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BARRETTE MYFREESPORT

Le Journal des Bleus : La nuit des héros

publié le 17/08/2008 - 12h20, par SPORT / Alexandre Herbinet



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Jérôme Thomas a pris neuf kilos en cinq jours, les nageurs sont devenus aphones, Manaudou fait jaser, les judokas enflamment la piste : bienvenue dans la vie nocturne tricolore à Pékin.

A Pékin, c'est tous les jours la fête. La vraie, celle qui se termine aux aurores, le jour déjà bien levé et les yeux tout petits tout petits. Pour les Bleus comme pour les autres. Alors le samedi soir, on ne vous en parle même pas... Mais si, allez, on vous raconte. Tout commence au Club France, QG de la délégation, où Jérôme Jeannet arbore un bandage au poignet, preuve qu'il n'en avait pas rajouté sur sa blessure en finale de l'épée par équipes (médaille d'or pour la France) pour tenter de faire rentrer le remplaçant Jean-Michel Lucenay, privé de sa breloque à la faveur d'un règlement stupide. Les judokas, qui en ont terminé avec leurs épreuves depuis la veille, sont réunis pour un dîner avec les cadres fédéraux. Ambiance bon enfant pour fêter les quatre médailles des squatteurs de tatami. En mode "on se lâche avant le départ prévu pour lundi", Teddy Riner et ses potes font la tournée des popotes médiatiques. Les bouteilles de champagne sont de sortie sur le plateau d'Orange Sport. Tout comme sur celui de la radio RMC, où les fous rires entre Teddy - qui s'est offert quelques passages au McDo pour se faire plaisir après sa première sortie nocturne de la veille - et son pote boxeur Jérôme Thomas obligent Vincent Moscato, rugbyman à la voix chantante reconverti comme animateur, à taper du poing sur la table : " Non mais les gars, faut être sérieux un peu, c'est n'importe quoi. On parle de sport où on fait les cons ? "

 Les responsables d'adidas viennent souffler à l'oreille de leurs athlètes - dont Riner et Thomas - de se calmer un peu. L'image de la marque, toujours, même quand ces jeunes comme les autres peuvent légitimement prétendre à se lâcher après des mois de préparation et de sacrifices... L'ambiance se refroidit d'un coup. Mais nos champions gardent le sourire. Plus tard dans la nuit, Thomas nous confiera : " Il a un peu craqué Moscato. Si tu ne veux pas de bordel, tu ne nous invites pas alors que c'est le soir où on veut faire la fête. "

Déchaîné, Moscato s'en prend ensuite aux nageurs de l'équipe de France : " Tous les autres sont là et eux ne viennent pas nous parler alors qu'ils ont fini leurs Jeux. Je ne les remercie pas pour cette attitude. " Seul hic : la faute n'incombe pas à Bernard et sa bande, prêts à partager leur bonheur, mais au DTN Claude Fauquet, dont beaucoup de journalistes français se moquent en évoquant sa tête qui ne passerait " même plus dans le portique de sécurité du Club France tant elle a enflé ". Fauquet a instauré le black-out médiatique de ses nageurs pour ce samedi soir - sauf sur France Télévisions, bien sûr, faudrait pas se fâcher avec le tout puissant diffuseur cathodique des Jeux - et ne leur permettra de rester que quelques minutes dans la salle de réception du rez-de-chaussée pour partager champagne et sourires avec leurs supporters. Merci Claude...

On apprend tout de même qu'une conférence de presse de l'équipe de natation sera organisée dimanche en fin d'après-midi. Mais l'attitude de Fauquet a tellement dégoûté qu'un vent de révolte souffle et certains n'hésitent pas à vouloir boycotter " l'événement ". Vu le courage des médias en France, on serait tenté de croire qu'ils seront tout de même tous là. Sportweekiens, sportweekiennes, votre serviteur ne craquera pas. Ce soir, c'est escrime et la chance de médaille d'or du sabre ! Le reste de la nuit des nageurs ? Au Block 8, l'une des boîtes pékinoises les plus chères et sélects. La natation tricolore a bien basculé dans un autre monde. La veille, Federica Pellegrini et Luca Marin, la rivale et l'ex de Manaudou, avaient été croisés au Suzy Wong, autre lieu branché souvent prisé par les champions tricolores. Juste pour rire, comme ça, on aurait aimé voir Laure croiser le couple. Quelque chose nous dit que la rencontre aurait pu faire des étincelles...

Au fait, tant qu'on parle bassins : une rumeur enfle autour de la délégation française à Beijing. Laure Manaudou, notre reine sans couronne, aurait trouvé un nouvel ami français adepte de la baballe. Si la chose se révèle véridique, une autre rumeur prendrait corps : Benjamin Stasiulis, plus vraiment "l'officiel" de la belle Laure, n'aurait pas du tout, mais alors pas du tout, aimé voir sa "chérie" s'offrir une petite aventure olympique. Au point de jouer des poings. Une certitude après plus d'une semaine de compétition : aux Jeux, on en apprend bien plus sur les coulisses que sur le sport en lui-même... Les nageurs passent leur samedi soir au Block 8, donc, et les autres filent au China Doll, night club de la capitale chinoise à jamais rentré dans la postérité.

Les escrimeurs, les judokas, des lutteurs, des gymnastes, des boxeurs, une grosse colonie française débarque au cinquième étage du 3.3 Building (une précision juste au cas où vous comptiez passer de prochaines vacances à Pékin). Il fallait voir la tête du videur quand Teddy Riner se présente devant lui... Les yeux vers le ciel, le malabar de la sécurité se rend compte que si jamais il doit essayer de sortir le gentil géant, c'est bien lui qui risque de faire un vol plané en direction du trottoir. A l'intérieur, l'ambiance est explosive. Les bouteilles de vodka sont de sortie. Les champions décompressent après ces mois de sacrifices et ces quelques jours d'épreuves. Le patchwork des athlètes présents ? Teddy Riner, donc, Jérôme Thomas, Benjamin Darbelet, Lucie Décosse, Gévrise Emane, Brice Guyart, Erwann Le Péchoux, les frères Fabrice et Jérôme Jeannet, Anne-Lise Touya, j'en passe et des meilleurs.

Ils sont jeunes, ils dansent, ils rigolent, ils s'amusent. Et ils l'ont bien mérité. Quoi de plus normal ? Riner aimante les jeunes femmes, qui se pressent pour le saluer, certainement attirées par son anatomie hors normes. Il reste un parfait gentleman et n'abuse à aucun moment de sa notoriété. Thomas, qui veut monter de catégorie, nous exhibe son ventre : "J'ai pris neuf kilos en cinq jours, je suis à 60 kg... à jeun. Je mange, je mange, je mange, je ne fais que ça." Une autre responsable d'adidas, présente dans la boîte, revient prendre la tête à ses sportifs sous contrat pour l'épisode Moscato. Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des Sports (et aussi de la Jeunesse et de la Vie Associative, même si on l'oublie trop souvent tant il s'occupe bien de ces autres prérogatives...), ne serait lui non plus pas très heureux de l'image véhiculée par nos champions. Question : ils ne s'amusent jamais, chez la marque aux trois bandes ou au gouvernement ? Nous si. On peut vous l'assurer.

De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet




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