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Tennis

Le 05/07/2009 - 18h59
Par SPORTWEEK / Aurélie Beaudouin

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Roger Federer est bien le plus grand

Roger Federer-Photo : Panoramic

Roger Federer-Photo : Panoramic

Roger Federer est devenu le premier joueur de l'histoire à remporter 15 tournois du Grand Chelem. Comme en 2004 et 2005, le Suisse a battu Andy Roddick en cinq sets : 5-7, 7-6, 7-6, 3-6, 16-14

Roger Federer est bien le plus grand tennisman de tous les temps. Le Suisse a remporté son quinzième tournoi du Grand Chelem, dans son jardin londonien, là où il avait été terrassé l'an passé par Rafael Nadal. Après 4h16 de jeu, le n° 2 mondial est venu à bout d'un Andy Roddick impressionnant, qu'on n'attendait pas à pareille fête lors de cette finale : 5-7, 7-6, 7-6, 3-6, 16-14. L'Américain, battu pour la 19e fois en 21 confrontations avec le Suisse, regrettera sans doute longtemps ses quatre balles de deuxième manche ratées. Son bilan en Grand Chelem reste donc arrêté à une seule victoire, à l'US Open 2003. Comme prévu, c'est le service qui a été le facteur déterminant de cette finale : 50 aces pour Federer, 27 pour Roddick, et seulement 12 petites balles de break concédées au total. La seule convertie par le Suisse fut...la balle de match. Tout un symbole. Sous les yeux des autres légendes, Bjorn Borg, Rod Laver, Ilie Nastase, Pete Sampras (dont il bat le record avec ce 15e succès), mais aussi Woody Allen, Michael Ballack ou encore Alex Ferguson, Roger Federer a su remporter son sixième Wimbledon après une nouvelle finale de rêve, même si elle n'a pas atteint l'intensité de celle de 2008. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, le futur papa retrouvera dès lundi la place de n° 1 mondial, occupée par Rafael Nadal depuis août dernier.

A l'instar de la finale dames de samedi, le match débutait par une succession d'aces, de services gagnants et de jeux blancs, avec très peu d'échanges à se mettre sous la dent. Jusqu'à 3-3 où les deux joueurs commençaient peu à peu à entrer dans le match. Roddick prouvait qu'il n'était pas qu'un excellent serveur en réalisant quelques passings magistraux, tandis que Roger faisait montre de son talent à la volée. A 5-5, Roddick concédait ses quatre premières balles de break, toutes sauvées grâce un service parfait ou des balles sorties d'extrême justesse par Federer en fond de court. Après cette frayeur, Roddick donnait tout ce qu'il avait dans le jeu suivant, en clouant sur place Federer sur un magnifique coup droit croisé, puis en poussant le Suisse à la faute. L'Américain convertissait sa première balle de set sur un nouveau coup droit dans le couloir (7-5).

Roger Federer, vexé d'avoir perdu ce set, le deuxième de la quinzaine (il en avait perdu un contre Kohlschreiber au 3e tour), entamait le second set par deux jeux blancs, mais Roddick s'imposait sans trop de difficultés non plus sur ses mises en jeu. A 6-5, service Federer, Roddick se retrouvait à deux points du set après un retour gagnant et une double faute du n° 2 mondial, qui ne tremblait finalement pas et remportait le jeu sur une magnifique volée de revers. Le tie-break, inéluctable, devait départager les deux joueurs. Roddick l'entamait de la meilleure des façons, menant rapidement 5-1 puis 6-2. Mais Roger réalisait plusieurs coups gagnants imparables et rendait, pour une fois, Roddick fébrile sur son service. Sur sa quatrième balle de set, l'Américain se retrouvait même avec le court grand ouvert, mais sa volée smashée de revers sortait du court. Federer n'en demandait pas tant et remportait le set 8 points à 6.

Même scénario en début de troisième manche, avec des mises en jeu remportées extrêmement facilement par les deux joueurs. Roger Federer se procurait sa première (et unique) balle de break du set à 3-3, mais Roddick s'en sortait en montant à la volée. Les jeux défilaient très rapidement ensuite, même si Federer se montrait le plus solide, remportant la plupart des points dès que l'échange s'installait. C'est donc encore un tie-break qui devait conclure ce set, sous un vent de plus en plus en fort. Et là, c'est Federer qui prenait rapidement le commandement, profitant des montées au filet hasardeuses de l'Américain. Roddick écartait deux balles de set sur son service, mais devait s'incliner sur la troisième : 7 points à 5 pour le Suisse.

La quatrième manche était totalement différente des trois précédentes. Andy Roddick breakait le Suisse à 2-1 sur un superbe passing. Roddick pouvait serrer les poings, car Federer ne reviendrait pas. Victime d'une petite baisse de régime, le n° 2 mondial commettait des fautes inhabituelles, tandis que Roddick frappait de plus en plus fort. A 5-3, Federer menait 0-30 sur le service de Roddick, mais comme toujours, l'Américain s'en sortait grâce à son service. La première balle de set était la bonne (6-3). Pour la première fois en 21 confrontations, les deux joueurs allaient donc disputer un cinquième set.

Là-aussi, les choses s'animaient rapidement, avec une première balle de break (la sixième sur six !) sauvée par Roddick dès son premier jeu de service. Aussi solides l'un que l'autre au service, les deux joueurs multipliaient les jeux blancs. Si l'un des deux tentait de monter au filet, il se faisait systématiquement passer. Le règlement interdisant le tie-break dans la cinquième manche, les jeux continuaient de défiler, la plupart avec une facilité déconcertante, et quelques points d'anthologie, à l'instar de la finale de l'a passé. Jusqu'à 8-8. Après 3h30 de jeu, Andy Roddick se procurait (enfin) deux balles de break, mais Roger sortait le grand jeu et deux grosses premières balles. Les mises en jeu devenaient plus en plus faciles à remporter pour Federer, un peu moins pour Roddick, qui permettait au Suisse de se retrouver plusieurs fois à deux points du match. C'est donc assez logiquement que l'Américain craquait le premier, à 15-14 pour le Suisse. Un coup droit boisé scellait le sort du match (16-14). Pas de larmes cette fois-ci, comme à Roland-Garros, mais un saut de cabri impressionnant pour fêter sa victoire . Le Suisse est entré dans la légende du sport.

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