Le 23/01/2009 - 08h55
Par
SPORTWEEK
Domenech encense Messi, Ribéry et Gourcuff
Le sélectionneur national Raymond Domenech est pile à l'heure pour un entretien de trois heures où il n'occultera aucune question. L'occasion pour lui de parler des joueurs de classe mondiale que sont Ribéry ou Messi...
Qui est le petit génie du football en ce moment ?Raymond Domenech : "Lionel Messi ou Franck Ribéry.
Et Yoann Gourcuff ?Tu
peux être génial sur de courtes périodes. Mais pour confirmer, il faut
durer. C'est ce que sont en train de réaliser Franck (Ribéry), ou Messi
justement. C'est ce qu'un mec comme Beckham a fait pendant quelque
temps.
Les incessantes comparaisons avec Zidane sont-elles bonnes pour lui ?J'ai
aimé ce qu'a déclaré dernièrement Christophe Dugarry, pour évoquer
Gourcuff et Zizou. Il a dit que Zidane avait fait ça pendant seize ans,
pas seulement pendant six mois. S'il continue de travailler, s'il ne
s'imagine pas qu'il suffit de faire un gri-gri dans un match pour être
performant et qu'il garde sa mentalité actuelle, il est bien parti pour
devenir un grand du football.
Est-ce
jubilatoire de l'avoir titularisé face à la Serbie [2-1, le 10
septembre 2008, ndlr] à un moment où certains étaient encore sceptiques
sur ses capacités à faire la différence au plus haut niveau ?[Ironique.]
Ah bon, il y a des gens qui s'en souviennent ? Je n'ai même pas demandé
un pourcentage sur ses contrats. [Rires.] Ce débat ne m'intéresse pas.
Mon objectif est de faire la meilleure équipe possible. Je n'ai pas
besoin de la reconnaissance des uns et des autres pour me dire que j'ai
vu juste avant tout le monde.
La
médiatisation à outrance des sportifs et la starification des
footballeurs complique-t-elle la gestion de l'équipe de France ?La
force d'un groupe permet, ou pas, de recadrer ceux qui oublieraient
qu'ils font partie d'un collectif. L'entraîneur, ensuite, doit jouer
son rôle, mais quand cela déborde, c'est déjà trop tard. Les
footballeurs sont des personnages publics et sont tous plus ou moins
cabotins. Ils aiment se montrer. Pour s'épanouir et s'exprimer dans un
métier public, il faut avoir ce côté-là.
Qu'est-ce que l'argent a changé dans le football ?De
mon point de vue, rien du tout. Il y a toujours eu des petits cons, des
vieux cons. Que certains gagnent dix fois plus que moi ne change rien à
l'affaire. Le sélectionneur ne fait pas le même métier que les joueurs.
Il n'y a donc pas de concurrence salariale entre mes joueurs et moi. Ce
n'est pas comme dans un club. C'est Guy Roux qui disait qu'un
entraîneur doit gagner un franc de plus que le joueur le mieux payé de
son effectif. C'est de cette façon qu'il a du crédit vis-à-vis de son
employeur. Le jour où ça coince un peu sur le plan sportif, il est plus
difficile de le licencier. J'ai la prétention de penser que le seul
rapport qui compte entre moi et mes joueurs, c'est un rapport de
compétence.
Y a-t-il un sportif auquel vous vouez une admiration sans borne ?Je
n'ai jamais eu d'idole. Mais pour moi, le mec qui descend dans la mine,
et je les ai vus quand j'évoluais en Alsace, qui a son marteau-piqueur
et qui est en maillot de bain alors qu'il fait - 10° C en surface mais
40° C en dessous, là j'ai un vrai brin d'admiration. C'est tellement
dur à imaginer. L'admiration, tu peux la situer où tu veux. Mais ce
n'est pas parce que le mec est médiatisé qu'il mérite plus d'admiration.
Entretien réalisé par la rédaction de Sportweek
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