Le 02/09/2010 - 13h49
Par
SPORTWEEK / Aurélie Beaudouin
Mondial 2018 : La candidature russe plombée par une banane ?
La banderole anti-Odemwingie des fans du Lokomotiv Moscou-Photo : Panoramic
Les supporters du Lokomotiv Moscou ont déployé une banderole avec une banane en "hommage" à Odemwingie, parti à West Brom. Mais selon les dirigeants russes, cette banderole n'était pas raciste.
Si en France la banderole "anti-ch'tis" déployée par les supporters parisiens en finale de Coupe de la Ligue contre Lens avait provoqué une affaire d'Etat, la banderole "anti-Odemwingie" ne suscite pas la polémique en Russie. Pourtant, elle pourrait coûter au pays l'organisation du Mondial 2018. Le 22 août dernier, lors de Dinamo Moscou-Lokomotiv Moscou, les fans du Lokomotiv avaient déployé une banderole disant "Thanks West Brom", avec une banane en son milieu. Référence au club de Birmingham qui venait tout juste d'acquérir l'attaquant nigérian Peter Odemwingie.
"C'est un groupe minoritaire, mais c'est vraiment triste. J'ai une bonne relation avec le club, mais c'est une honte", avait commenté l'ancien attaquant lillois.
Mercredi, Alexei Sorokin, directeur général de la Fédération russe, a écarté toute notion de racisme dans cette banderole :
"Je sais que cette banderole s'adresse à un certain joueur et à la façon dont il a joué ses derniers matches. Apparemment, les fans n'étaient pas heureux du fait qu'il joue mieux avec le Nigéria qu'avec le club. C'est pourquoi ils ont montré leur satisfaction quand il est parti. Il n'y a rien de raciste là-dedans. Si c'était un joueur de Russie, de Danemark ou du Japon, la réaction aurait pu être la même. En Russie "prendre une banane"
signifie "avoir échoué"
". Sur la BBC, Galina Kozhevnikova, spécialiste de l'extrémisme en Russie, avait une autre version des faits :
"Si tout le monde voit du racisme dans cette banderole, y compris le joueur, c'est difficile d'affirmer que ça ne l'est pas. L'expression "prendre une banane"
existait du temps de l'URSS et a quasiment disparu depuis. La Fédération ne veut simplement pas reconnaitre que c'est du racisme. Selon les dirigeants, reconnaitre ce problème rendrait incertaines les chances de la Russie d'accueillir la Coupe du Monde. Ils ne comprennent pas que reconnaitre ce problème est un pas vers sa résolution." Avec cette polémique, en plus de celle qui avait concerné le président de la Fédération anglaise (il avait évoqué une corruption d'arbitres) en mai dernier, ce sont les candidatures américaine, hispano-portugaise et belgo-néerlandaise qui doivent se réjouir. La FIFA dévoilera le 2 décembre prochain le nom du pays organisateur du Mondial 2018.
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