Le 20/03/2009 - 08h18
Par
SPORTWEEK / Emilie Cuisinier
Hugues Duboscq : "Je préfère ma vie à celle d'Alain Bernard"
SportWeek
Triple médaillé olympique et récent champion d'Europe en petit bassin, le Havrais s'est déjà brassé un joli palmarès. Qu'il espère étoffer d'un titre mondial.
Repartir pour un nouveau cycle de travail en vue des J.O. de Londres 2012, ça ne doit pas être évident ?Hugues Duboscq : " Je sais que ce sera ma dernière olympiade puisque j'aurai 31 ans aux Jeux de Londres. Alors je me donne à fond, sans arrière-pensées. Quatre ans, c'est à la fois court et long. C'est pour ça qu'il faut faire un break, ne pas s'essouffler dès le début... Sans oublier de repartir assez vite, car il y a les Championnats du monde cette année à Rome.
Une médaille olympique à Athènes, deux à Pékin... C'est énorme, non ? C'est pas mal. Mais ce sont trois médailles de bronze et j'espère un jour changer de couleur.
N'avez-vous pas le sentiment que votre médiatisation au retour des Jeux n'a pas été à la hauteur de vos exploits ? Sur le coup, c'est vrai, je me suis dit qu'il n'y avait pas trop de retombées. Mais après, quand je vois qu'Alain [Bernard, ndlr] ne peut pas se balader tranquille dans la rue, parce qu'il y a toujours quelqu'un qui le reconnaît... Moi, je passe plus inaperçu et je préfère ma vie telle qu'elle est.
Vous êtes champion d'Europe en petit bassin. Est-ce un soulagement de décrocher enfin un titre international ? Ce n'est pas vraiment un soulagement, mais je suis heureux car c'est un titre de champion d'Europe avec, en plus, un record d'Europe à la clé. Ça montre que je continue à progresser et que je peux encore m'améliorer puisque, là, c'était du petit bassin.
Ce titre a-t-il déclenché quelque chose en vous ? La chose nouvelle, c'est que j'ai eu droit à ma Marseillaise ! Et c'est vraiment une sensation énorme, même si l'hymne était un peu raccourci, car dans les championnats en petit bassin, il faut que tout aille vite... J'ai vraiment envie de goûter ça de nouveau.
Avez-vous le sentiment d'arriver à maturité ? Au niveau de l'expérience, oui. Mais je peux encore progresser sur les détails techniques qui peuvent faire la différence. Il faut que je m'applique à faire de bons départs et de bons virages. On le voit à la vidéo : pour l'instant, quand je suis dans la coulée, je vais aussi vite que les autres, mais lorsque je pousse le mur, il y a un gros frein. On vient de mettre le doigt sur quelque chose qui va peut-être me permettre d'accélérer.
Rome est une bonne opportunité pour décrocher un premier titre mondial... Je n'y suis pas encore. J'espère d'abord aller en finale. Mais j'y pense déjà, car beaucoup de gros concurrents seront absents, comme Kitajima, champion olympique en titre et Brendan Hansen, qui a été champion du monde. Quand on regarde la liste de départ, ça laisse des places. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a la relève derrière. Ainsi que les Italiens ! Dans leur pays, ils défendront la moindre médaille bec et ongles.
Comment vous sentez-vous à un mois des Championnats de France ? Actuellement, on est en période de travail foncier, afin d'emmagasiner un maximum de kilomètres pour être prêt à Rome. Deux semaines avant la compétition, on fera un petit affûtage.
Vous venez de changer d'équipementier, en passant chez adidas, alors que la combinaison Speedo s'était montrée performante. N'est-ce pas risqué ? La proposition d'adidas, tant au niveau financier qu'en matière de développement de leur combinaison m'a vraiment plu. Et puis, être au sein d'une marque aussi connue me permet de retrouver l'esprit olympique, puisque tous les sports sont réunis. "
Propos recueillis par Emilie Cuisinier, au Havrereportage photo pauce/sportweek
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