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Le 11/12/2008 - 18h40
Par SPORT / Matthieu Sustrac à Courchevel

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Adrien Hardy : "Boucler la boucle aux Jeux de Londres"

SportWeek

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Champion olympique 2004 en deux de couple et champion d'Europe 2008 en huit, Adrien Hardy est un pilier de l'équipe de France Olympique. Il revient sur les Jeux de Pékin et pense déjà à 2012...

Adrien, vous participez à votre troisième semaine olympique, que représente ce rassemblement pour un sportif de haut niveau ?
Plusieurs fois j'ai été dans l'impossibilité de venir mais c'est toujours une belle reconnaissance d'être invité. Cela veut dire que vous avez fait une médaille aux Europe ou aux Mondiaux, voire aux Jeux. C'est une récompense car c'est une belle semaine de vacances dans une préparation très prenante. On a aussi la chance de croiser les athlètes qui ont fait de beaux résultats, ça nous permet de sortir de notre microcosme.

 L'échange entre sportifs est-il bénéfique ?
Je ne sais pas, nous sommes là pour décompresser donc on parle pas trop tactique ou approche d'une compétition. Nous n'échangeons pas vraiment des expériences mais on apprend à se connaître. Quoi de mieux pour cela que de passer de bons moments ensemble.

Le maître mot c'est le plaisir mais est-ce que les liens tissés servent pendant les grandes compétitions ?
Je crois que oui. Lors des Jeux, nous étions tous dans le même immeuble, on a pu se retrouver tous ensemble. On n'arrêtait pas de se croiser et les semaines olympiques ont facilité le rapprochement. C'est plus facile d'encourager les autres quand on les connaît et puis cela crée un peu d'émulation.

Quel est votre meilleur souvenir sportif de 2008 ?
Le titre de champion d'Europe en 8 représente une belle fierté. C'est un bateau que l'on a monté un peu à la va vite. C'était une bande de copains qui voulaient se changer les idées après les Jeux de Pékin et pour moi ça a été une grosse respiration. Comme j'étais passé à côté des Jeux, cela m'a fait beaucoup de bien.

 La sensation est différente quand on gagne à 8 ?
C'est très différent, on ne peut pas comparer. En deux de couple, je suis le chef de nage donc je donne le rythme et la responsabilité est plus importante. Du coup, au niveau de la pression, cela peut être dense et au final pesant comme cela l'a été aux Jeux. A huit, je suis plus au fond du bateau, je ne suis qu'un maillon parmi d'autres avec un rôle différent. La pression s'est partagée et comme on était relâché du fait d'une préparation moins spécifique, cela a été plus facile. Ça m'a plu de faire un équipage long, c'est la prime au groupe.

Vos médailles ont-elles une saveur différente ?
Quand on termine une course avec une médaille, à chaque fois la course a été superbe. Après, les paramètres sont différents, l'effort n'est pas le même, on n'a pas les mêmes sensations mais les souvenirs sont toujours incroyables quand la récompense tombe... Un titre olympique c'est incroyable... je m'en rends encore plus compte après l'échec de Pékin. C'est une médaille exceptionnelle. Il y a quatre ans, on avait l'impression que c'était normal car on avait fait tellement de boulot. Cette année, nous sommes impeccables jusqu'à la finale où on passe à côté. C'est là que tu te rends vraiment compte de la valeur d'un or olympique. Oui, celui là est toujours au dessus des autres mais chaque médaille à une saveur et je ne cherche pas trop à les classer

Cet échec chinois est-il digéré ?
C'est encore très difficile. Je dirais que j'essaye de vivre avec. Je crois que l'on a mal géré les trois jours entre la demi-finale et la finale...

Vous avez déjà fait trois olympiades, allez-vous tenter de durer jusqu'en 2012 ?
Pékin me reste en travers de la gorge et j'ai envie de montrer qu'avec mon équipier Jean-Baptiste (Macquet, ndlr), nous ne sommes pas à cette valeur là. On veut démontrer que l'on vaut mieux que ça. Aujourd'hui, la motivation est là mais comme j'ai de la bouteille (Hardy a 30 ans, ndlr) je vois année après année. Nous voulons construire tous les ans mais dans ma tête c'est clair que je veux faire Londres 2012. Ça serait beau de terminer l'aventure là où elle a commencé avec Jean-Baptiste. On a été champion du monde en 2006 sur le bassin des Jeux de 2012, ça me paraît un formidable moyen de boucler la boucle.

Propos recueillis par Matthieu Sustrac

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