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Flop 10 français 2008 : Laure Manaudou (2e)
Jusqu'au 31 décembre, Sportweek vous dévoile le classement de ses coups de coeur et ses déceptions de l'année côté tricolore. Aujourd'hui, rayon larme, l'annus horribilis de Laure Manaudou. Après Sébastien Bourdais, l'annulation du Dakar, Richard Gasquet et Amélie Mauresmo, la banderole anti-ch'tis, l'OM, Tony Estanguet, les basketteurs français et les Bleues aux JO, place à Laure Manaudou, première dauphine de notre Flop 10 de l'année 2008. Ah ! Laure Manaudou. Un sujet d'étude, presque un thème de thèse universitaire. Comment décrire son année 2008 ? Sur le plan sportif, pas de débat. Un drame. Une noyade. Titanic sans croiser d'iceberg. Le Grand Bleu sans remonter. Vous me direz, quatre titres de championne de France - 100 et 200 m dos en grand bassin, 50 et 100 m dos en petit bassin - et deux couronnes européennes - 200 m dos et 4 x 200 m nage libre avec le relais , c'est déjà pas mal, beaucoup de nageuses de l'Hexagone s'en contenteraient sans que l'on rechigne. Pas elle. Pas notre "L'or Manaudou", encore meilleure nageuse du monde aux Mondiaux de Melbourne en mars 2007. Les Jeux de Pékin devaient être son chef d'oeuvre. La capitale chinoise deviendra son point de chute le plus profond. Laminée sur sa distance fétiche du 400 m (8e) où Coralie Balmy avait déjà pris le leadership national, 7e sur 100 m dos, éliminée en demi-finale du 200 m dos, la "Phelps au féminin", comme l'ont appelé des médias persuadés qu'elle ferait une moisson d'or à JO dans la foulée des Mondiaux 2007, sera tout l'inverse du champion américain. Laure craque. S'effondre en larmes. Trop de pression. Impossible de la gérer. La tueuse des bassins devient la victime de ses adversaires. Acharnement médiatique Sur le plan du médiatique et people, par contre, Laure a fait carton plein. Dans la droite lignée de 2007, la valse des déménagements et des petits amis a poursuivi sa danse et fait la Une des magazines, friand de ce destin hors normes dans les bons comme dans les mauvais moments. Mulhouse, Marseille, Pierre, Paul, Jacques, Jean, lieux et prénoms s'enchaînent dans ce pas de deux. A Pékin, son goût pour les boîtes de nuit locales et sa façon d'évoquer ces "super fêtes" dans son blog ont fait jaser. A Marseille, les rumeurs d'une vie nocturne ardente reprennent. Même la générosité de ses formes, qui a pris la courbe inverse de celle des cours de la bourse lors de la crise, devient un sujet d'article dans les journaux. Un acharnement médiatique qui ne fait rien pour aider au développement d'une championne trop timide pour supporter de vivre autant sous le feu des projecteurs. De quoi entraîner la véritable question autour de Manaudou. Cette jeune fille de son âge (22 ans) a-t-elle toujours envie de nager ? Beaucoup de ceux qui la côtoient de près ou de loin pensent que non. Son retour à l'entraînement dès octobre, alors qu'elle avait promis "un long break" après le désastre des Jeux, laisse penser le contraire. Ses résultats, non. Car revenir nager aussi vite n'est-il pas une forme de refuge confortable pour une Laure privée de jeunesse et qui ne connaît rien d'autre que ces journées, ces semaines, ces mois passées à avaler des kilomètres dans la piscine ? Peu importe. L'essentiel reste que Laure soit honnête envers elle-même comme envers ses fans. Si la vie de sportive ne lui convient plus, qu'elle le dise. Un merci viendra accompagner la sortie de cette immense championne et personne ne lui en tiendra rigueur. Dans le cas contraire, on espère juste qu'elle retrouvera cette rage de vaincre inaltérable qui a accompagné son talent XXL pendant toutes ces belles années. Pour finir, un peu d'humour et d'imagination. Le résumé de l'année de Manaudou en quatre dates clés (toute ressemblance avec la réalité serait totalement fortuite). Sans rancune Laure, on t'aime. Et qui aime bien, châtie bien :17 février : Laure rate Plus belle la vie, un épisode décisif où la serveuse du bar sort avec le boulanger qui vient de tuer sa femme et d'envoyer sa fille grande gueule en pension. Incroyable. 29 avril : Laure ne déménage pas. Un bel effort, à noter. 23 juin : Laure reforme le duo d'enfer avec Philippe Lucas et retrouve la forme olympique. Qu'on aurait aimé la lire - et l'entraîneur à la gouaille inimitable a confirmé à Sport que cela aurait pu être possible après les Jeux -, cette dépêche fictive. 11 octobre : Laure gagne une course à l'entraînement. Après trois mois sans le moindre succès, elle dédie ce retour au sommet à tous ses fans qui ont toujours cru en elle. Une émotion rare. 6 décembre : Laure passe une soirée chez elle, tranquille, rien, pas même un petit tour d'un quart d'heure sur le dancefloor, comme ça, sans prévenir. Choquant. commentaires
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