Le 23/08/2007 - 10h02
Par
SPORT / Matthieu Sustrac
Vincent Delabarre : " Le trail n'est pas du masochisme"
SportWeek
Ancien vainqueur de la North Face Ultra Trail du Mont Blanc, Vincent Delabarre présente sa discipline et la manière dont il aborde l'épreuve. Plaisir et fête sont au programme.
Qu'est ce qui vous plait dans l'ultra trail ?Vincent Delabarre : "L'avantage de ce type de course, c'est la nature. J'aime cette notion de tout terrain. Je suis un coureur qui vient du cross et c'est un plaisir différent. Le trail c'est du plaisir car je crois que souffrir pendant 20 heures ce n'est pas possible. Le trail ce n'est pas du masochisme, on gère l'intensité de l'effort. La difficulté c'est la lassitude et la perte d'énergie.
Qu'allez-vous faire jusqu'au départ de la course, vendredi dans l'après midi ?Mardi, je suis allé à la pêche, je m'occupe des mes enfants. Il faut se relâcher psychologiquement, penser à autre chose et rester tranquille. Je suis à la recherche de sérénité car j'ai essayé d'être prêt mais, est-ce que ça a marché ? Doute ou pas, il y a du stress mais il faut relativiser, je sais à quoi m'attendre. Je m'imprègne donc de la course sans être trop dans le truc. Il faut anticiper au niveau mental mais savoir aussi profiter de l'événement, on reste un sport loisir où le partage et la solidarité sont très forts. Il y a peu de rivalité et ça reste sain. Le trail c'est une fête.
Comment vous êtes vous entraîné pour ces 163 km ?Je ne parle pas en kilomètres mais en heures. Je ne m'entraîne pas trop sur le plat, le dénivelé compte... J'alterne des semaines de préparation plutôt lourde avec des moments de récupération. Je travaille surtout sur la régularité, la progressivité et les temps morts. Depuis 10 jours je n'ai pas fait réellement de grosse séance même si j'ai fait une sortie longue. Les semaines les plus dures, je peux faire jusqu'à 35-40 heures de course. Pour tenir, il faut être un passionné.
Quel être votre objectif pour cette course autour du Mont Blanc?L'objectif c'est d'être en forme au départ. Une fois que l'on est parti c'est tout bon. Le truc c'est d'arriver au bout. Je sais que si je termine, j'ai le potentiel pour arriver devant mais on verra. Il faut être humble, on calculera à l'arrivée. Surtout, il faut faire abstraction de la concurrence. C'est une course contre soi même pas contre un adversaire.
C'est-à-dire ?Ca serait une grosse erreur de vouloir suivre quelqu'un qui vous double. Je règle mon allure sur mes sensations. Je n'ai pas de temps de passage même si j'ai une idée du moment ou je vais passer à tel ou tel endroit. Je ne suis pas emprisonné dans un schéma de course. J'ai confiance en moi.
Le trail aide donc à mieux se connaitre...C'est primordial de s'écouter. Nous faisons du long terme et il faut gérer pour finir. On verra dans 15 heures si je peux accélérer mais ce n'est pas quand on me double que je modifie mon allure. Il n'y a que dans les deux dernières heures que l'on donne le maximum. Réagir par rapport aux autres c'est une erreur.
Propos recueillis par Matthieu Sustrac
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