuit à Walvis Bay (Namibie). Bjorn Dunkerbeck, 35 fois champion du monde de windsurf et le Français Manu Taub, déjà deux fois recordman du monde de vitesse en kitesurf, livrent leurs impressions sur ce défi qui pourrait entrer dans la légende des sports de voile.

La barre mythique des 50 noeuds (92,6 km/h) en voile sera-t-elle franchie bientôt ?
Bjorn Dunkerbeck : Les 50 noeuds n'ont jamais été aussi proches. Beaucoup de records sont tombés récemment. De plus en plus de coureurs ont l'expérience suffisante. Bien sûr cela dépend surtout des conditions. C'est comme si l'on avait une Ferrari capable d'atteindre 300 km/h : il faut la portion de circuit adéquate pour exploiter la totalité de ses chevaux.

Manu Taub : Il est possible que cela arrive prochainement. On n'est plus du tout dans le domaine de l'inaccessible lorsque l'on parle de 50 noeuds.  En kitesurf, on commence à peine à comprendre l'étendue de notre potentiel. Les performances actuelles permettent d'envisager ce genre de vitesse sérieusement. Les entrainements le confirment.

Qu'y a-t-il de particulier ici en Namibie ?
B.D. : Le vent est régulier. Il vient de l'océan. Pour moi, c'est le meilleur spot en mer ou-verte. Le plan d'eau est plat et rapide. J'y ai ma meilleure performance personnelle.

M.T.: D'habitude, un vent qui vient de terre - il doit toujours l'être pour avoir un plan d'eau lisse et prendre de la vitesse - est très perturbé par le relief. Ici, le banc de sable est plat. Le vent passe sur des salins. Rien ne vient perturber sa route. De plus, l'eau stagne à 16-18°. Le désert du Namib, à proximité, chauffe à 50°. Le renforcement thermique est important. On a donc un vent fort et régulier, sans rafale, ce qui est exceptionnel. Récemment, on a trouvé un spot avec un angle idéal près de Walvis Bay. Dans notre quête de vitesse, c'est le paramètre déterminant. Nous attendons les conditions pour exploiter l'endroit.

Quels sont les autres spots que vous aimez ?
B.D. : Les Canaries, le sud de la France. J'ai testé récemment un endroit très intéressant au Mexique.
M.T. : Il y a un beau potentiel en France avec la Tramontane du coté de Leucate et le Mis-tral à Port-St-Louis du Rhône. J'aime aussi le spot de Sotavento à Fuerteventura. L'angle y est bon et le vent très fort. Le cadre est fantastique. J'irais bien faire un tour du coté de Sandy point en Australie aussi.

Kitesurf, windsurf, quel oeil portez-vous sur vos rivaux?
B.D. : Les kiters progressent vite. Ils gagnent en expérience et peuvent aller dans très peu d'eau. Ils ont la particularité d'utiliser une très grande surface de voilure en comparaison avec leurs petites planches.

M.T. : Ce sont deux supports fonctionnant très différemment mais partageant la même dis-cipline. Le windsurf a beaucoup d'expérience. De nombreux enseignements sont à tirer de son parcours. C'est une source d'inspiration et de comparaison. Courir contre de grands champions tels que Bjorn Dunkerbeck, partager cet esprit qui unit les fans de vitesse sur l'eau, est une chance. Cela participe activement à notre évolution.
En quelques saisons le kitesurf a quasiment comblé l'écart. Dans certaines conditions nous sommes, semble-t-il, plus efficaces. Mais le chemin reste encore long.

Ces grandes vitesses sur l'eau, dans des conditions de navigation extrême, sont elles plus du domaine du plaisir ou de la peur !?
B.D. : Un peu des deux, j'imagine !

M.T. : C'est certainement un compromis !

Qu'aimez-vous dans la vitesse ?
B.D. : C'est une compétition contre soi même, la nature et le chrono. C'est unique.

M.T. :
Il faut être compétiteur et aimer le challenge. Le chrono sanctionne un travail complet de développement de son matériel, de son physique, de son mental, de l'analyse des conditions. Il récompense les nombreuses heures passées sur l'eau et les méchantes boi-tes ramassées au passage. J'aime voir, en entrée de run, le spot se coucher sous une rafale à plus de 40 noeuds, jeter mon kite dedans, partir comme une balle à quelques centimètres du bord... La sensation est étrange. Alors dans l'accélération, les conditions, l'analyse et le pilotage se confon-dent. Une sorte d'unité se créée...

Quelles sont les caractéristiques d'un bon coureur de vitesse ?
B.D. : Il faut être à l'aise dans toutes sortes de conditions, avoir beaucoup d'heures de pra-tique et d'expérience et connaître parfaitement son matériel. Avoir un grand gabarit est un avantage.

M.T. : L'expérience est déterminante. Il faut de la mise au point, des qualités d'athlète, de compétiteur. Sans compter les talents de communiquant et de commercial  pour intéresser les partenaires et marques sans le support desquels aucune performance n'existerait.

VOS COMMENTAIRES

1. Le 16/11/2006 à 12:42, par gogo007    alerter l'équipe de modération  

Allez Manu, tu vas les claquer ces 50 noeuds! Ca doit quand meme pas être bien méchant...

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