Le 06/02/2009 - 07h56
Par
SPORTWEEK / Ronan Folgoas
EXCLU/Bernie Ecclestone : "Je suis le pompier de service"
SportWeek
En F 1, c'est le maître du monde. Interview exclusive d'un dictateur qui considère que la démocratie est "une perte de temps". 12 minutes chrono.
Bernie Ecclestone, quelle est la meilleure définition de votre job ?Bernie Ecclestone : "Je suis le firefighter. Le pompier. En service 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Mon métier consiste à éteindre le moindre début d'incendie susceptible de mettre en péril le business de la Formule 1. Et croyez-moi, ce n'est pas ça qui manque.
Combien d'écuries seront au départ du Grand Prix d'Australie le 29 mars prochain ?Honda a annoncé son retrait de la Formule 1 en décembre dernier. Honda Racing est donc actuellement à la recherche d'un repreneur. Du coup, tout le monde a l'air de penser qu'il n'y aura que neuf écuries sur la grille de départ. Mais moi, j'ai de bonnes raisons de penser qu'il y en aura dix.
Que peut-on vous souhaiter pour cette année 2009 ?L'essentiel, c'est le sport, le spectacle, le suspense. Je souhaite donc qu'on ait un bon championnat, encore meilleur qu'en 2008. Ce sera très difficile, compte tenu du scénario de l'an passé, où le titre de champion du monde s'est joué jusque dans le dernier tour du dernier Grand Prix de la saison... C'est quasiment impossible de revivre ce genre de chose, mais sait-on jamais ?
Que voulez-vous changer en priorité pour que la F1 survive à la crise ?Nous devons poursuivre le travail accompli depuis quelques temps déjà en matière de réduction des coûts de la Formule 1. La compétition peut rester passionnante pour les pilotes comme pour les écuries, tout en dépensant moins d'argent. Ce n'est plus une question de philosophie. C'est une nécessité dans le contexte de la crise de l'industrie automobile.
Les grosses écuries dépensent plus de 400 millions d'euros par an. De quel ordre peut être la réduction que vous appelez de vos voeux ?Compte tenu des décisions qui ont déjà été prises, nous espérons réduire les budgets de 30 %. Cela commence par la limitation de l'usage des souffleries ou du nombre de journées d'essais. Cela se poursuivra en 2010 avec une importante réglementation sur les moteurs.
Vous avez 78 ans et, à vous écouter, on a l'impression que votre motivation est intacte. Vous souhaitez développer le business de la F1, encore et toujours...Ma vie est telle que je n'ai jamais de temps libre. J'aimerais parfois me poser sur un sofa et prendre le temps. Mais je ne le fais jamais, c'est comme ça. Ce qui me pousse à me lever tôt chaque matin, c'est l'objectif de dégager des profits. Et c'est par rapport à cela que l'on me juge. Je suis un businessman. Je ne suis pas un coureur de 100 mètres.
Dans quelles régions du monde souhaitez-vous encore exporter la Formule 1 ?Nous avons signé des contrats avec l'Inde et la Corée du Sud. Nous aurons des Grand Prix là-bas dès 2011. C'est un challenge extraordinaire pour la F1.
Après le retrait du Grand Prix de France et du Grand Prix du Canada, allez-vous supprimer d'autres Grands Prix européens ?L'idéal serait d'allonger le calendrier et de conserver le plus grand nombre possible de Grands Prix. Je vais tout faire pour que cela soit faisable.
Le Grand Prix de France, absent des calendriers 2009 et 2010, a-t-il encore un avenir ?Bien sûr, j'ai très envie que la France retrouve un Grand Prix. Le retour d'une date française au calendrier n'est qu'une question de temps. Les Français connaissent très bien mes conditions. Ce n'est pas ici que je vais les détailler. Mais je leur fais toute confiance pour monter un beau projet."
Propos recueillis par Ronan Folgoas
Participez aux tournois de poker SportWeek
Poker : Jusqu'à 1 000$ de bonus
Poker : Gagnez des $ en jouant gratuitement
Soyez le premier à donner votre avis