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BARRETTE MYFREESPORT

Assia El'Hannouni : "Je cours avec ma tête"

publié le 04/09/2008 - 09h47, par SPORT / Ronan Folgoas



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Le porte-drapeau de la délégation tricolore au Jeux paralympiques de Pékin, qui avait remporté quatre médailles d'or à Athènes en 2004, participera à quatre courses dans la catégorie des malvoyants.

Après vos quatre titres paralympiques aux Jeux d'Athènes en 2004 (100 m, 200 m, 400 m et 800 m), que pouvez-vous espérer de mieux ?
Assia El'Hannouni  : J'espère conserver mes deux titres du 400 m et du 800 m. L'inverse serait une grosse déception. Sur 200 m, ce sera plus difficile. Il ne faut pas se voiler la face, je ne suis pas une vraie sprinteuse. Quant au 100 m, j'ai fait une croix dessus, de peur de multiplier les courses et j'ai préféré opter pour le 1 500 m.

Pensez-vous que le regard de la société sur les sportifs handicapés est en train de changer ?
Les Jeux paralympiques d'Athènes ont contribué à faire évoluer certaines croyances. Le public a réalisé que le handisport ne se résumait pas à des courses entre athlètes en fauteuil, mais qu'il y avait aussi des athlètes amputés des membres inférieurs qui couraient grâce à des prothèses. D'autres ont compris qu'il y avait une nuance entre malvoyants et non-voyants.

Quels bénéfices tirez-vous de vos entraînements avec les sportifs valides du Paris Université Club ?
C'est la seule manière de continuer à progresser. Sur le demi-fond, 800 m et 1 500 m, je profite du rythme des courses pour réaliser des chronos que je ne réaliserais jamais si je courais seule en tête d'une course handisport. Sinon, j'ai surtout progressé sur le plan mental. Dans les premiers temps, j'étais complètement démoralisée. J'avais perdu confiance en moi. Alors que j'étais habituée à dominer toutes mes courses, il m'a fallu apprendre la défaite. J'ai dû ravaler mon orgueil.  

Comment court-on un 800 m quand on ne distingue pas ses adversaires ?
Je les repère au bruit de leurs foulées et de leur souffle. C'est ainsi depuis toujours. Sur le plan tactique, en revanche, j'ai changé ma manière de courir depuis un an. Auparavant, je restais dans le couloir n° 3 afin d'être tranquille, ce qui m'obligeait à parcourir une plus grande distance et à griller plus d'énergie. Aujourd'hui, je n'hésite plus à me rabattre dans le couloir n°1. J'ai appris à me caler sur le rythme d'une athlète placée juste devant moi.

Vous êtes actuellement au niveau des meilleures athlètes françaises valides sur 800 m. Ne vous ennuyez-vous pas sur les épreuves handisport ?
Je peux parfois gagner sans être au maximum de mes capacités. C'est vrai en particulier sur 800 m. Mais je ne vais pas à Pékin pour assommer la compétition et pulvériser un record. J'ai pour mission de remporter l'or, ce qui suppose que je coure avec ma tête, sans prendre de risques. Je sais aussi que la concurrence sera plus forte qu'il y a quatre ans. "

Propos recueillis par Ronan Folgoas


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