Le 28/12/2008 - 08h32
Par
SPORT / Alexandre Herbinet
Jusqu'au 31 décembre, Sportweek vous dévoile le classement de ses coups de coeur et ses déceptions de l'année côté tricolore. Aujourd'hui, rayon larme, l'échec des Bleus dans les qualifications pour l'Euro 209.
Après Sébastien Bourdais, l'annulation du Dakar, le duo Mauresmo/Gasquet, la banderole anti-Ch'tis, l'OM et Tony Estanguet, place aujourd'hui à l'équipe de France de basket, quatrième de notre Flop 10 tricolore de l'année.
Ohé, ohé. Capitaine abandonné. Ohé, ohé. Mets des ailes à ton voilier. Sonnez, sonnez. Les sirènes au vent salé. Sonnez, sonnez. La dernière traversée. Gold, le mythique groupe des années 80, n'a pas seulement réalisé un tube éternel avec la chanson Capitaine abandonné. Gold a aussi une prémonition fabuleuse. Gold a vu 22 ans avant tout le monde - 1986 ce foutu cap'tain, ça nous rajeunit pas - le parcours de l'équipe de France de basket dans les qualifications pour l'Euro 2009. Un capitaine abandonné, Tony Parker. Des ailes à mettre au voilier, clairement. Des sirènes au vent salé, là on est moins sûr. Une dernière traversée, et peut-être avant longtemps si les choses ne changent pas très vite.
Mais où sont passés les médaillés de bronze de l'Euro 2005, cinquièmes du Mondial 2006 ? Loin. Très loin. 2008 devait sonner le renouveau de l'aventure olympique huit ans après l'épopée magnifique des argentés de Sydney. 2008 sera un désastre, une véritable annus horribilis. Tout avait commencé quelques mois auparavant. Un Euro 2007 terminé en eau de boudin (8e), un ticket pour les Jeux qui s'envole et l'obligation de passer par les qualifications en septembre pour assurer sa place à l'Euro 2009. Mais avec la Belgique, l'Ukraine et la Turquie comme adversaires, rien d'insurmontable, on devrait bien y arriver. Euh... pas là. Trois victoires, trois défaites et les Bleus ratent le coche. Horrible. Un flop, un vrai.
Trois mois plus tard, toujours pas coach
Alors, bien sûr, la défense a des arguments à faire valoir devant les membres du jury. Des absences en cascade, pour de multiples raisons pas toujours claires - blessures, négociations de contrat, pas envie, mal au dos, mal dormi, je peux pas j'ai piscine, moi ça m'arrange pas je suis en vacances à ce moment-là, moi c'est mon chat il est malade, etc... - et un total ahurissant de quatre joueurs sur... seize avec une expérience internationale au début du stage fin juillet. Certains cadres qui finissent par rejoindre le groupe - notamment Parker, Ronny Turiaf, Yakhouba Diawara - mais sur le tard, minimisant les chances de créer une once de début de vécu collectif. Un manque d'envie évident de beaucoup. Un Tony Parker splendide, fort, très très fort, volontaire pour reprendre ce brassard de capitaine qu'il avait abandonné après le fiasco de l'Euro 2003, digne de son statut de joueur majeur en NBA, mais bien trop seul avec des coéquipiers qui ont tendance à la regarder jouer. Bref, l'opération commando sentait le bourbier pour Michel Gomez, parachuté à la tête des Bleus à la place de Claude Bergeaud pour mener à bien cette mission qui a souvent pris des allures d'impossible. Mais l'objectif restait largement à la portée du talent des basketteurs du pays le plus représenté en NBA après les Etats-Unis (10 cette saison).
D'où la nécessité de trouver, et vite, un coach pour remplacer Gomez, parti après son échec, et mobiliser des troupes qui annoncent être motivées comme jamais à l'idée de sauver la patrie et d'arracher la dernière place à l'Euro lors de l'ultime séance de rattrapage, en août prochain, avec notamment un duel périlleux face à l'Italie. Sans quoi, les Bleus rateront l'Euro pour la première fois depuis... 1975 et mettront terme à une série de 16 participations consécutives. Croisons les doigts, le pire peut encore arriver. Pour reprendre les choses en main, de grands noms ont été évoqués, comme... l'Italien Ettore Messina, et un projet "Jeux de Londres 2012", lancé par Parker, a été fixé par la Fédération avec une base de travail sur quatre ans. Les joueurs semblent adhérer. Mais trois mois après le crash, aucun coach n'a encore été nommé, avec une Fédération peut-être trop occupée à la réélection du pourtant critiqué Yvan Mainini à sa tête en décembre.
Le temps presse. Le temps file. Déjà empêtré dans d'autres problèmes (les séries de défaite en Euroligue finissent presque par faire rire), le basket français n'a pas ce luxe, bien obligé de prendre rapidement une direction technique claire et de régler enfin le vieux débat entre utiliser le potentiel athlétique de nos joueurs NBA et adapter notre jeu à cette donnée ou affirmer une identité de jeu à l'européenne avec des joueurs évoluant sur notre continent et de vrais spécialistes du tir extérieur, habituelle lacune tricolore. Sous peine de finir par entendre pour de bon certains couplets du Capitaine abandonné de Gold : "Ouh, ouh, ouh/Ils sont partis pour gagner/Ouh, ouh, ouh/Ils ne sont jamais rentrés (...) Ouh, ouh, ouh/Vers quel océan secret/Ouh, ouh, ouh/Le vent les a emportés ?"
Soyez le premier à donner votre avis