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BARRETTE MYFREESPORT

Boris Sanson : "Ce n'est pas une revanche"

publié le 17/08/2008 - 15h50, par SPORT / Alexandre Herbinet



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Remplaçant à Athènes en 2004, le sabreur n'avait pu monter sur le podium alors que la France remportait la médaille d'or par équipes. A Pékin en 2008, Boris Sanson est champion olympique et il savoure comme il se doit.

A Athènes, en 2004, il était remplaçant et n'avait pu goûter au bonheur de recevoir la médaille d'or du sabre par équipes remportée par ses copains alors qu'il était tout proche de rentrer en finale après une blessure à la main de Damien Touya. Alors aujourd'hui, Boris Sanson savoure ce nouveau titre collectif à sa juste valeur. Sans oublier son pote Vincent Anstett, qui se retrouve dans le même cas que lui il y a quatre ans.

Cette médaille d'or efface-t-elle la frustration d'Athènes ?

Boris Sanson : "Ce ne sont pas quatre ans effacés car chaque expérience permet de pouvoir avancer et progresser. On garde les choses dans le passé et là c'est une belle aventure de quatre ans qu'on vient de finir, avec beaucoup de travail personnel et collectif. On a essayé de travailler dans le bon sens et ça a payé, c'est une très bonne chose, on est vraiment très heureux. On s'est battus, ça a vraiment été très difficile même si le score est un peu large en finale (45-37 face aux Etats-Unis, ndlr). Les matches étaient très difficiles donc on est très heureux d'avoir enfin gagné cette médaille d'or que je n'avais pas eu il y a quatre ans. Ce n'est pas une revanche, c'était un souhait, c'était un rêve et je l'ai eu. Je tiens à dédier cette médaille à mon père, tout simplement.

Après Athènes, vous sembliez très marqué par le fait de ne pas avoir pu goûter à une médaille d'or.
2004, je l'ai vécu très difficilement juste après. Mais je ne suis pas revanchard. J'essaye toujours de chercher ce qu'il y a de positif dans chaque chose, j'essaye d'avancer, de continuer à progresser par le travail. Les gens qui nous entourent, les gens qui nous soutiennent m'ont permis de pouvoir continuer. Mais ça n'a pas été une expérience négative, la preuve je suis là aujourd'hui et j'ai réussi à faire quelque chose par équipes. J'aurais aimé réussir en individuel mais il s'est avéré que ça a été assez difficile pour moi, je n'ai pas réussi à bien gérer les différentes situations. J'ai connu une année difficile donc je suis très heureux d'être là maintenant et de pouvoir fêter cette médaille. Je remercie tous les gens qui m'ont entouré, les très proches comme ceux un peu plus lointains.

Lors des dernières touches, vous encouragiez Julien Pillet par de grands cris. Que lui disiez-vous ?
Julien, je lui ai dit que c'était lui le patron, le plus fort. Il fallait le motiver, il en avait besoin, il m'a demandé de lui donner l'énergie que j'avais. J'ai essayé de le faire, on était connectés, moi sur le côté, lui sur la piste, pour que je lui donne tout ce que j'avais. Il faut qu'il ait confiance, là ça a été le cas, et on a réussi à mettre les dernières touches. Le score était un peu avancé mais il a trouvé l'énergie pour mettre les dernières touches et ce n'est pas évident car le dernier relais est très difficile à gérer. Je suis très content de l'équipe qu'on a pu avoir, ça fait quatre ans qu'on évolue ensemble et c'est une très belle chose pour nous.

Vous avez même levé le poing en signe de victoire juste avant la dernière touche de Julien Pillet.
C'était vraiment pour donner de l'énergie à Julien, influer sur l'énergie dont il avait besoin. Il me l'a demandé et j'ai vraiment essayé de tout donner. Je me sentais bien sur cette finale donc j'ai essayé de lui apporter toutes les ressources nécessaires. J'y croyais et ça a été une belle victoire.

Êtes-vous également déçu pour Vincent Anstett, qui se retrouve privé de médaille d'or et dans une situation similaire à la vôtre il y a quatre ans ?
C'est vrai que la situation de Vincent est difficile pour lui. J'ai vécu ça il y a quatre ans mais comme je lui disais, on n'est pas trois, on est quatre, même si l'idiotie d'un règlement discrédite un peu l'image d'une équipe. Je trouve ça carrément dommage. Vincent a été avec nous pendant tout ce temps-là et on pense à lui, il est avec nous. On pense aussi aux gars de l'INSEP qui s'entraînent avec nous. On a aussi fait ça pour eux et pour tout le monde donc on est très contents de l'avoir fait."

De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet


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