Le 18/08/2009 - 10h12
Par
SPORTWEEK / Jean-François Paturaud
Dans le cadre de l'affaire Tom Williams, Dean Richards a été suspendu trois ans par l'ERC. L'ancien coach de Grenoble pourrait mettre un terme à sa carrière.
C'est une sanction exemplaire. Une décision qui fera date. Et qui, à n'en pas douter, marquera à jamais la carrière de l'un des entraîneurs anglais les plus respectés. Quatre mois après le quart de finale de H Cup perdu par les Harlequins face aux Irlandais du Leinster, Dean Richards a été condamné à trois ans d'interdiction d'entraîner par une Commission indépendante d'appel de l'ERC réunie à Glasgow lundi. Cette sanction a été prise sur l'appel formulé par Roger O'Connor, chargé des affaires disciplinaires pour l'ERC, contre la décision de blanchir Dean Richards dans le cadre de l'affaire Tom Williams, le joueur des Harlequins qui avait été puni pour avoir simulé une blessure en Coupe d'Europe au mois d'avril.
L'ancien international (48 sélections), quatre fois champion d'Angleterre et double vainqueur de la Coupe d'Europe avec Leicester (1998 et 2002) mais aussi ex-entraîneur de Grenoble, avait démissionné de ses fonctions de directeur sportif le 8 août dernier. Le voilà désormais banni par le rugby européen. Et en passe d'être considéré comme un paria dans son propre pays. Il faut dire que le " bloodgate ", c'est comme cela que l'on appelle l'affaire de l'autre côté de la Manche, alimente toutes les conversations. Le 12 avril dernier, les Harlequins avaient trouvé la solution pour faire sortir un joueur en parfaite santé sur saignement pour faire entrer un de ses partenaires déjà sorti en cours de match.
C'est l'ailier Tom Williams qui avait dû laisser sa place à Nick Evans, le buteur de l'équipe, en début de seconde période. Le hic, c'est que le joueur ne saignait pas. Alors, il a utilisé une capsule de sang artificiel dans sa bouche pour faire croire qu'il était obligé de sortir. Avant que le kiné ne lui coupe la lèvre au scalpel pour authentifier la blessure. Un précédé aussi glauque que déloyal qui aurait pu presque passer inaperçu. Mais un clin d'oeil entre les deux joueurs, en fin de match, a mis la puce à l'oreille des observateurs. Les Harlequins ont, heureusement, été battus (6-5) par le futur vainqueur de l'épreuve. Dean Richards, lui, a couvert toute l'affaire. Et va passer les trois prochaines années à s'en mordre les doigts.
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