Le 12/02/2007 - 12h40
Par
SPORT / Geoffroy Bresson
Maud Fontenoy a été approchée par un cargo allemand, lundi, 48 heures après son démâtage. Le porte-conteneur avait été dérouté par la marine australienne pour porter secours à la navigatrice, dans l'océan Indien. L'aventurière a refusé son assistance. A nouveau seule, elle poursuit ses travaux de réparation.
Quelles sont les
dernières nouvelles à bord de l'Oréal ?
Maud Fontenoy : "J'ai commencé ma journée à la rencontre
d'un cargo allemand venu sur zone pour me sauver. C'était compliqué. Ses
passagers avaient du mal à parler anglais. L'immeuble flottant faisait 200m. Il
s'est approché très près. J'étais inquiète, j'avais envie qu'il s'éloigne de
mon petit voilier. Au bout du compte, ils ont demandé si je voulais abandonner
mon embarcation. J'ai répondu que non, ils sont partis. Voilà quatre mois et
demi que je n'avais rencontré personne. Je me suis sentie encore plus seule
après leur passage. Ce cargo m'a enfoncé au 36e dessous. J'avais
envie de vomir.
Et maintenant,
comment est le moral ?
J'ai retrouvé l'énergie. Je suis très stressée, j'ai
beaucoup de mal à dormir, mais je me bats. J'ai nettoyé tout le pont et j'ai
poursuivi la construction de mon gréement de fortune. Je
veux parvenir à l'installer seule, avant l'arrivée du bateau d'assistance,
parti hier d'Australie, mais qui a près de 1.000 nautiques (1.800 km) à parcourir
avant de me rejoindre dans trois ou quatre jours.
Comment se présente la météo ?
C'est le calme après la tempête pour le moment. Heureusement, cela me
permet de travailler. Je profite de chaque instant pour faire avancer mes
manoeuvres. J'espère que le ciel va rester ainsi quelques jours. Je ne dérive
pas vraiment dans le bon sens, un peu vers l'Est, en ce moment. Mais ma vitesse
ne dépasse pas le noeud. Vivement que je répare, pour pouvoir reprendre la bonne
direction, c'est-à-dire le Nord-Ouest.
Vous avez reçu l'appel de Ségolène
Royal, dimanche soir. Quels ont été ses mots ?
C'était un message de solidarité féminine. Elle était présente à mon départ
de l'ile de La Réunion.
Elle y avait vu mon bateau et l'avait visité. Mais elle n'est
pas la seule à me soutenir. Beaucoup de gens sont derrière moi, du gouvernement
aussi. Ce sont des appels qui me font beaucoup de bien. Je me sens moins seule
grâce à eux."
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