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BARRETTE MYFREESPORT

Le Journal des Bleus : On est les champions, on est les champions !

publié le 24/08/2008 - 12h18, par SPORT / Alexandre Herbinet



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Le boxeur Daouda Sow échoue en finale et récolte l'argent. Mais le hand s'offre un titre historique avant l'extinction de la flamme. Peut-être bien le plus grand moment d'émotion tricolore à Pékin. Merci messieurs...

Les fans de foot en France, et ils sont nombreux, le savent bien. Rien ne remplace les émotions et les joies d'un sport collectif. Ce petit je-ne-sais-quoi qui vous file la chair de poule, cet esprit de corps, d'équipe, cette vision d'un groupe fraternel qui se transcende l'un pour l'autre en vue d'atteindre les sommets. Le handball n'échappe pas à la règle. Et tous les supporters tricolores qui viennent de voir les Bleus maîtriser l'Islande (28-23) sans crainte en finale du tournoi olympique, devant la télé comme dans les tribunes du National Indoor Gymnasium de Pékin, ne vont pas nous contredire. Ils l'ont fait ! Ils l'ont fait ! Magnifiques, éblouissants, solidaires, concentrés, athlétiques, efficaces, habités d'une force qui semblait les rendre invincibles - sept victoires, un nul - tout au long de la compétition, les "Experts" de Claude Onesta s'offrent une place de choix au panthéon du sport français. C'est beau, c'est fort, c'est jouissif, on tremble encore rien que d'y penser. Énorme. Juste énorme ! Si unis, si doués, Karabatic et sa bande de potes récoltent le Saint Graal au terme d'un tournoi sans fausse note. Champions d'Europe en 2006, champions du monde en 2001, champions olympiques en 2008. La génération dorée du hand a tout gagné et fait rentrer ce sport si spectaculaire dans une autre dimension. On ne vous oubliera pas de sitôt. Merci, vraiment mille mercis, messieurs.

A l'heure qu'il est, on ne sait pas encore combien de Français se sont retrouvés derrière la lucarne télévisuelle en ce dimanche matin pour observer un pan d'histoire s'écrire devant leurs yeux. On espère qu'ils étaient des millions. Ces champions le méritent bien. Une certitude : cette médaille d'or, septième et dernière de notre délégation, gardera toujours une place particulière dans notre coeur. A exploit XXL, souvenirs pour la vie. Bien sûr, il y a eu Alain Bernard, chercheur d'or sur 100 m nage libre, épreuve reine de la natation. Bien sûr, il y a eu Julien Absalon, le magicien du VTT, intouchable, seul sur sa planète, désormais double champion olympique de cross-country. Qu'ils ne nous en veuillent pas. Mais le grand moment d'émotion de ces Jeux restera pour nous cette finale du hand, ce dimanche 24 août, tout au bout de la quinzaine pékinoise, quelques maigres heures avant l'extinction de la flamme dans le "Nid d'oiseau". Pour des tas de raisons. Le je-ne-sais-quoi des sports collectifs, on nous en a parlé ci-dessus. Et puis l'ambiance, à part (on vous rassure, il restait des places vides, ça reste les Jeux de Pékin et quand il n'y a pas de Chinois en lice... eh bien certains préfèrent ne pas venir et avoir acheté des tickets pour rien !).

Plus de bruit qu'au Stade de France

Dans le superbe gymnase, coincé entre le "Cube d'eau" et la salle d'escrime, au coeur des installations olympiques, on a retrouvé un petit coin de France. On n'entendait qu'eux, les supporters tricolores, avec en leur sein la grande majorité des athlètes, médaillés ou non, encore présents dans la capitale chinoise. Aux "Allez les Bleus ! Allez les Bleus ! Allez les Bleus !" succédaient les "Ce soir on vous met... Ce soir on vous met le feu !" et autres "Aux armes ! Aux Armes ! Nous sommes les Français ! Et nous allons gagner !" ou "Qui ne saute pas n'est pas français !" - et on ne les cite pas tous. A 20-12, on a même entendu un "Mais ils sont où ? Mais ils sont où ? Mais ils sont où les Islandais ?" jubilatoire. Sans oublier une petite Marseillaise de temps à autre. Avant la libération des "On a gagné ! On a gagné !" et "On est les champions ! On est les champions !" à deux minutes du terme d'un match déjà dans la légende puis le lâchage des "Merci les Bleus !" après le coup de sifflet final. Plus de bruit que certains soirs au Stade de France pour nos footeux (en même temps, c'est pas bien difficile...). Et franchement, après trois semaines à tenter de se faire comprendre par des taxis chinois dont la connaissance de l'anglais s'arrête à "bye bye", que l'on soit chauvins ou pas, ça fait un bien fou... Ah oui, on allait oublier un autre chant entendu dans le coin bleu blanc et rouge des tribunes : "Ils sont vraiment... Ils sont vraiment... Ils sont vraiment phénoménals (sic) ! Ils mériteraient... Ils mériteraient... Ils mériteraient d'être dans le journal !" Oh que oui ils l'ont mérité. Et pour le coup du journal, rassurez-vous, on s'en occupe...

Le hand en or, une première dans notre histoire olympique. Et un dernier boxeur en argent. Après Khédafi Djelkhir, laminé samedi par un Ukrainien intenable, Daouda Sow n'a pu se défaire du Russe Alexeï Tishchenko en finale de la catégorie des 60 kg (9-11). Lui au moins ne se sera pas fait détruire en moins d'un round mais ça ne change rien à la couleur de la médaille. Dégoûté de l'arbitrage de la finale de Daouda - on n'a pas vu le combat, impossible de juger -, Le truculant DTN sur le départ Dominique Nato nous a offert une dernière sortie mémorable : "Je quitte avec plaisir ce milieu pourri". Comme on dit, ça, c'est fait... Un grand bravo tout de même au noble art tricolore, qui ramène trois breloques avec le bronze d'Alexis Vastine, volé par l'arbitre en demi-finale, le plus grand scandale de ces Jeux pour notre pays, comme l'a confirmé Henri Sérandour, président du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), dans une charge virulente au micro de la soirée adidas organisée samedi : "L'adversaire avait plus le profil d'un bagarreur de rue (merci pour le cliché gratuit, et limite malsain, sur le Dominicain Felix Diaz, même si ce dernier a en effet usé de tous les vices dans ce match, ndlr). Il y a un côté mafieux dans cette façon d'arbitrer. Il faut tout faire pour que ça change." Genre interdire les arbitres, Henri ? Bon, allez, on vous laisse. On va finir notre journée tranquille, sourire aux lèvres, de beaux souvenirs de hand en tête. Et à tout à l'heure pour le bilan final de la délégation tricolore à Pékin. Très bon d'un côté. Bien moins de l'autre. Le chaud et le froid. Encore merci aux "Experts" pour le chaud. Comme pour le show.

De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet



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