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BARRETTE MYFREESPORT

Le Journal des Bleus : Du bleu, du bleu et encore du bleu

publié le 22/08/2008 - 18h57, par SPORT / Alexandre Herbinet



Quatre médailles, dont une en or. Un vrai vendredi azur après un jeudi noir. La France retrouve des couleurs. Avec encore quelques déceptions de "stars" attendues. Histoire de garder la forme pékinoise.

Ils l'ont fait, elle l'a fait. Ils, les handballeurs, sur la route de la gloire avec une première finale olympique historique abordée en favoris face à l'Islande. Elle, Anne-Caroline Chausson, sortie de sa retraite en 2006 pour s'offrir l'or du BMX, un métal qui lui va si bien au teint. La France a trouvé Chausson à son pied et les handballeurs s'y sont glissés. C'est beau, c'est bon, et ça redonne des couleurs avant les deux derniers jours de ces Jeux de Pékin. Et ça nous offre un week-end pour rêver. Julien Absalon et son VTT, Khedafi Djelkhir et ses gants de boxe en finale, Mickaël Borot et sa "justice divine" en taekwondo le samedi. Le boxeur Daouda Sow pour l'or et surtout les handballeurs pour un exploit qui les ferait changer de dimension - et leur sport avec eux - le dimanche. Il reste moins de 48 heures avant de voir la flamme olympique s'éteindre dans le "Nid d'oiseau". Mais elles peuvent être folles, folles, folles, en bleu, blanc et rouge. Si tout va bien, la délégation tricolore peut afficher dix breloques dorées au terme des Jeux et sauver la face. Si tout va mal, le compteur sera bloqué à cinq - il y a peu de chance, on vous rassure - et des dents vont grincer à tous les niveaux du sport français. Du suspense, de l'intensité, des drames, des retournements de situation. Un thriller sportif en temps réel. Tout ce qu'on aime. En deux jours.

Chausson a pris son pied

Hommage à Chausson, on l'a compris, car elle au moins a assumé son statut de favorite attendue, chose rare par les temps qui courent dans le camp français, et va maintenant pouvoir "entrer dans la vie active et faire un enfant", mais aussi à sa suivante sur le podium du BMX, Laëtitia Le Courguille. Un doublé tricolore ! Le premier des Jeux. Seul bémol : la discipline, spectaculaire à souhait et dont sont adeptes de nombreux jeunes, ne parle pas à beaucoup de gens au pays. Mais pas question de bouder notre plaisir. Merci les filles. Vous touchez le sommet de votre discipline sans oublier de relever le compteur de ces dames, qui ont maintenant fourni six de nos 34 médailles, et non plus trois. Six ? Eh ben oui, il y a aussi la belle Gwladys Epangue, sortie par sa bête noire coréenne en demi-finale des - 67 kg (taekwondo) mais assez forte dans sa tête pour aller chercher le bronze. Bravo à elle. La voir sourire en partant au combat, et même dans la défaite, reste une bouffée d'air frais fabuleuse. Gwladys, c'est l'oeil du tigre et la malice du chat. Elle est si méritée, cette breloque. Même si Epangue était venue à Pékin en chercheuse d'or.

Vastine, le bronze amer

 34 médailles (onzième au classement des nations), donc, ou une de plus qu'à Athènes. Avec le week-end à venir, les Bleus peuvent rêver à s'approcher des 40, premier objectif annoncé. Et si l'or est au rendez-vous partout ces deux derniers jours, on flirtera avec cette "sixième ou septième place" chère à Bernard Laporte. La France telle un phénix ? Et pourquoi pas ? La dernière breloque du jour revient au boxeur Alexis Vastine, bronzé dans la catégorie des 64 kg. On a pourtant envie de pleurer, comme lui, tant le dégoût nous monte à la bouche à force de se répéter le scénario de sa demie. Domination, adversaire truqueur, et le gamin est pénalisé, défaite à la clef. Dans la salle, beaucoup n'hésitaient pas à parler d'arbitre acheté ou corrompu. On va les suivre sur cette voie. Esprit olympique ou pas, rien ne pourra nous enlever cette idée de la tête.

Diniz marche à l'ombre

Et les déceptions dans tout ça ? Ben comme d'hab', elles viennent des "stars" attendues. Un passage obligatoire, l'équipe de France a un standing à respecter... Yohann Diniz - abandon sur 50 km marche - a beau évoquer le mal de ventre, un coup de chaud et un problème à l'ischio de sa jambe gauche, des raisons valables, on n'en doute pas, son entraîneur en donne l'origine : "Il a certainement de vrais maux. Mais quand la douleur surpasse la tête, alors que le mental est justement sa grande force, il y a un problème. Ce mal de ventre, c'est la pathologie même du stress. Depuis trois jours, la pression de l'événement l'avait rattrapé et le doute s'était installé peu à peu. Les JO, c'est hors normes. On est impuissante face à ça. Et quand on est sur le fil du rasoir, on se chope inconsciemment toutes les merdes, comme ce mal de ventre." Au fait, juste comme ça, au passage, sachez que l'athlétisme français a glané une seule médaille à Pékin, Mahiedine Mekhissi-Benabbad, sur 3.000 m steeple, et... trois en tout sur les trois dernières éditions des Jeux, sans le moindre titre. Une longue chute sans fin. Il va falloir se réveiller avant Londres...

Amélie Cazé - neuvième du pentathlon -, elle, n'a pas eu le même souci que Diniz. Double championne du monde en titre, encore quatrième avant la dernière épreuve, la prof d'EPS la plus polyvalente de France a craqué sur le 3.000 mètres. "C'est la vie, c'est le sport, j'ai tout donné", glisse-t-elle au Club France. Elle n'a pas tort. Mais on aurait tellement aimé voir son beau sourire paré de l'or olympique. Comme Anne-Caroline. Et peut-être comme bien d'autres athlètes tricolores ce week-end. 48 heures pour rêver. C'est long. Et en général, on vous l'a déjà dit, plus c'est long, plus c'est bon.

 De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet



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