Sports Sports loisirs Sport TV Communauté
Rechercher
sportweek.fr > Sports > Jeux Olympiques Pékin 2008 > Escrime
BARRETTE MYFREESPORT

Fabrice Jeannet : "La fête est gachée"

publié le 15/08/2008 - 17h35, par SPORT / Alexandre Herbinet



SportWeek SportWeek
Très heureux de remporter l'épée par équipes pour sa dernière compétition, le vice-champion olympique individuel ne digère pas la décision arbitrale empêchant de rentrer Jean-Michel Lucenay, remplaçant privé de médaille.

Après sa médaille d'argent en individuel, Fabrice Jeannet tirait une tête de deux mètres de long. Après l'or par équipes, le deuxième consécutif quatre ans après Athènes, c'était un peu pareil. La faute à l'arbitre, qui a refusé de considérer la blessure - peut-être un peu accentuée histoire de tenter le coup - au poignet de Jérôme Jeannet comme assez grave pour permettre au remplaçant, Jean-Michel Lucenay, de rentrer et de pouvoir ainsi récolter lui aussi sa breloque (il faut soit un changement tactique avant le match soit un changement sur blessure en cours de match pour faire entrer le remplaçant). Comme une preuve de l'esprit d'équipe qui a toujours drivé les troupes tricolores. Reste maintenant à Fabrice à affronter son nouveau challenge : la vie active, loin des pistes d'escrime. " Tout va changer, glisse son frère Jérôme. Je suis content car on a fait de super compétitions ensemble, on a glané tous les titres possibles ensemble, tout ce qui peut se faire par équipe on l'a gagné. Qu'est-ce qu'on peut rêver de mieux ? " Une médaille pour Lucenay.

 

Vous gagnez 45-29, le plus gros écart de l'histoire en finale olympique. Peut-on parler d'un match de rêve ?

Fabrice Jeannet : " Ça s'est super bien passé, ça a suivi le scénario qu'on espérait, c'est-à-dire qu'on a été vite devant et que derrière on a pu gérer notre avance et même capitaliser. C'était le scénario rêvé. On ne peut pas rêver mieux. Mis à part peut-être une quatrième médaille.

 

Le règlement dit qu'il faut participer pour obtenir une médaille...

Ce n'est pas que Jean-Michel n'a pas participé à notre médaille. Au contraire. Il la mérite autant que nous. Même s'il n'a pas eu l'occasion de rentrer, il y a eu du travail fait avant et on est très déçus qu'il ne puisse pas l'avoir, tout simplement être médaillé comme tout le monde. Je ne vois pas ce que ça coûte de médailler toute l'équipe, je ne trouve pas ça correct. Le règlement est super mal fait. C'est une équipe de quatre personnes. Pas trois plus un qui ne sert à rien. Une équipe, c'est quatre personnes et voilà. Ça gâche un peu la fête.

 

Comment pouvez-vous le consoler ?

Je ne sais pas si c'est vraiment possible de le réconforter. J'essaye de me mettre à sa place et c'est vraiment difficile. Il a participé à tout le travail, il est sélectionné et parce que le règlement impose des quotas et des règles de remplacement complètement stupides, il n'est pas médaillé. Il la mérite autant que nous, il fait partie de l'équipe et c'est intolérable de voir des choses comme ça.

 

Jérôme a-t-il simulé sa blessure pour tenter de faire rentrer Lucenay ?

Il n'y a pas de simulation. Jérôme se blesse en chutant, c'est une occasion de le faire rentrer et l'arbitre estime qu'il n'y a pas de raison médicale valable. Alors que Jérôme peut à peine tenir l'épée. Le Polonais a été assez sport pour ne pas insister et ne pas tirer sur l'ambulance (il a laissé filer le temps restant dans la manche sans attaquer Jeannet, ndlr).

 

Malgré la déception pour Lucenay, vous souriez à la fin...

Je souris car j'essaye un peu d'entraîner tout ça. C'est dur de gagner une médaille olympique et voir tout le monde faire la gueule, ça ne fait pas super plaisir non plus. Ça reste une superbe victoire et il faut l'apprécier à sa juste valeur mais c'est vrai que c'est très très décevant de ne pas pouvoir la partager à quatre, que ce ne soit pas acté et que Jean-Mich' ne reparte pas avec sa médaille comme il devrait.

 

Après votre médaille d'argent en individuel, vous étiez apparu mécontent. Comme s'il vous restait toujours quelque chose en travers de la gorge après chacune de ces deux médailles.

Ben ouais. Qu'est-ce que vous voulez ? C'est du sport mais les règlements ne sont pas toujours bien faits.

 

Pour votre dernière compétition, pouviez-vous rêver meilleure sortie ?

Je ne suis pas mécontent de finir sur une victoire, il n'y a pas photo là-dessus. Ça s'est fini de la meilleure des manières sur le plan sportif. Même sans ça, je m'en serais allé le coeur léger mais bon là, voilà, ça y est, c'est fait.

 

Qu'est-ce qui se profile dans votre futur proche maintenant que la page escrime de haut niveau est tournée ?

Demain, pour moi, c'est la vie active, la famille. Le schéma classique je suppose...

 

Vous remportez deux médailles à Pékin. Vous attendiez-vous à une telle réussite ?

J'allais aux Jeux pour faire ça. Je n'ai pas la prétention de dire que je me voyais déjà sur les deux podiums mais c'était l'objectif en venant en tout cas.

 

Que vous restera-t-il de votre carrière ?

Si je me retourne sur ma carrière, il y a beaucoup de souvenirs et ils ne sont pas forcément tous sportifs. Sur ces Jeux, en tout cas, ça restera plus le côté humain que le côté sportif du truc. J'ai vécu des trucs que je n'avais jamais vécu avant, même en championnat du monde, même après la victoire à Athènes. C'était vraiment particulier avec tout le monde, les remplaçants, le groupe France, le médical. Il y avait vraiment une super super ambiance. Même avec les autres sports dans le village. Moi, humainement, j'ai vécu des trucs exceptionnels.

 

C'était plus fort qu'à Athènes ?

Ouais. Il n'y a pas photo. J'étais aussi là pour plus en profiter, dans un autre état d'esprit que pour les Jeux de 2004. Là, sincèrement, le côté humain, c'est ce que je retiendrai des Jeux, plus que les résultats sportifs.

 

Ce soir, ce n'était pas seulement votre dernière à vous, mais aussi celle de votre entraîneur, maître Stéphane Riboud.

Lui il ne quitte pas tout à fait le milieu. Il va devenir entraîneur de l'équipe féminine, je pense que c'est annoncé. Il part sur un nouveau challenge. Il a été très important pour nous. On a eu la chance d'avoir une super continuité au niveau des entraîneurs depuis Michel Sicard. Dans ma carrière, ça s'est bien enchaîné. Donc Stéphane a forcément une place particulière dans mon coeur.

 

De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet



plus d'infos

commentaires
Soyez le premier à donner votre avis


autres articles
SportWeek
Christian Bauer en a fini avec ses chinoiseries

publié le 20/08,
par SPORT / Alexandre Herbinet
SportWeek
SportWeek
Boris Sanson : "Ce n'est pas une revanche"

publié le 17/08,
par SPORT / Alexandre Herbinet
SportWeek
Les sabreurs tricolores touchent l'or

publié le 17/08,
par SPORT / Ludivine Morbin
SportWeek
Le Journal des Bleus : La nuit des héros

publié le 17/08,
par SPORT / Alexandre Herbinet
> tous les articles


mots clés