Le 25/12/2008 - 08h49
Par
SPORT / Florent de Corbier
Flop 10 français 2008 : La banderole anti-Ch'tis (7e)
SportWeek
Jusqu'au 31 décembre, Sportweek vous dévoile le classement de ses coups de coeur et ses déceptions de l'année côté tricolore. Aujourd'hui, rayon larme, la banderole anti-Ch'tis lors la finale de la Coupe de la Ligue.
Après Sébastien Bourdais, l'annulation du Dakar, le fiasco Mauresmo-Gasquet, place aujourd'hui à la banderole anti-Cht'is, septième de notre Flop 10 tricolore de l'année.Oyez oyez braves âmes bien pensantes, prenez vos poses les plus outrées, l'heure est à l'indignation générale ! Une banderole a été déployée dans un stade ! Et elle n'est pas gentille ! Ce n'est pas bien de dire du mal des gens ! Il faut absolument rejouer le match, enfermer ces dangereux hooligans de l'écriture !
Jamais un affrontement verbal entre supporters n'avait déclenché une telle onde de choc au point que tous les politiques, et jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, tout le monde a son mot à dire. Le 29 mars, lors de la finale de la Coupe de la Ligue entre Lens et le PSG, les supporters parisiens déploient furtivement un message qui fera date : "
Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis". Passé quasi inaperçue sur le coup, ce n'est que le lendemain que tout le landerneau médiatique et politique se réveille, au point d'éclipser complètement le résultat du terrain. Cette analyse est aussi valable pour les sifflets de la Marseillaise lors de France-Tunisie le 14 octobre au Stade de France.
Une revanche pour une nouvelle banderole?Dans la cacophonie générale de la politique spectacle, nos hommes et femmes publiques rivalisent de frénésie de discours. Plus "abracadabrantesques" les uns que les autres : arrêt ou report du match, exclusion du club fautif, interdire les hymnes, ou ne plus jouer contre "ces pays-là". Une batterie de mesures inapplicables qui fleurent bon la démagogie et le populisme de la part de personnes qui sont censées montrer la voie de la raison et non pas surfer sur la vague émotionnelle.
Certes, si sur le plan strictement humoristique cette banderole est parfaitement réussie, elle n'est pas des plus bienvenues (c'est le cas de le dire...) dans un stade de foot. Une sorte de vanne de mauvais goût, souvent légion dans les stades, où il est vrai Kant et Spinoza ne font pas référence... Et heureusement pour tout le monde que la banderole suivante des supporters parisiens, "
désolé, on ne savait pas que vous saviez lire" a été interceptée de justesse. Finalement réintégré après en avoir été exclu, le PSG est toujours en course pour conserver son titre en 2009. Et hasard du tirage au sort, Paris et Lens vont se retrouver dès cette année le 14 janvier en quarts de finale au Parc des Princes... On se demande bien ce qu'il y aura d'écrit sur la future banderole...
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