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VI nations

Le 29/01/2010 - 09h02
Par SPORTWEEK / Rodolphe Denis

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Exclu/Max Guazzini : "Des emmerdements tous les jours"

Max Guazzini-Photo : Panoramic

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Max Guazzini-Photo : Panoramic

Max Guazzini est supporter des Bleus et apprécie les Italiens. En Président du Stade Français, il s'inquiète pour ses joueurs qui vont jouer le Tournoi. L'occasion d'évoquer avec lui cette drôle de saison.

Comment se vit le Tournoi, en tant que président, où l'on voit évoluer de nombreux joueurs ?
Il se vit bien, si on ne joue pas en même temps. On peut même regarder les matchs ! Il se vit moins bien quand il y a des doublons. On n'en a qu'un : on va à Brive ce week-end là... Ils sont nombreux à partir, les joueurs du Stade, avec les moins de 21 ans, en plus. C'est une période particulière. En 2010, ça va aller, mais on verra les doublons en 2011, année de Coupe du monde... Pour le calendrier, il y a eu un grand symposium, il y a deux ans. On évolue parmi des gens qui aiment tout réglementer. Du coup, il faut terminer les compétitions avant le 31 mai, pour favoriser les tournées d'été, aussi. C'est pour emmerder la France, surtout. Je résume : un, les matches internationaux ; deux : les Coupes d'Europe ; trois : les championnats, avec les dates qui restent. On n'a plus de dates et il y a en plus la convention collective des internationaux qui accorde une période minimale de repos. On a disputé un match avec 19 absents, en comptant les blessés...

Et en tant que passionné ?
C'est très différent. Je vis le Tournoi avec passion, comme supporteur de l'équipe de France, évidemment, et avec de la sympathie pour l'Italie. D'autant plus que lorsque les Français sont performants, tout le monde en profite dans le rugby. Quand j'étais gosse, c'était déjà important, c'est même là qu'est née ma passion pour ce sport.

Une passion qui s'érode, alors que les embûches s'accumulent, comme cette saison ?
Le nouveau Jean-Bouin ? Oh ! c'est en route... Il y a des recours, comme partout et pour tout, en France. On réalise à quel point la société est bloquée. Le problème est que le sujet est devenu politique, il dérange des intérêts privés. Il faut voir l'acharnement qu'on subit ! Ce qui me rassure, c'est le dernier match au Stade de France : -3°C, mais plus de 77 000 personnes. Les gens sont  venus et ils ont vu un beau match. Quelques personnes de la tribune présidentielle avaient annulé, à cause de la neige. Dommage...

Tu t'es habitué à ce décalage ?
C'est hallucinant. Pourtant, je m'en fous, de la politique. Mais je ne vais pas baisser les bras ou céder. En 1984, grâce à une manif', on a fait basculer l'histoire de la bande FM... C'est fatigant bien sûr, on serait entre gens intelligents, de bonne compagnie et honnêtes, ce serait déjà réglé. Mais c'est comme ça. Tu peux l'écrire : il y a un acharnement politique de l'UMP contre le rugby à Paris.

Tes efforts sont mal payés ?
Je suis président depuis 1993, j'ai beaucoup donné de ma personne, par passion. J'ai quitté NRJ pour me consacrer complètement au club, j'ai donné de ma bourse, vraiment beaucoup. Mais il faut encore se justifier. On a fait beaucoup, pourtant, pour le rugby, cassé des codes, pour les femmes, les jeunes. Les délocalisations, aussi... Nous avons apporté une petite pierre, quand même, mais ils ne font rien pour nous faciliter les choses. Lors de la dernière Coupe du monde, les audiences télé ont atteint 20 millions, France 2 a fait de gros scores pendant la dernière tournée d'automne. Et nous, on ne peut pas avoir un stade pour accueillir décemment les spectateurs ou les partenaires.

Tu n'as pas eu envie de tout plaquer ?
Un jour ou l'autre, je passerai la main. Pas tout de suite. C'est dingue : à NRJ, entreprise cotée, où j'ai eu de grandes responsabilités, j'avais moins de stress, moins de soucis. C'était une des premières radios de France et j'avais moins d'emmerdements. Là, c'est tous les jours.

Pourquoi tu continues ?
Je ne suis pas là pour l'argent, c'est sûr... C'est par passion, je suis un peu barjot. Ça a toujours été mon moteur. J'en ai marre, parfois, de prendre des coups. La méchanceté et la bêtise se conjuguent. Pourtant, le Stade Français est désormais connu dans le monde entier, mais nul n'est prophète en son village. J'ai eu la tentation de tout lâcher, oui. J'ai beaucoup donné de mon temps, de mon argent, de ma vie.

La Coupe d'Europe n'a pas été facile, entre le match à Bruxelles et les suspensions de Dupuy et Attoub... Pourquoi pas un boycott ? On se plaint de l'arbitrage aussi...
Ce qui est sûr, c'est qu'on doit avoir un rôle décisionnaire. Le président de l'European Rugby Cluc est français, mais dans le droit anglo-saxon, c'est juste honorifique... On l'a évoqué encore récemment avec Serge Blanco, nous avons besoin de dirigeants français dans ces instances. J'ai ma petite idée. Le boycott, j'ai du mal à y croire. On a vu avec le changement de la loi sur le DIC - Droit à l'image collective : il y avait beaucoup de grévistes à Toulouse, mais nous n'étions plus que trois, une fois à Paris. Il n'y a pas d'union, chacun voit ses intérêts.

Avec tout ça, le Stade Français y a perdu de son caractère ?
Je ne crois pas. Le rugby de village, c'est fini, mais l'attachement au club existe toujours. Les rapports évoluent, mais on a gardé quelque chose chez nous. On a passé le 31 décembre ensemble, à la Légion étrangère. On vit encore des choses particulières. On continue à s'amuser. On aura joué cinq fois au Stade de France cette saison, on a déneigé Jean-Bouin en urgence, etc. Les photographes ont cadré sur moi, c'est dommage, il y avait plein de gens sur la pelouse. On s'amuse. Moi j'ai été bon pour une semaine de Voltarene... On va continuer.

Propos recueillis par Rodolphe Denis

ITINERAIRE
Co-fondateur de la radio libre NRJ en 1982. Directeur des programmes à partir de 1984, puis président du directoire.
Président du Stade Français depuis 1993.
Palmarès : Champion de France (1998, 2000, 2003, 2004, 2007), Coupe de France 1999.

Show biz et surprises
Max Guazzini (en photo avec Bastareaud) ne se lasse décidément pas de préparer des surprises, à l'image de l'organisation autour des matchs délocalisés au Stade de France, arrivée du ballon notamment. Parmi les prochaines, déjà programmées, en plus de l'affiche et du spectacle d'avant-match contre Toulouse, une collection de caleçons pour hommes avec Pull In et un T-shirt pour l'été : " Sous les maillots, la plage ! "

<PHOTO>

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