Le 30/06/2008 - 10h03
Par
SPORT / Aurélie Beaudouin et Christelle Bruna
Certains ont déçu, d'autres se sont révélés. L'Euro 2008 a été riche en surprises et en rebondissements. Sportweek revient sur les tops et les flops de la compétition.
LES TOPS
Une Espagne royale
A tout seigneur, tout honneur. L'Espagne
a développé le plus beau jeu de cet Euro, terminant avec la meilleure attaque (12
buts) et le meilleur buteur (Villa, 4 buts). Souvent favorite, jamais gagnante,
la Roja est enfin parvenue à passer le cap des quarts de finale. Pourtant
décrié, Luis Aragones, a réussi, après une Coupe du monde 2006 mitigée (élimination
en 1/8 de finale contre la France), à mettre en place une équipe à la fois
joueuse, tournée vers l'avant et rigoureuse défensivement. Difficile de
ressortir des individualités dans un tel collectif, mais Casillas, Sergio
Ramos, Senna, Fabregas, Torres et Villa sont clairement parmi les meilleurs
joueurs du monde à leur poste. L'Espagne avait une des équipes les plus jeunes
de la compétition (26 ans de moyenne). Cela promet pour 2010 !
Une Russie impériale
Depuis le début du printemps, la
Russie gagnait tout : la coupe de l'UEFA, le championnat du monde de
hockey sur glace, l'Euroligue de basket... et même l'Eurovision. Les hommes de
Guus Hiddink ne sont pas parvenus à aller jusqu'au bout de l'Euro, mais ont
impressionné. Leur quart de finale face aux Pays-Bas fut une véritable démonstration.
Emmenée par leur joyau Andreï Arshavin (sans doute dans le Top 5 du prochain
Ballon d'or), la Russie a développé l'un des plus beaux football de l'Euro.
Dommage qu'ils n'aient pas tenu le coup physiquement contre l'Espagne. Akinfeev
dans les buts, Zhirkov et Kolodin en défense, Pavlyucheko en attaque... Autant de
joueurs peu connus du grand public, mais dont on n'a pas fini d'entendre
parler.
Une Turquie phénoménale
Cette équipe est la reine des
miracles. A quatre reprises, la Turquie a été menée au score. A quatre reprises,
la Turquie a égalisé, voire l'a emporté. Suisse, République tchèque, Croatie, Allemagne...
Tous ont tremblé face aux hommes de Fatih Terim. Pas toujours grandiose en
défense, la Turquie a trouvé des ressources mentales exceptionnelles pour se
sortir de situations périlleuses. Mention spéciale à Semih, 2e buteur
ex-aequo de l'Euro, et Nihat, le capitaine, auteur de deux buts et une passe
décisive.
Une ambiance familiale
On craignait des débordements,
notamment au vu de la composition du groupe A (Allemagne, Autriche, Pologne,
Croatie). Tout s'est finalement plutôt bien passé, même dans la petite ville de
Klagenfurt, la plus susceptible d'accueillir des hooligans. On a tout de même dénombré
30 interpellations avant Pays-Bas-Russie et 160 avant Allemagne-Pologne. Dans
les stades, d'une faible capacité pour ce genre de compétition, aucun problème
majeur n'a été signalé. Faut-il y voir un lien de cause à effet, l'Angleterre n'était
pas qualifiée pour cet Euro...
Un fair-play sans égal
Trois cartons rouges ont été
distribués lors de cet Euro (Volkan, Schweinsteiger et Abidal), soit deux fois
moins que lors de la précédente édition. Preuve que la compétition s'est
déroulée dans un état d'esprit exemplaire. Aucun attroupement autour de l'arbitre,
peu de tacles dangereux, aucune bagarre générale... Pourvu que ça dure !
LES FLOPS
Des
Bleus ridiculisés
L'équipe de France se devait laver l'affront de 2004 où elle avait été éliminée
en quarts de finale par la Grèce. Elle a fait pire en ne franchissant pas le
premier tour dans le groupe C, qualifié de 'groupe de la mort'. Un match nul,
deux défaites, six buts encaissés un seul inscrit... les statistiques
des Bleus sont catastrophiques. La météo, l'arbitrage, la blessure de Ribéry,
toutes les excuses ont été cherchées mais aucune ne semble valable pour
pardonner une telle faillite. Le parcours des Bleus dans l'Euro 2008 a un goût
de Coupe du monde 2002. Pas sûr que Raymond Domenech résiste à la tornade.
Une
Squadra Azzurra peu inspirée
Le champion du monde en titre éliminé au stade des quarts de finale, cela fait
désordre. Ce sentiment également partagé par les dirigeants italiens, le
contrat du sélectionneur Roberto Donadoni n'a pas été renouvelé. L'Italie du
fooball s'en est, une fois de plus remise, au sorcier Marcello Lippi.
Un
champion destitué
Vainqueur surprise en 2004, le champion grec est rapidement tombé de son
Olympe. Battue d'entrée par la modeste sélection suédoise (0-2), avant de subir
le réalisme russe (0-1) et espagnol (1-2), la Grèce a quitté la Suisse et l'Autriche
avec zéro point au compteur. Basinas, Charisteas and Co avaient terminé en tête
de leur groupe de qualification, devant la Turquie, future demi-finaliste. A ce
moment là, Otto Rehhagel et ses hommes croyaient encore à un nouveau miracle.
Qui a vu Cristiano Ronaldo ?
Annoncé
comme la star de cet Euro, le Portugais Cristiano Ronaldo est l'une des grandes
déceptions de la compétition à l'image de sa sélection éliminée en quarts de
finale par l'Allemagne. Le capitaine de la Selecçao n'a été que l'ombre de
lui-même laissant la vedette à son compatriote Pepe. Le chouchou de ces dames
était-il préoccupé par son désir de transfert de Manchester United au Real
Madrid ou déstabilisé par la trop grande pression qui pesait sur lui ?
Le résultat est le même. Souvent favorite, jamais sacrée, telle semble être la
triste destinée de l'équipe lusitanienne.
Une
météo exécrable
Présente sans avoir été invitée, la pluie a été omniprésente en Suisse et en
Autriche pendant les deux premières semaines de l'Euro. Les mauvaises langues
diront que le soleil est apparu au lendemain de l'élimination des Bleus. Un
Suisse - Turquie sur la pelouse du Parc Saint-Jacques de Bâle à la limite du
praticable, un Allemagne - Turquie réservé à quelques privilégiés...les ondées ont
quelque peu gâché la fête. L'incroyable panne de faisceaux qui a entaché à
trois reprises la deuxième période de la demi-finale Allemagne - Turquie a
privé des millions de fans du ballon rond du but de Klose et de la palpitante
fin de la rencontre.
Des pays organisateurs spectateurs
La Suisse et l'Autriche éliminées dès le premier tour, les sélections des pays organisateurs
de la compétition ont fait pâle figure. On ne les attendait pas en finale,
certes, mais l'ambiance locale en a pris un coup. En 2000, lors de son Euro organisé
conjointement avec les Pays-Bas, la Belgique avait connu pareille désillusion.
Les "Diables rouges" avaient piteusement été éliminés dès la phase
de poule.
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