Le 07/12/2006 - 12h57
Par
SPORT / L.M. avec C.B
La France débute son Euro-2006 de handball jeudi face au Danemark. Valérie Nicolas, le dernier rempart de la défense tricolore, joue dans le championnat danois. Elle connaît donc bien les premières adversaires des Bleues.
Le Danemark est votre
premier adversaire. Vous jouez à Viborg dans le championnat danois, c'est donc
une équipe que vous connaissez bien.
Effectivement ! Il y a 7 filles qui jouent avec moi à Viborg.
De bien connaître les
joueuses danoises est-il un avantage pour la gardienne que vous êtes ?
Je pense que c'est un avantage. Sur les 7, il y en a
quelques une que je maîtrise vraiment bien. La réciproque est vraie également.
Mais le mental c'est mon point fort... donc je vais essayer de leur mettre
vraiment la pression en début de match. Je sais que certaines Danoises si elles
manquent leurs deux premiers shoots elles vont vraiment cogiter... Donc si
j'arrive à faire quelques arrêts en début de rencontre, ça lancera bien notre
équipe.
Quels sont les points
forts et les points faibles de l'équipe danoise ?
La montée de balle est leur point fort avec Henriette
Mikkelsen, l'ailière gauche qui est très bonne. Il y a aussi Katrine Fruelund une
arrière gauche très solide. Mais sinon les Danoises ne sont plus des monstres
comme avant. Ce sont des joueuses normales. Elles vont lever les poings, être
souriantes et montrer beaucoup de choses. Mais elles ne sont pas sereines du
tout. C'est d'ailleurs là où se situe leur point faible. Elles n'ont pas
l'expérience qu'avaient les équipes précédentes. Si on leur met le doute en
début de match, je pense que mentalement elles sont plus faibles que nous et du
coup elles seront prenables. Si nous on arrive à perturber leurs habitudes et
leurs combinaisons, on peut vraiment leur poser des problèmes.
De jouer le Danemark en
premier, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?
Sur le papier, elles ont plus fortes que nous. Elles auront le public
pour eux. La salle sera à 98% remplie de Danois, étant donné que Malmö est proche
Copenhague ça peut être un bien comme un mal pour elles... elles peuvent mal
supporter cette pression. De notre côté il faut se servir de ce match pour nous
libérer. Si on gagne c'est du bonus... si on perd on se concentrera sur l'Espagne
et la Hollande,
deux matches plus à notre portée. Je pense que le Danemark aura sur ce match
plus de choses à perdre que nous.
Que pouvez-vous nous
dire sur vos deux autres adversaires les Pays-Bas et l'Espagne ?
Les Pays-Bas ont fait une bonne préparation. C'est une
équipe assez jeune mais quelques anciennes sont encore là pour apporter leur
expérience. Ce sont des bonnes tireuses, bonnes relanceuses... Comme d'habitude
contre la Hollande
ce sera la guerre ! Les duels franco-hollandais ont toujours été des
matches physiques, intenses... pas forcément très beau. Depuis que je suis en
juniors ça a toujours été comme ça. C'est en défense que la différence se fera.
Si notre défense tient bien et qu'on arrive à marquer un but de plus qu'elle
(Elle sourit) ça devrait passer.
Quel est l'objectif
des Bleues pour cet Euro ?
C'est très difficile à dire... On peut très bien se faire
éliminer après nos trois premiers matches ou alors être sur le podium du
championnat. Cela va vraiment dépendre des performances individuelles... si elles
arrivent à marquer et à être efficaces en attaque et que nous nous soyons
solides derrière.
Après avoir vécu les
grands moments avec l'équipe de France, ces dernières années sont plus
difficiles...
C'est sûr que c'est mieux quand ça nous sourit. Mais Olivier
a fait des choix qui n'ont pas payé à l'Euro 2004 et au Mondial 2005. Cette
année l'amalgame entre jeunes et anciennes me semble pas mal. Mais on aura la réponse
qu'après la compétition...
Avez-vous un rôle
particulier au sein du groupe, du fait de votre expérience ?
Mon rôle consiste surtout à aider, guider Linda Pradel, la 2ème
gardienne. Je vais la conseiller, lui donner des tuyaux sur les joueuses
internationales qu'elle ne connaît pas bien. De mon côté je connais très bien
toutes les handballeuses étrangères, donc mon rôle est de communiquer à Linda
et à notre défense les points forts et les faibles de nos adversaires
Vous êtes un peu un deuxième
coach ?
Non je ne suis pas un deuxième coach. Mais je considère que
ça fait aussi partie de mon rôle de bien préparer ma défense. En club aussi je
me comporte de la même façon avec ma jeune coéquipière danoise.
Vous vous apprêtez à
disputer l'Euro, mais pensez-vous déjà au Mondial 2007 en France ?
Nous, on est bien focalisé sur le présent. Pour la
fédération, c'est normal de communiquer sur le Mondial, qui est un événement
très important pour notre sport. Mais pour les joueuses la priorité c'est le
championnat d 'Europe. Et si on passe à côté on va vraiment le regretter.
Ce championnat d'Europe
est-il une préparation pour le Mondial ?
Non je dirai que c'est la dernière compétition officielle
avant le Mondial. Quoiqu'il arrive après on n'aura plus de matches officiels,
car on est qualifié d'office. Mais en un an, tellement de choses peuvent se
passer - des joueuses blessées, des nouvelles filles qui percent - que je ne
vois pas l'Euro comme une préparation au Mondial.
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