Le 31/12/2008 - 08h00
Par
SPORT / Jérémy Vasseur
Flop 10 français 2008 : L'Euro des Bleus (1er)
SportWeek
Jusqu'au 31 décembre, Sportweek vous dévoile le classement de ses coups de coeur et ses déceptions de l'année côté tricolore. Aujourd'hui, rayon larme, le triste parcours de l'équipe de France pendant l'Euro 2008.
Après Sébastien Bourdais, l'annulation du Dakar, Richard Gasquet et Amélie Mauresmo, la banderole anti-ch'tis, l'OM, Tony Estanguet, les basketteurs, les Bleues aux JO et Laure Manaudou, place à l'équipe de France de foot, grande gagnante de notre Flop 10 de l'année 2008.
Un petit tour et puis s'en va. Comment ne pas décerner la
palme du plus gros flop de cette année 2008 au parcours des Bleus pendant
l'Euro ? En quelques jours, l'équipe de France a tout simplement réussi à se
faire détester par son propre public, alliant
prestations ridicules, choix désastreux et communication grotesque. Avec un seul point et un but marqué en
trois rencontres, les statistiques parlent d'elles-mêmes.
Tout commence par un
France-Roumanie
aussi emballant qu'une partie de snooker diffusé sur Eurosport à deux heures du
mat'. Le mot d'ordre est clair : on assure le 0-0 face aux hommes des
Carpates, sans trop se fatiguer. La mission est pleinement remplie. Domenech peut
applaudir ses hommes à l'issue de la rencontre, sa défense n'a pas flanchée face
au génie du si redoutable Daniel Niculae. Le tout sous des températures
accablantes (23 c°), dixit Willy Sagnol. Les Bleus peuvent repartir sereins
dans leur
camp de base retranché sur les
hauteurs du Mont-Pélerin, transformé pour l'occasion en un véritable Alcatraz
helvétique.
Après trois jours d'entraînement fructueux et de relations
cordiales avec les "méchants" journalistes, les Bleus défient les
Pays-Bas. Notre sélectionneur national compte
sur le retour de son fils adoptif Thierry Henry pour presser les Oranje.
Seulement, l'attaquant de Barcelone se la joue, excusez du jeu de mot, demi
d'ouverture en réussissant un magnifique drop sur Van der Sar. Ses coéquipiers
ne vont guère mieux. Grégory Coupet décide de jouer sans les mains, les genoux de
Lillian Thuram ne cessent de grincer devant les incessantes accélérations
bataves alors que Florent Malouda a oublié son talent sur le banc de Chelsea.
Devant leur télé, Mexès, Flamini ou Trezeguet devaient bien se marrer. Au final, la
partie tourne à la démonstration pour les Néerlandais (4-1). Raymond
n'applaudit plus et préfère Gomis à Benzema et Anelka, la situation s'aggrave. Après le match, Claude Makélélé et Karim
Benzema se fritent dans le vestiaire tandis que Vieira, le touriste des 23,
tente de consoler ses partenaires.
Le cas Vieira est
d'ailleurs symbolique d'une gestion calamiteuse de la part du staff des Bleus.
Blessé à la cuisse, le capitaine, abandonné par son physique, n'a pas disputé
une seule seconde de jeu. Son retour n'était prévu qu'à partir des quarts de
finale, pour les prévisions les plus optimistes. Dès lors,
convoquer le joueur de l'Inter ressemble en tout point à une décision
totalement absurde et incompréhensible, d'autant plus que l'équipe de
France était engagé au sein du groupe de la mort de la compétition. Un premier
tour qui se conclut face à l'
Italie.
Thuram se fait saquer, et l'espoir ne dure que sept minutes, jusqu'à la sortie de Franck Ribéry. Nasri est sacrifié et les
champions du monde, nullissimes lors de leurs deux premiers matches, s'imposent
tranquillement 2-0. Ils mettent fin à
l'aventure
tragi-comique des Bleus. Pour conclure en beauté, Ray nous gratifie d'un
moment malheureusement devenu mythique et
demande sa compagne en mariage, devant des millions de
téléspectateurs dégoutés.
La coupe est pleine pour les supporters, mais pas assez pour
la FFF. Malgré la mascarade du mois de juin,
le courageux Conseil Fédéral décide maintenir en poste le sélectionneur,
sous contrat jusqu'en 2010. Le foot français regrettera-t-il cette
décision ?
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