Le 26/02/2009 - 16h50
Par
SPORTWEEK / Alexandre Herbinet
Tony Parker : "L'ASVEL doit devenir l'un des meilleurs clubs d'Europe"
SportWeek
Vice-président de l'ASVEL, Tony Parker l'investisseur s'implique déjà dans un club où il pourrait finir sa carrière. Avant d'en prendre les rênes. Il se confie à Sportweek.
Tony Parker n'a pas l'habitude de perdre son temps. Ses ambitions, il les réalise. Et au plus vite. On connaissait le Tony titulaire aux San Antonio Spurs à 19 ans. Le Tony champion NBA à 21. Le Tony sélectionné au All-Star Game à 23. Le Tony meilleur joueur des finales NBA à 25. Bienvenue au Tony... vice-président d'un club de Pro A à 26 ! Un joueur en pleine force de l'âge qui prend des responsabilités opérationnelles dans un club de première division de son sport dans son pays. Inédite à notre connaissance, la situation de Parker à l'ASVEL peut étonner. Pas quand on connaît la faculté du garçon à exploser les contraintes du temps. "
J'ai toujours su que je voulais diriger un club après ma carrière. En fait, je prépare mon avenir ", explique celui qui n'en est pas à son coup d'essai en la matière.
À l'été 2004, Parker s'engage avec son agent américain, Marc Fleisher, pour racheter le Paris Basket Racing, club de ses débuts pro. Avec 5% des parts pour Tony, l'expérience tourne court. "
Je suis parti au bout d'un an. On ne me demandait jamais mon avis. " Désormais, plus question de faire de la figuration. D'ici au 15 juin 2009, Parker va investir pour rentrer au capital de Villeurbanne à hauteur de 30 %. De quoi en faire le deuxième actionnaire derrière le président Gilles Moretton. Avant de devenir le premier dans le futur. "
Avec des gens comme Gilles, Anthony Thiodet [vice-président de l'ASVEL, ndlr], Pierre Grall [manager sportif du club, ndlr], qui connaissent bien le business, je peux apprendre et quand je serai prêt, dans dix ans, je prendrai le poste de président. " Un "tp" club...En attendant, un poste lui a été dévolu. Vice-président chargé des opérations basket. Loin d'un emploi fictif. Messages d'encouragements aux joueurs avant les matches, analyse des performances, travail sur l'effectif de la saison prochaine : Tony s'implique dans la destinée de ses nouvelles troupes. Au point d'employer le " on ".
" Je vois tous les matches, les dirigeants me les envoient en DVD. On a une très bonne équipe mais ça va être difficile car il y en a d'autres, comme Orléans ou Nancy. On a encore un long chemin si on veut gagner le titre cette année. Sinon, j'ai tous les jours les gens de l'ASVEL au téléphone. Je discute surtout avec Pierre Grall, car ma première mission est de construire l'équipe pour l'année prochaine. Je décide qui on va viser, mais c'est aussi un travail d'équipe. Je dis : "Je pense qu'on devrait prendre untel ou untel" et ensuite on voit avec Vincent Collet, l'entraîneur, qui peut être d'un autre avis. On en discute et on décide ensemble. Ça me prend juste une heure par jour. L'été prochain, pendant les coupures dans les rassemblements de l'équipe de France, j'irai m'impliquer sur place. " Peut-être avec Collet, l'un des favoris pour le poste d'entraîneur des Bleus (désigné la semaine prochaine), qui pourrait donc devenir son coach et... son employé en même temps ! "
Ça ne poserait aucun problème. Vincent est peut-être le meilleur coach en France en ce moment, glisse Parker.
On échange beaucoup sur le côté sportif depuis mon arrivée à Villeurbanne. " Du côté de l'ASVEL, les réseaux de Tony seront bien utiles pour attirer de bons joueurs et tenter d'atteindre le but du golden boy du basket tricolore : "
Devenir l'un des meilleurs clubs d'Europe ". Mais pourquoi Villeurbanne, club le plus titré (16 fois) de l'histoire du basket français, et pas une franchise NBA ? "
Sur le long terme, je veux que le club m'appartienne. Et une équipe NBA, c'est un peu cher. J'ai envoyé des amis d'enfance se renseigner sur les clubs français qui ont le potentiel pour devenir un grand d'Europe. On a été en contact avec Lille, qui a un gros projet basket, et avec Rouen, car je suis originaire de là-bas. Puis Villeurbanne. Au début, je n'appelais même pas l'ASVEL pour investir. Juste pour voir comment ce club, le meilleur et le plus structuré de France, fonctionnait. Quand ils ont vu mon intérêt, ils m'ont proposé d'investir chez eux. Ça s'est fait vite, l'envie était commune. Et je voulais investir dans un club qui aura la possibilité d'intégrer la NBA Europe si elle est créée un jour. L'ASVEL a de bonnes relations avec la NBA depuis qu'ils ont reçu les Spurs pour un match de présaison. "
... et Une "TP" academy Première visite des dirigeants de l'ASVEL au Texas mi-décembre, rebelote mi-janvier pour finaliser l'accord : l'union est officialisée début février. En moins de deux mois. " On s'est vite mis d'accord sur un point essentiel : la construction d'une Tony Parker Academy, un mini INSEP pour la formation des jeunes. On a pas mal de points communs sur notre vision de l'avenir. " Centre de formation, perspective de construction d'une grande salle de 17 000 places : le coeur de Tony a vite viré au vert. "
Si tu veux concurrencer les grands, il faut une belle salle. C'est un projet qui avait été mis en place avant que j'arrive. On attend juste l'accord du maire de Lyon. Ils vont d'abord faire le stade de foot, priorité à Jean-Michel Aulas, normal [le projet bat pourtant de l'aile, ndlr]. Ensuite ce sera notre tour. " L'obtention d'une licence Euroligue semble aussi un axe central du projet. Même si les derniers échos venus des têtes pensantes de la plus grande compétition européenne ne sont pas très positifs. "
Je suis confiant, ça va se régler ", indique le possible futur meneur de l'ASVEL. "
Pourquoi pas ? Après la NBA, j'ai envie d'un jubilé d'une saison en France. Même Eva [Longoria, sa femme, ndlr] est d'accord. " On en salive déjà.
ITINÉRAIRE Tony Parker
Né le 17 mai 1982 à Bruges (Belgique)
Marié avec l'actrice américaine Eva Longoria
1,88 m - 81 kg Poste : meneur de jeu
Club actuel : San Antonio Spurs (NBA) depuis 2001
Palmarès : champion NBA en 2003, 2005 et 2007 ; MVP (meilleur joueur) des finales NBA en 2007 ; sélectionné au All-Star Game (match entre les meilleurs joueurs) NBA
en 2006, 2007 et 2009 ; médaillé de bronze de l'Euro 2005 avec l'équipe de France ; champion d'Europe Juniors 2000 avec l'équipe de France.
Propos recueillis par Alexandre Herbinet
Participez aux tournois de poker SportWeek
Poker : Jusqu'à 1 000$ de bonus
Poker : Gagnez des $ en jouant gratuitement
Soyez le premier à donner votre avis