Le 12/02/2010 - 11h29
Par
SPORTWEEK
Christophe Dominici, amoureux du Tournoi
Christophe Dominici-Photo : Jean Baptiste Autissier / Panoramic
Ancien ailier du XV de France, Christophe Dominici reste marqué par les Tournois des VI Nations qu'il a disputés. Un rendez-vous incomparable et unique. Tous les ans.
" Déjà, c'est une compétition qui se termine par un classement, avec un premier et un dernier. Il y a donc un enjeu important, par rapport aux test-matchs, par exemple. Ensuite, la suprématie européenne est en jeu. On évalue le rugby français, à chaque fois. Du coup, gagner le tournoi est très important et faire un Grand Chelem devient magnifique. Avec ça, c'est un rendez-vous annuel : on va chez eux, ils viennent chez nous, l'engouement est toujours très fort. Enfin, il y a le poids de l'histoire... "L'ancien ailier de Toulon et du Stade Français connaît bien l'épreuve, pour en avoir disputé huit, entre 1998 et 2007, pour quatre victoires, dont deux Grand Chelems. Parmi les meilleurs marqueurs de l'histoire du XV de France, il retient de ces tournois l'aventure humaine et collective, le vécu. Plus que ses plongeons dans les en-buts.
" Ces rendez-vous permettent de grandir, comme joueur et comme homme. Tu joues à Twickenham, à l'Arms Park, Murrayfield, que des grands stades où l'histoire pèse. Ce sont des connaisseurs en tribune, il y a une intensité rare, par exemple, à Cardiff, depuis qu'ils ont refait le stade. Entendre l'hymne écossais, aussi, là-bas, c'est tellement fort ! Il y a tant de choses derrière, pour ces peuples, il se passe des trucs. Les hymnes, c'est vraiment le moment où on se rallie. On part au combat, à ce moment. " Les souvenirs ne manquent pas, là encore. Paradoxalement, " Domi " reste au moins autant marqué par ses erreurs que par ses exploits, balle en main. Raison pour laquelle il insiste sur le succès :
" Il faut des résultats pour construire, fédérer. Les défaites peuvent être intéressantes, mais pas tant que ça. La victoire masque tout, ou presque, fait baisser la pression, c'est plus simple après. Les Bleus ont une carte à jouer là : ils reçoivent trois fois. Le groupe, staff y compris, s'épanouit, s'affirme. Il faut confirmer, continuer. " À l'heure de retrouver des Irlandais, le Toulonnais, passionné de football, ne s'échappe pas pour évoquer la mésaventure de Thierry Henry.
" Ils ne vont pas chambrer. Les mentalités ne sont pas les mêmes, d'abord, et le foot ne peut s'en prendre qu'à lui-même : il connaît les solutions depuis longtemps... Un jour, ça arrivera en finale. C'est tombé sur Titi, c'est malheureux. Les Irlandais ont été gentlemen, mais Titi, lui, il n'a pas été défendu. Ce n'est pas normal, pas humain. La Fédération, notamment, elle aurait dû être là, à ce moment aussi. Le côté " On est avec vous sauf quand ça va mal "
, ça m'a choqué. "
ITINERAIRE
Né le 20 mai 1972 à Toulon
Clubs successifs : Solliès-Pont (1989-1991), La Valette (1991-1993), Toulon (1993-1997), Stade Français (1997-2008).
Nombre de sélections: 67
125 points (25 essais, dont le premier de l'histoire au Stade de France)
Palmarès : Vainqueur du Tournoi des VI Nations en 1998, 2004, 2006, 2007 (Grands Chelems en 1998 et 2004), Finaliste Coupe du monde 1999, demi-finaliste 2003 et 2007
Champion de France en 1998, 2000, 2003, 2004, 2007, Finaliste Coupe d'Europe 2001
et 2005.
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