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Les Bleus

Le 23/01/2009 - 09h00
Par SPORTWEEK

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Mondial 2006, Euro 2008, Mondial 2010... retour vers le futur pour Domenech

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Du Mondial 2006 qui lui "reste en travers de la gorge" à la Coupe du monde 2010, en passant par l'Euro 2008, Raymond Domenech s'est confié comme rarement. Rédacteur en chef du n°200 de Sportweek, il livre sa vérité.

Mardi 13 janvier. Raymond Domenech est pile à l'heure au rendez-vous. Un petit café, un bonjour amical à toute la rédaction de Sportweek et l'entretien peut démarrer. Pendant trois heures, séance photo incluse, le sélectionneur national va jouer à fond son rôle de rédacteur en chef et n'occultera aucune question. Entretien exclusif.

Savez-vous ce que vous ferez le jour où vous ne serez plus sélectionneur de l'équipe de France ?
Raymond Domenech : "Non. Pour moi, il n'y a pas de suite. Je pense au moment présent. Quand je me penche sur les différents épisodes de ma carrière d'entraîneur, je me rends compte que, bien souvent, rien n'était programmé. On me proposait un club et j'avais deux jours, parfois quelques minutes, pour donner une réponse.



Qu'avez-vous encore à prouver aujourd'hui ?
J'ai toujours en travers de la gorge le souvenir de la finale de Coupe du monde perdue en 2006. Je suis poussé par l'envie d'effacer ce souvenir douloureux. La seule solution, c'est de gagner en 2010... ou alors en 2014. Pourquoi pas ? On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Malgré ce que l'on peut penser, l'Allemagne n'est pas un bon souvenir. En finale, on marque trop tôt. Sur un penalty qui peut se discuter... Cela a créé 20 minutes de réaction de la part des Italiens. S'ils ne marquent pas durant ces 20 minutes, c'est plié en notre faveur.

Auriez-vous quitté vos fonctions en cas de victoire ?
Je ne me suis jamais posé la question. En y réfléchissant aujourd'hui, je ne pense pas que j'aurais mis un terme à ma carrière de sélectionneur.

Vous arrive-t-il de penser encore à l'Euro 2008 ?
[Il réfléchit.] L'Euro... J'ai fait ce qu'il fallait. J'ai fait le maximum. Vu les conditions. Après, j'ai mon côté fataliste. Le plus dur était de se remettre de ça. Gérard Houllier [le directeur technique national, ndlr] m'a dit : " Si tu as un doute, il vaut mieux que tu arrêtes. " Ce fut un bon conseil. J'ai pris un peu de temps pour me jauger. Je me suis demandé : " Est-ce que je crois en cette équipe, ai-je la force de continuer ? " Luis Aragones, en 2006, s'est fait massacrer par les médias espagnols, mais il a été conservé. Il avait une équipe jeune, qui se mettait en place, qui avait vécu quelque chose, qui avait souffert aussi...Aujourd'hui, ils sont champions d'Europe. Quand il y a un vrai projet qui se met place, que les gens savent où ils vont, tout chambouler ne sert à rien.



Entre le 17 juin dernier, jour de France-Italie, et le 3 juillet, jour de l'annonce de votre reconduction par le Conseil fédéral de la FFF, avez-vous été sollicité pour entraîner un club ?
Oui. J'ai reçu des propositions qui venaient tout droit de l'enfer. Plus sérieusement, je me suis coupé du monde. Je n'ai répondu à rien.

Comprenez-vous que votre demande en mariage à l'issue de cet Euro raté ait choqué les Français ?
Il n'y a pourtant eu aucune préméditation de ma part. Avec le recul, je n'aurais pas dû dire ça. J'ai eu un vrai moment de faiblesse. Je n'ai plus pensé que j'étais sélectionneur. J'étais déjà en vacances. Je ne me suis pas mis à la place des gens. C'est une erreur de demander cela à ce moment-là. Le métier de sélectionneur demande des exigences que j'ai oubliées pendant une minute...



Êtes-vous inquiet par l'état physique très précaire de Patrick Vieira ?
Je n'ai pas l'habitude de m'inquiéter avant l'heure. En ce moment, ça ne me pose pas de problème. Pat' a souffert. Il sait ce que ça veut dire d'être blessé. Il va prendre son temps. Quand il sera opérationnel, il jouera. J'espère qu'il sera là bien avant la Lituanie (29 mars-1er avril). [Il n'a pas souhaité réagir à l'éventuel retraite évoquée par le joueur, parue dans L'équipe le 16 janvier, ndlr].

Rassurez-nous. L'équipe de France va se qualifier pour la Coupe du monde 2010...
On va se qualifier... Mais ce sera difficile. Peut-être qu'on passera par les barrages. Depuis le temps que je le dis, ça va bien finir par arriver.

Entretien réalisé par la rédaction de Sportweek



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