Le 29/12/2008 - 09h34
Par
SPORT / Alexandre Herbinet
Flop 10 français 2008 : Les femmes de l'équipe olympique (3e)
SportWeek
Jusqu'au 31 décembre, Sportweek vous dévoile le classement de ses coups de coeur et de ses déceptions de l'année côté tricolore. Aujourd'hui, rayon larme, les femmes de la délégation tricolore aux Jeux de Pékin.
Après Sébastien Bourdais, l'annulation du Dakar, Amélie Mauresmo-Richard Gasquet, la banderole anti-Ch'tis des supporters du PSG, l'OM, Tony Estanguet et les basketteurs de l'équipe de France, place aux femmes de la délégation tricolore aux Jeux de Pékin, troisièmes de notre Flop 10 tricolore de l'année.Elles sont belles. Elles resplendissent. On les aime. Les femmes. Partout où elles passent, de vrais rayons de soleil. Enfin, presque partout. Car à Pékin, c'était plutôt ciel couvert et orages au passage de ces gentes dames de la délégation tricolore. Pour mieux comprendre, d'abord, quelques chiffres. Sur les 323 athlètes français présent aux Jeux en août dernier, 125 étaient des femmes. 39%. Sur les 40 médailles ramenées par nos Bleus, 7 viennent de celles qui sont l'avenir de l'homme. 17,5%. Si l'on prend juste les breloques dorées (7 dont une seule pour une femme), ce dernier ratio tombe même à 14%. 39% contre 17,5% ou 14%. La triste réalité des chiffres. Surtout comparés à ceux des Jeux d'Athènes, en 2004. Dans le berceau de l'olympisme, les femmes représentaient 35,5% de la délégation (114 sur 321) mais... 48% des médailles (16 sur 33) ou encore 27% des titres olympiques (3 sur 11). Une différence ahurissante en quatre petites années.
L'explication se trouve d'abord dans la chute des chefs de file annoncés. Laure Manaudou, sirène dorée à Athènes, poisson à l'agonie dans les eaux du Cube de Pékin. Laura Flessel, la guêpe qui ne pique plus. Anne-Lise Touya, grand sourire juste après son élimination... dès son entrée en lice au sabre. Gévrise Emane, la championne du monde en titre des - 70 kg, sortie dès le premier tour de sa catégorie en judo. La liste est longue. Et la brillante Anne-Caroline Chausson, reine du BMX, fait figure de Messie au féminin avec sa belle médaille d'or. Mais comme l'intéressée est plutôt timide, aujourd'hui à la retraite (définitive, cette fois) de son sport et a signé son exploit dans une discipline adorée par les jeunes mais peu médiatique, cette performance de choix n'aura pas fait d'elle une immense star. Loin, très loin de la folie Laure Manaudou après Athènes. Un autre chiffre résume bien l'échec global des Françaises dans la capitale chinoise : les six breloques de la natation tricolore à Pékin sont l'oeuvre des hommes, avec le grand requin blanc Alain Bernard en figure de proue. A Athènes, six médailles aussi pour les nageurs hexagonaux, mais cinq pour la gent féminine, avec Hugues Duboscq comme intru.
"On prend du retard chez les filles"De quoi tirer la sonnette d'alarme. Car les racines du mal sont profondes.
"J'escomptais 20% de médailles féminines. On sera même en dessous, jugeait Fabien Canu, directeur de la Préparation olympique et paralympique (POP), au dernier jour des Jeux.
Ce n'est pas surprenant parce que depuis deux ans que je suis en charge de la préparation olympique, je vois bien qu'il y a peu de résultats féminins sur l'ensemble des sports. Il ne faut pas sous-estimer le problème car on pourrait très bien se retrouver dans le même cas de figure à Londres en 2012. On prend du retard chez les filles. Il y a une difficulté à recruter des jeunes filles pour faire du sport de haut niveau. On démarre le sport beaucoup plus tôt et, à 12-13 ans, on commence à l'arrêter. Il faut quitter son milieu familial pour aller dans les centres d'entraînement. Il y a l'inquiétude des parents sur l'aspect des études. Et il y a un savoir-faire qui manque dans le management des filles au plus haut niveau." Et Henri Sérandour, président du Comité National Olympique et Sportif Français, d'enfoncer le clou :
"En ce qui concerne le sport féminin, c'était du 50-50 jusqu'à Athènes avec une pointe à Atlanta où elles étaient devant les garçons en titres. On doit aller chez les juniors, chez les espoirs, pour voir quel potentiel est là et comment ce potentiel peut redevenir performant afin de retrouver le lustre du sport féminin en France." Tu l'as dit, Henri. Le sourire d'une femme est tellement beau sur la plus haute marche d'un podium.
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