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BARRETTE MYFREESPORT

Le Journal des Bleus : It's... Sunday Night Fever

publié le 18/08/2008 - 10h16, par SPORT / Alexandre Herbinet



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Rafael Nadal vient montrer sa frimousse en boîte, la natation française affiche ses couples, Manaudou relâche la pression... mais pas trop. La nuit pékinoise comme si vous y étiez.

Il est 6h25 du matin ce lundi, heure pékinoise bien entendu. Seul sur la grande artère de Sanlitun, quartier des ambassades et des bars à touristes de la capitale chinoise, Fabien Gilot, l'un de nos quatre mousquetaires médaillés d'argent sur le relais 4x100 m nage libre - avec Bernard, Leveaux et Bousquet -, erre seul tel une âme en peine à la recherche d'un taxi. Il tente d'arrêter le nôtre, déjà plein. Le chauffeur ne bronche pas. Eh oui Fabien, breloque ou pas, à l'aube, on est tous égaux devant la course au taxi... A Pékin, les nuits se suivent et se ressemblent. Mais elles sont de plus en plus irréelles. Le lieu ? Le célèbre China Doll, comme la plupart du temps. L'ambiance ? Electrique à souhait.

Tout commence pour nous à l'entrée, aux alentours de 2h30. Avec une file d'attente d'une quarantaine de personnes. Déjà bondé, le night club ne peut plus assumer une arrivée massive et les responsables font rentrer au compte-goutte. Voilà pour le message officiel. Pour l'officieux, il faut comprendre en observant les nombreux fêtards qui sortent du China Doll : même s'il reste de la place, cela fait toujours "hype" d'avoir une foule qui se presse devant son établissement. Paris, Pékin, même combat nocturne... Six nageurs, anglais ou australiens, l'accent ne trompe pas, doublent tout le monde par le côté et sortent leurs accréditations Aa - réservées aux athlètes - sous le nez de celui qui semble décider de la destinée de la file d'attente : " Nous sommes des nageurs, laissez-nous rentrer ! " Grand sourire aux lèvres, l'homme pointe son doigt vers le sommet du building - le China Doll est au cinquième étage d'une tour - et lance une réponse déjà dans mon panthéon personnel des Jeux : "Everybody is Olympics" ("Tout le monde vient des Jeux"). Deux minutes plus tard, vision irréelle : Rafael Nadal, oui oui, le Rafael Nadal du tennis, immense star de la balle jaune, numéro un mondial et tout frais champion olympique, sort de la boîte avec des amis espagnols. Sympa, dispo, Rafa prend le temps de s'arrêter pour un cliché avec deux jeunes femmes. Nous ? Enfin rentrés, ce fut long, mais mérité. Au moment de prendre l'ascenseur, deux visages connus en descendent : les nageurs Frederick Bousquet et Malia Metella. Le ton est donné.

En haut, une folie. Furieuse. Du monde partout, du mal à se déplacer, mais peu d'attente au bar. Un signe : l'alcool a déjà coulé à flot et tous les fêtards sont chauffés à blanc. Et les hommes croisés dans le night club affichent tous des tours de bras plus imposants les uns que les autres. Vu les T-shirts et polos, mais aussi les médailles que beaucoup arborent avec fierté, toutes les délégations d'athlètes sont présentes : la France, bien sûr - on sait faire la fête chez nous et on le prouve -, l'Australie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Grèce, l'Italie, la Croatie, les Pays-Bas, les Néo-Zélandais, etc... Avec de très nombreux nageurs, dont les épreuves ont pris fin le matin même. Manque juste un haltérophile chinois bionique pour boucler la boucle. Après un quart d'heure d'observation, le mot d'ordre de la soirée est clair : d'où qu'ils viennent, dès qu'ils en ont terminé avec ces bêtises comme la compétition, les champions entament une nouvelle course, celle de la drague.  Tous n'ont pas la même réussite, autant l'avouer. Mention bien aux Australiens, très forts dans la phase d'attaque, pas mal sur la finition.


Nos petits Français, eux, sont surtout là pour faire la fête et décompresser. Un petit tour du propriétaire ? Les judokas sont là, pas tous (ils repartent en France dans la journée de lundi) mais fidèles à leur réputation. Ces gens-là savent faire la foire et on les aime aussi pour ça. Les nageurs, enfin lâchés par le maître d'école (ah non, pardon, on dit DTN) Claude Fauquet, oublient les mois de sacrifices à se préparer. On ne peut pas vous cacher la nouvelle, ils le montrent au grand jour et on trouve ça trop mimi : Alain Bernard, le héros français de ces Jeux, forme le couple glamour de la natation tricolore avec la sublime Coralie Balmy. Tous nos voeux de bonheur, faites-nous de jolis bébés-poissons. Sympa, dispo, tout sourire, Bernard prend trente secondes pour un cliché avec des expatriés français. Tout l'inverse de notre Laure Manaudou nationale : "Non, aucune photo !" Il faut dire que la jeune fille a d'autres chats à fouetter. La sirène tricolore n'a pas réussi ses Jeux dans les bassins. Mais sur le 4x100 mecs 4 nages des pistes de danse ou du village, la petite bat des records olympiques.

Sa carrière désormais terminée, le pistard Arnaud Tournant fête sa retraite sportive d'une drôle de manière : il s'allume une cigarette. Tout le monde danse, tout le monde fait la fête. Rafael Nadal débarque à nouveau dans la place avec ses amis espagnols - franchement, on aurait croisé Michael Phelps ou Kobe Bryant, on ne s'en serait même pas étonné. Il passe à deux mètres de votre serviteur, qui ne peut s'empêcher de lui tendre sa main. Rafa sourit et me sert la pogne avant de se faire happer par la foule. Un immense champion si simple et abordable. Un vrai plaisir. Fernando Gonzalez, le Chilien finaliste du tournoi olympique face à Nadal devient dingue en croisant l'Espagnol et se met à crier : "Rafa !Rafa !Rafa !" Puis il le prend dans ses bras et le secoue tel un fan déchaîné. C'est beau, le sport... Le boxeur Jérôme Thomas, une crème, une vraie, fait un point sur son gain de poids afin de monter de catégorie : "10 kilos ! Ça y est, je suis à 10 kilos pris depuis mardi !" Ceux qui ne l'ont pas vu depuis deux-trois jours sont frappés par son côté "remplumé". La soirée s'étire et s'approche de son terme. Et là, le DJ, très hip-hop tout au long de la nuit, lance une bombe : Je danse le mia du groupe marseillais IAM. Le mia, ici, au coeur de Pékin, à 9.000 kilomètres de la Canebière, ça fait vraiment plaisir. Fabien Gilot, en club à Marseille, se déchaîne de plus belle sur la piste. Jérôme Thomas et ses potes improvisent un petit cercle et enchaînent les pas de danse. On rit, on s'amuse, on discute, on danse. Vive la nuit pékinoise ! Au fait Fabien, t'as trouvé un taxi ?

De notre envoyé spécial à Pékin, Alexandre Herbinet



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commentaires
posté le 18/08/2008 14h56, par lestoulousains    alerter l'équipe de modération  
le 4x100 mecs 4 nages... :D :D


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