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Bien-être

Le 19/10/2006 - 16h02
Par SPORT / Bruno Constant avec Ronan Folgoas

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La musique dans la peau

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La musique est un outil d'aide à la préparation mentale. Scotchés à leurs écouteurs, les sportifs s'isolent, évacuent le stress et se motivent avant la compétition.

Le 2 novembre 2004, Gaël Monfils se révèle au grand public en bousculant le numéro 3 mondial Lleyton Hewitt lors du tournoi de Bercy. Le gamin de 18 ans se fait aussi remarquer en débarquant sur le court affublé d'une capuche, les écouteurs scotchés aux oreilles. "La musique permet de m'évader. Je suis dans un autre monde. Avant les matches, j'écoute du rap américain ou du dance hall, quelque chose de tonique qui me fait bouger, qui me motive", confie le tennisman français, dont la méthode n'est pas novatrice. Dans les années 80, son aîné Ivan Lendl, triple vainqueur de Roland Garros, trimbalait déjà son lecteur de cassette portable dans les vestiaires. Aujourd'hui, le phénomène s'est généralisé : il illustre l'évolution des moeurs dans la préparation mentale des sportifs. La musique gagne du terrain. Dans le bus qui les conduit au stade, sur la piste d'échauffement, au coeur du vestiaire, elle accompagne les athlètes jusqu'au plus près de l'instant de vérité : la compétition. Simple effet de mode lié à l'explosion des nouvelles technologies ou véritable recherche d'une concentration maximale? "Aujourd'hui, la musique est partout, tout le temps. C'est un vrai phénomène", explique le préparateur mental Jean-Marc Labhouz, qui a collaboré avec l'ancien numéro 1 mondial de squash Thierry Lincou et qui travaille actuellement avec la skieuse Laure Péquegnot et le skipper Jean-Pierre Dick. Les lecteurs MP3 ont remplacé walkmans et lecteurs CD, mais l'objectif reste le même : s'isoler, évacuer le stress, se motiver. Une manière, en quelque sorte, de se "doper" au son. "Chaque athlète possède sa façon de rentrer dans la compétition, juge Guy Ontanon, l'entraîneur de Christine Arron. Certains ont besoin de s'extérioriser pour évacuer le stress, d'autres cherchent à se couper du monde extérieur pour être mieux à l'écoute de leur corps."

Sur un air de Carmina Burana

La musique participe autant à la préparation individuelle qu'à la solidification d'un groupe. En 1998, grâce à Vincent Candela qui leur a fait écouter la chanson lors d'un trajet en bus, les Bleus ont établi l'union sacrée autour de I will survive de Gloria Gaynor. à Nantes, le président Rudi Roussillon a lui aussi suggéré à son ancien entraîneur, Serge Le Dizet, de mettre de la musique dans le vestiaire pour remotiver l'équipe après une saison catastrophique. "Il fallait que les joueurs retrouvent une âme de guerrier", se souvient Le Dizet. Le 28 mai 2005, c'est gonflé à bloc par Carmina Burana, l'opéra de Carl Orff, que les Canaris avaient sauvé leur peau en Ligue 1, face à Metz (1-0). Dans le championnat anglais, le phénomène est carrément institutionnalisé. "On écoute de la musique dans le vestiaire avant chaque match et du coup l'ambiance est assez relax", témoigne ainsi Didier Drogba, l'attaquant ivoirien de Chelsea. À chaque équipe sa chanson : cette saison, le refrain de Seven Nation Army, le hit des White Stripes, est devenu l'hymne des joueurs marseillais après avoir été celui de l'Italie durant la dernière Coupe du monde. À Saint-Etienne, la paire Piquionne-Feindouno a converti cette saison les Verts aux rythmes endiablés du zouk antillais.

Le rugby s'y met aussi

"On voit ça aussi de plus en plus dans le rugby", révèle Patrice Lagisquet, entraîneur du Biarritz Olympique. Au Stade Français, où le président Max Guazzini , ancien attaché de presse de Dalida, est un fan de musique disco, la révolution musicale est en marche. Plus question d'entrer sur le terrain sans échauffer ses oreilles au préalable! "Si les joueurs souhaitent de la musique dans le vestiaire, c'est parce que ça leur fait du bien, reconnaît Fabien Galthié, le coach du club parisien, qui n'est pas un grand mélomane. Mais je ne m'occupe pas du tout de gérer cela. Parce que je n'y connais rien..." Si l'entraîneur n'a donc pour l'instant aucunement l'intention de se muer en DJ, Sylvain Marconnet, le pilier du Stade Français, éprouve en revanche un immense plaisir à occuper cette fonction. C'est lui qui prépare les compilations qui sont diffusées dans le vestiaire avant et après les matches. La programmation est faite à partir des tubes du moment. Rap américain, hip-hop, soul : Snoop Dog et Eminem se retrouvent très souvent sur la play-list. Mais au fait, existe-t-il un genre de musique particulier qui aide les sportifs à se transcender ou à planer avant une compétition? "Au niveau mental, rien n'indique qu'une musique précise apaise, motive ou tonifie, analyse Pierre-Luc Bensoussan, musicothérapeute à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Disons que chaque mélodie est vécue différemment d'une personne à l'autre." Gare, donc, à ne pas se tromper dans son choix sous peine de fausse note

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