Le 23/08/2008 - 16h22
Par
SPORT / Alexandre Herbinet
Laminé en finale des 57 kg par le vif Ukrainien Vasyl Lomachenko, arrêté par l'arbitre dès le premier round, le très croyant boxeur, médaillé d'argent, ne veut rien regretter.
Le combat ne s'est pas passé comme vous l'attendiez...
Khédafi Djelkhir : "Non, ça ne s'est pas passé
comme prévu. On savait que ça allait être un adversaire difficile mais ce n'est
pas pour autant qu'on s'est dégonflé ou qu'on a modifié notre façon de boxer.
J'ai essayé de garder ma boxe offensive. J'ai été touché lors du premier round,
l'arbitre me compte une première fois, c'est justifié. Mais j'ai l'impression
que le deuxième compte n'était pas justifié, qu'il était un peu trop rapide.
Mais il faut peut-être que je prenne un peu plus de recul et que je regarde le
combat. J'étais peut-être un peu trop passif. J'ai été compté une deuxième
fois, pour moi j'estime que ce n'était pas juste. Après vous connaissez la
suite. Il m'a mis une autre série, il y a eu un troisième compte et en boxe
amateur, quand il y a trois comptes dans un round, l'arbitre arrête le combat.
L'aventure s'arrête pour moi, voilà.
On avait pourtant le sentiment que le combat avait bien
débuté pour vous. Vous partagez cette impression ?
Ça avait bien démarré, je sentais qu'il me craignait, qu'il
avait un peu peur. Mais justement ça a peut-être trop bien démarré pour moi.
J'ai pris confiance, je l'ai vu reculer, peut-être qu'il avait peur et cette
peur-là l'a bien fait réagir. Je lui ai mis un bon crochet du gauche, je l'ai
bien touché à ce moment-là et je sentais qu'il avait vraiment le doute mais ça
n'a pas suffi. Il était en finale, il en voulait autant que moi et il a mérité
sa victoire. Même si je suis persuadé qu'il n'est pas plus fort que moi. Mais
ce soir il l'a été. C'est ce que je vais retenir et maintenant il va falloir
que je travaille un peu plus, que je reparte à l'entraînement. Après avoir pris
quelques vacances, évidemment. Mais voilà, il y a encore du travail à faire.
A quel moment avez-vous senti que vous étiez vraiment mal
engagé ?
En fait, je n'ai pas été en difficulté sur un seul coup. A
part à un moment donné sur un crochet en bas en corps, mais pas plus que ça, il
ne m'a pas fait mal. Il a juste été très rapide sur des mitraillettes, des
coups de jus qu'il me mettait. Je n'étais pas pour autant sonné mais je n'ai
pas pu réagir. Je n'ai pas trouvé le rythme pour réagir ou pour le prendre dans
son tempo. Je n'ai pas pu trouver ce rythme, à aucun moment.
Cette médaille d'argent reste superbe pour vous, non ?
Ouais, cette médaille est belle. Celle en or est encore un
peu plus belle mais bon... Comme on dit chez moi, grâce à Dieu, et surtout
louange à Dieu, je n'ai pas à me plaindre. Je suis arrivé jusqu'ici, c'est le
destin. Je devais perdre, j'ai perdu. Aujourd'hui, je repars numéro 2. Je ne
vais pas faire la fine bouche. Cette médaille, elle va me remonter le moral
plus rapidement qu'on ne le croit. Je suis très heureux de l'avoir.
A qui avez-vous pensé sur le podium ?
J'ai pensé tout de suite à ma famille. D'ailleurs, j'ai mon
téléphone là (il sort son portable de sa
poche, ndlr), je l'ai allumé, je ne trouve pas le réseau mais dès que j'ai
fini avec vous, je vais me trouver un coin tranquille pour les appeler.
La rapidité de votre adversaire ukrainien vous a-t-elle
dérouté ?
C'est vrai, sa vitesse m'a vraiment surpris. Mais je lui ai
aussi donné l'occasion de s'exprimer. Je lui ai un peu facilité la tâche... Mais
je ne regrette rien. Il n'y a pas de place pour les regrets. On peut toujours
refaire le combat après, c'est toujours facile de dire que j'aurais pu faire ça
ou ça, mais ce n'est pas mon genre. Pour moi, il n'y a pas de regrets.
Qu'entendez-vous par "je
lui ai donné l'occasion de s'exprimer" ?
J'ai facilité sa boxe. Il bloque net, il est rapide mais une
fois que j'étais en difficultés, j'ai bien senti que le pointage était à sa
juste valeur au moment du premier compte. Il a fallu réagir, j'ai de l'orgueil
mais je n'ai pas pu contrôler à ce moment-là. Ma tactique était simple. C'était
d'avoir une bonne garde hermétique, commencer en bas, finir en haut. Et puis
voilà quoi..."
De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet
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