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Le 27/02/2009 - 10h10
Par SPORTWEEK / Alexandre Herbinet

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Mamedy Doucara, photographe champion du monde

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Champion du monde de taekwondo en 2001, Mamedy Doucara est aussi un photographe de grand talent. Une double casquette inédite à un tel niveau.

Petit exercice. Avant de vous attaquer à cet article, allez lire les signatures au bas de la page suivante. Vous ne rêvez pas. Un papier sur Doucara le sportif illustré par les autoportraits de Mamedy le photographe. Étonnant. Mais logique quand on connaît le garçon. Car Mamedy n'est pas un sportif comme les autres. Champion du monde de taekwondo en 2001 (deuxième combattant tricolore à être titré à ce niveau), sept fois sacré dans sa catégorie sur la scène française, dont la dernière en février, Doucara est aussi un photographe. Et un bon. Avec un talent gros comme ça. Une passion devenue aujourd'hui une profession tant la qualité des clichés du colosse frappe même l'oeil le moins averti. Au point de ne plus savoir lequel des deux mondes il pourrait quitter s'il devait en laisser un sur le bord de la route. " Je ne peux pas abandonner le sport, c'est en moi, et j'estime qu'il me reste des choses à faire, comme une médaille olympique, l'or de préférence. Mais de l'autre côté, c'est le reste de ma vie, ce qui va construire mon avenir. Faire un choix entre les deux serait trop difficile. " Le sport de haut niveau. La photo. Deux univers à la fois si proches et si éloignés. Mais réunis sur le même chemin de vie au hasard d'une blessure contractée sur les tatamis. Comme si l'un ne pouvait se dissocier de l'autre. " J'ai commencé la photo après ma rupture des ligaments croisés en 2005. Je suis un hyperactif donc il me fallait quelque chose pour m'occuper. J'ai acheté un appareil et je m'y suis mis. Je ne fais pas ça pour l'argent. J'ai toujours aimé l'image. J'ai commencé la photo comme un passionné et c'est toujours le cas. "

Comme un gosse

Avec les clichés de son amie Gwladys Epangue (médaillée de bronze olympique en 2008), de ses autres potes de l'équipe de France de taekwondo, de ses voyages, de sa famille, de ses autres copains de l'Insep comme le hurdler Ladji Doucouré, les commandes de la Fédération française de taekwondo (il a notamment illustré l'affiche des championnats de France 2007), Mamedy débute sa carrière " sans réel objectif ". Jusqu'au tournant qui définit son présent mais aussi son futur. " Après les Jeux de Pékin, j'ai fait une séance avec Gwladys dont je suis un peu le photographe attitré, explique celui qui a suivi, fin 2008, une formation dans la célèbre école de photo des Gobelins. On a fait du glamour, du civil et du sportif. Je me suis dit que les photos glamour pourraient intéresser Sportweek. J'ai contacté mon ami Pauce [photographe qui collabore régulièrement pour notre magazine, ndlr] qui m'a mis en relation avec le directeur de la rédaction. Il est tombé sur mon site Internet et il a
eu un coup de coeur. Il m'a dit qu'il fallait absolument qu'on bosse ensemble.
Moi j'hallucinais. J'étais un admirateur du magazine donc je me sens vraiment
flatté de travailler avec eux. " Doué, Doucara enchaîne alors les productions : les footballeurs William Gallas, Steve Mandanda, Hatem Ben Arfa, Claude Makelele, le président du CIO, Jacques Rogge, le triathlète Pascal Pich, le sélectionneur des Bleus, Raymond Domenech, l'icône populaire Yannick Noah (voir pages 12 à 17) ou encore les rugbymen Clerc et Médard (pages 18 à 21). " Ce sont des moments privilégiés. Devant ces champions, on reste un gamin. Et je produis des choses avec eux donc il y a un vrai échange. C'est énorme ! " Devant la classe d'un Noah, même un champion du monde a les yeux qui brillent. Et un avantage : être un sportif de haut niveau. " Le fait de se connaître permet au sujet de se donner un peu plus. Des photographes m'ont dit que j'avais de la chance d'avoir ce réseau. Pour eux, c'est beaucoup plus difficile. Mes rapports avec eux ne changent pas parce qu'ils sont des athlètes. Et puis j'ai un oeil sportif, une vision qu'un photographe lambda n'aura pas. "

Pas de compromis

Homme de studio plus que de reportage, Doucara travaille ses shootings comme il répète ses mouvements sur le tatami. Avec une précision d'orfèvre. " J'essaye de plonger dans l'univers de mon modèle en lisant des articles sur lui pour capturer une image qui correspond à ma touche personnelle. Je n'ai pas assez l'oeil pour saisir des moments. Mais je sais en créer. " D'une gentillesse rare, humble - " j'ai du mal à prendre du recul sur mes images, je vois plus les défauts que les qualités " -, Mamedy trouve dans la photo un vrai parallèle avec le taekwondo. " Comme dans le sport, c'est chaque fois un nouveau défi, avec de la pression. Mon côté sportif fait que je me transcende pour ramener de belles images. " Et l'entraînement dans tout ça ? " Je n'ai pas de compromis à faire. Je shoote le week-end quand je ne m'entraîne pas, et si je dois travailler pour Sportweek en semaine, je rattrape les jours manqués le week-end. Mais je suis conscient qu'il y aura des périodes où je ne pourrai pas concilier les deux, quand je préparerai les Jeux par exemple. " Sa reconversion, elle, semble déjà trouvée. " Je veux être photographe, bien sûr. Tous les domaines artistiques m'intéressent : acteurs, chanteurs, sportifs. Commencer dès aujourd'hui permet de me créer un réseau. C'est essentiel dans ce métier. " Histoire de réaliser un jour ses rêves visuels : " Shooter Zinédine Zidane, un grand champion et un homme génial, comme Teddy Riner, ou des mythes comme Tyson et Jordan. " Promis, on va tenter de t'aider pour réaliser ces coups-là, Mamedy.

ITINÉRAIRE
Mamedy Doucara
Né le 28 juillet 1981 à Paris 1,86 m - 80 kg (poids de forme)
Catégorie de poids : - 78 kg
Débuts dans le taekwondo à 7 ans avec son père comme professeur.
Club : Champigny Taekwondo (Val-de-Marne).
Palmarès : Champion du monde 2001 ; champion de France 2000, 2001, 2002, 2003,  2007, 2008 et 2009 ; vice-champion d'Europe par équipes 2004.



VOS COMMENTAIRES

1. Le 04/03/2009 à 10:58, par gillesjack    alerter l'équipe de modération  

Voilà un article joliment écrit et réalisé sur Mamedy Doucara, avec a la clé une interview d'un artiste-sportif que j'apprecie beaucoup par son état d'esprit. D'ailleurs à ce sujet si vous pouviez me mettre en contact avec lui pour construire l'avenir d'une jeune etudiante au maroc rappeuse & taekwondoïste, je vous en serais éternellement reconnaissant ;) gil2jack@hotmail.com

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