Le 28/11/2009 - 15h40
Par
SPORTWEEK / Frédéric Sergeur
Dans un entretien accordé au Times, celui qui fut à un moment donné l'homme le plus rapide de la planète est revenu depuis sa cellule qui les raisons qui l'ont amenées à se doper.
14 septembre 2002. Lors d'un meeting à Charléty (Paris), Tim Montgomery entre dans l'histoire de l'athlétisme. En bouclant son 100 mètres en 9 secondes 78, il efface des tablettes son plus grand rival, Maurice Greene, pour 0,01 seconde. Mais ce sera la dernière fois qu'il fera les gros titres de la presse sportive. Incapable de se qualifier pour les Jeux Olympiques d'Athénes en 2004, il passe ensuite dans la rubriques des faits divers. Impliqué dans l'une des plus grosses affaires de dopage du début du siècle, l'affaire BALCO (du nom d'un laboratoire qui fournissait des stéroïdes à des sportifs), il voit son record du monde annulé par les instances internationales, et annonce sa retraite sportive dans la foulée. Nous sommes alors en décembre 2005. Montgomery mettra presque trois ans avant d'avouer sa culpabilité, le 24 novembre 2008, du fond de sa cellule de la prison de ... Montgomery, en Alabama. Quelques mois auparavant, il avait en effet été condamné à quatre années de prison pour fraude bancaire, avant de voir sa peine allongé de cinq ans pour trafic d'héroïne. Muet depuis presque un an, l'ancien sportif s'est confié dans les colonnes du Times, dans un entretien publié vendredi. Il revient notamment sur les raisons qui l'ont amenées à se doper. " J'aurais tout donné pour être l'homme le plus rapide du monde, a-t-il confié. Je n'aurais rien laissé se mettre en travers de mon chemin. Est-ce que j'avais conscience de franchir la ligne jaune quand je me dopais ? Non, pas quand on vient de la rue. Ce n'était même pas en arrière-plan de mes pensées. Je ne vais pas enjoliver les choses : il n'y avait même pas l'arrière-pensée que je trichais. (...). Maurice Greene, son ancien rival, en prend ainsi pour son grade. " Je ne parvenais pas à me sortir Maurice de la tête. Je voulais tout ce qu'il avait(...). C'était déjà assez dur de le voir sur la ligne, faire rouler ses muscles comme il avait l'habitude de le faire, sortant sa langue. C'était gênant de le voir se moquer des autres athlètes. Ce n'était pas les chronos qui comptaient dans nos courses. Pour moi, c'était personnel. " Tout comme son ancien compagne, Marion Jones, également impliquée dans le scandale BALCO. Si je suis quelqu'un de froid, Marion est encore plus froide. Marion se foutait de tout, a affirmé Montgomery. Nous étions trop semblables. Nous voulions réussir à tout prix et il ne faut pas que deux personnes comme ça soient ensemble. Je me suis détruit. J'avais le meilleur boulot du monde et maintenant je suis en prison à ramasser des feuilles." Malgré tout, Montgomery a expliqué qu'il espérait, après avoir purgé dix-huit mois de prison, obtenir une réduction de peine, et pourquoi pas se présenter ... aux Jeux de Londres en 2012. Faut-il en rire ou en pleurer ?Participez aux tournois de poker SportWeek
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