Le 11/02/2009 - 16h19
Par
SPORTWEEK / Matthieu Sustrac
Ron Dennis : "Ne pas endommager l'ADN de la F1"
SportWeek
Alors que Lewis Hamilton recevait la palme d'or du 24e Festival Automobile International, nous avons approché son mentor, Ron Dennis. Le big boss de McLaren nous parle de son protégé et de la saison à venir.
La F1 n'est-elle pas en train de mourir petit à petit ?Ron Dennis : "La crise n'a pas forcement un gros impact car de gros efforts sont faits par les écuries. Je ne crois pas que la F1 soit en danger. On va continuer dans cette voie. Nous ne nous arrêterons pas là et en ferons encore davantage. Il ne faudra toutefois pas endommager l'ADN de la discipline et son spectacle. La F1 c'est le pinacle du sport automobile et cela doit le rester.
Les équipes ont baissé les couts de production. Avez-vous une estimation de la réduction de cette année ?"On ne peut vraiment estimer la réduction du budget. Je crois que les top-teams vont réduire leurs coûts de 10 et 15%. Pour les plus petites écuries c'est plus dramatique, de l'ordre de 30 à 50%. Cela sera beaucoup plus significatif l'année prochaine mais nous avons déjà largement commencé à réagir. En 2010, les plus petites équipes pourront profiter de moteurs et boîtes de vitesses à moindre coût".
Les grosses équipes vont-elles faire moins de recherche ?"Non, une grosse équipe qui fait tout le travail de développement et de recherche va encore dépenser plus de 100 millions pour le moteur et la boîte de vitesses. Les petites équipes pourront avoir exactement les mêmes produits pour 6,5 millions d'euros".
Le Kers ne fait pas baisser les prix...On avait décidé avant la crise... Il fallait une décision collégiale pour remettre cette décision en cause car la F1 est un sport démocratique. Cela montre que la F1 peut avoir une approche écologique même si c'est au détriment des couts.
Que vous inspire le changement de règles ? Est-ce que cela va resserrer le championnat ? L'an passé, nous avions 5 écuries en lice pour la victoire, ce nombre pourrait baisser..."Il n'y aura pas d'impact positif ou négatif. Je crois que le changement est surtout une opportunité pour les petites équipes d'avoir des meilleures voitures. Je crois que McLaren est très forte, nous avons bossé 18 mois sur cette voiture et je crois que nous avons fait du bon travail".
L'aspect des monoplaces a considérablement changé..."Il y a beaucoup de différences entre les voitures. Cela se voit à l'oeil nu. Je crois que la notre est plutôt belle à regarder... d'autres le sont moins mais vous ne me ferez pas dire lesquelles".
La météo a perturbé beaucoup d'essais, nous n'avons qu'une idée imprécise du potentiel des écuries. Où en est McLaren ?"Il est bien trop tôt pour se faire une idée. Pour le moment, personne ne sait qui a la voiture la plus efficace. On craint bien sûr d'avoir fait le mauvais choix. Tout le monde espère avoir fait la bonne interprétation et trouver le petit plus qui donne l'avantage décisif. J'espère que cela sera McLaren".
Renault, peut-il être considéré comme un adversaire dangereux ?"C'est une équipe comme les autres. Ils ont gagné l'an dernier et ils n'y a pas de raison qu'ils n'arrivent pas à maintenir leur niveau de performance. Il est trop tôt pour faire des prédictions. On n'a pas encore de points de comparaison".
Quel est l'objectif de McLaren ? Faire le doublé avec Lewis Hamilton est-il plus important que le titre constructeur ?"Nous voulons gagner toutes les courses. On ne fait pas de choix en début de saison. Lewis a passé de très bonnes vacances et n'a jamais stoppé de s'entretenir physiquement. Il a coupé pendant 6 semaines car après le Brésil, il était un peu tendu. Je crois qu'il s'engage toujours autant à nos côtés et à participé au processus de fabrication. Il est prêt pour gagner de nouveau. Quant à Heiki, il est dans de meilleures dispositions que l'an passé où il est arrivé très fatigué et va s'améliorer. Il sera l'un des pilotes qui va le plus progresser de la grille car il a travaillé très dur cet hiver".
Vous quittez votre poste opérationnel le 1er mars, serez-vous à Melbourne ?"Bien sûr ! Je ne prends pas ma retraite. Ma vie est très peu différente de ce qu'elle était avant. J'ai pris un peu de recul mais je continue en tant que président exécutif de l'entreprise McLaren. Je ne prendrais plus les décisions dans la pit-lane mais je suis encore là. J'ai encore de l'enthousiasme et je suis là pour développer le reste du groupe".
Quels ont été vos meilleurs et vos pires moments sur les GP?"Je peux en parler des heures de ces moments de plaisir et de peine. La première victoire avec une voiture entièrement faites par nous restera comme un grand moment, un moment infini. Les titres de champions du mondes des pilotes et des constructeurs sont tous présents dans ma mémoire mais ça serait trop long de développer tout ça et de rassembler toutes ces émotions. Je garde tous ces éclats de rire lors des GP, ce sens de l'humour avec les gens dans l'intimité de l'équipe. Je sais qu'à la fin je me dirais que j'ai eu une vie formidable, j'aime cette vie même si parfois ce n'est que du business".
Et vos pires moments ?"(rires) Je n'ai pas de mauvais moments. C'est le passé. Je suis un homme qui regarde vers l'avenir. Il nous réserve encore de belles choses et je ne pense pas au passé".
Propos recueillis par Matthieu SustracLe 24e Festival International de l'Automobile se déroule jusqu'au 15 février en l'hôtel des Invalides, à Paris. Une exposition de concept-cars est ouverte au public pour le prix de 9 euros. L'entrée est gratuite pour les moins de 10 ans.
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