Le 01/07/2009 - 22h03
Par
SPORTWEEK / Jean-Moïse Dubourg
Roger Federer, Tommy Haas, Andy Roddick et Andy Murray se sont qualifiés pour les demi-finales de Wimbledon. Seul Roddick a eu besoin de cinq sets.
Roger Federer (SUI, n°2) bat Ivo Karlovic (CRO, n°22) : 6-3, 7-5, 7-6
" Un match chiant à jouer ". Ainsi avait été défini par Roger Federer son affrontement à venir en quarts de finale face à Ivo Karlovic. En cause, la propension du Croate à multiplier les aces (137 en quatre matchs) et à concasser la défense de ses adversaires au cours de matchs pas franchement intéressants à suivre. Et bien, contrairement à d'autres, le Suisse sait sortir le bleu de chauffe pour rendre agréable une partie pourtant peu enthousiasmante au moment d'entrer sur le terrain. Et alors que " Ivo le terrible " avait de bonnes raisons de poursuivre face à l'ancien numéro un mondial son entreprise de démolition - le Bâlois a récemment déclaré que Karlovic, c'est " tout sauf du tennis " - Federer a fait montre d'une maîtrise une fois encore impressionnante dans son jardin londonien pour atteindre sa septième demi-finale de rang dans la capitale anglaise et sa 21eme consécutive en Grand Chelem.
Pourtant, tout avait commencé comme prévu pour les deux hommes, Karlovic remportant son premier jeu de service grâce à un jeu blanc consécutif à quatre premières balles. Mais cette fois, c'est bel et bien le service de Federer qui était imprenable. Malgré 23 aces (160 en cinq matchs !) et un pourcentage de premiers services toujours aussi élevé (70%), Karlovic ne s'est en effet offert aucune balle de break. Parfait de calme et de gestion des moments chauds, Federer, lui, a sauté sur les deux occasions qui se sont présentées en prenant le service de son adversaire dans le quatrième jeu du premier set et dans le onzième du deuxième. " Il n'y a pas eu beaucoup de rallyes de fond de court, a indiqué Roger Federer juste après son match au micro de la télévision britannique. Ce match s'est souvent résumé à une alternance de services et de retours. Mais c'était dur mentalement et je suis ravi de l'avoir breaké deux fois. "
Capable de franchir l'obstacle Karlovic - qui disputait le premier quart de Grand Chelem de sa carrière et qui ne devrait pas rejouer de sitôt avec des lunettes de soleil comme dans les deux premières manches... - en seulement 1h43, le numéro deux mondial reste donc en course dans sa quête d'un quinzième Majeur. En attendant, il savoure une fois encore sa présence dans le dernier carré et apprécie son niveau de jeu tout en restant d'une sobriété toute... " federesque " : " J'espère que ça va continuer mais atteindre 21, c'est déjà extraordinaire. Il faut dire aussi que j'ai eu la chance de jouer les tournois du Grand Chelem sans me blesser. Je suis très en confiance et je trouve que je joue plutôt bien en ce moment. Cependant, une demi-finale, voire une finale, reste toujours compliquée à jouer. " Ce sera d'autant plus vrai face à un étonnant Tommy Haas, tombeur de Novak Djokovic en quatre sets.
Tommy Haas (ALL, n°24) bat Novak Djokovic (SER, n°4) : 7-5, 7-6, 4-6, 6-3
Roger Federer doit-il avoir plus peur de Tommy Haas que des parpaings d'Ivo Karlovic ? Sans nul doute, la réponse est oui ! Car si le service est une arme redoutable sur gazon, l'Allemand possède une palette de coups bien plus complète que le Croate et semble d'autant plus en mesure de gêner le Suisse qu'il a fait (très) forte impression face à Novak Djokovic dans le deuxième quart de finale du bas de tableau. Ancien numéro deux mondial, Haas a en effet confirmé son retour au tout premier plan du tennis masculin face à un Serbe qui avait pourtant laissé une bien belle impression depuis le début du tournoi. " " C'est vraiment incroyable d'être en demi-finales, s'est réjoui Tommy Haas juste après son succès face à Novak Djokovic, au micro de la télévision britannique. C'est un honneur d'être arrivé jusque là. Je joue mon meilleur tennis depuis le début du tournoi. "
Sa confiance, Tommy Haas la tire d'un Roland-Garros réussi (défaite en cinq sets contre... Federer après avoir mené deux manches à rien) et d'un tournoi de Halle remporté il y a dix jours face à... Djokovic. Survivant d'un magnifique seizième de finale contre Marin Cilic où il a du sauver deux balles de match, l'un des rares joueurs en activité à avoir décroché un titre sur toutes les surfaces retrouve peu à peu son meilleur niveau et permet ainsi à l'Allemagne d'avoir un représentant en demi-finales pour la deuxième année de suite après Schuettler en 2008. " Le titre décroché à Halle m'a fait beaucoup de bien et m'a donné confiance. J'ai vu que je pouvais jouer vraiment bien sur gazon. Contre Federer, je vais donner le meilleur de moi-même. Roger sera bien sûr le grand favori mais je n'aurai rien à perdre. " Le bilan est pourtant largement en faveur du Suisse qui mène 9-2 après onze confrontations.
De son côté, Novak Djokovic - qui avait atteint les demies en 2007 à Wimbledon - pourra longtemps regretter les trois balles de set ratées dans le jeu décisif du deuxième set. Surtout, le Serbe confirme qu'il est un cran en-dessous de Nadal, Federer et Murray cette année puisqu'il n'a pas encore atteint le dernier carré d'un Majeur (éliminations en quarts en Australie et au 3eme tour à Roland-Garros) après en avoir disputé trois en 2007 et 2008.
Malgré une première balle bien rôdée (18 aces contre 3 ; 88% de points gagnés après première balle), Andy Murray n'a pas atteint des sommets et s'est surtout satisfait de conclure en trois manches et seulement 1h41 : " Je suis content d'avoir gagné en trois sets parce que le match précédent face à Wawrinka avait été très long (Ndlr : 3h57), s'est félicité Murray au micro de la BBC après la rencontre. On a commis pas mal de fautes en début de match, notamment en fond de court. Mais j'ai bien servi. Et une fois le premier set gagné, le match est devenu plus facile. J'essaie de me concentrer sur chaque match sans penser à ce qui se passe ou se dit autour. "
Il n'empêche... Sept ans après la dernière demi-finale de Tim Henman - qui a échoué à quatre reprises aux portes de la finale - Andy Murray accède pour la première fois aux demies de " son " tournoi et fait ainsi grandir un peu plus les espoirs placés en lui. Pour sa deuxième demi-finale de Grand Chelem en un an (il s'est hissé jusqu'en finale du dernier US Open), il va maintenant défier Andy Roddick.
Andy Roddick (USA, n°6) bat Lleyton Hewitt (AUS) : 6-3, 6-7, 7-6, 4-6, 6-4
Pour la première fois depuis 2005, Andy Roddick, double finaliste à Wimbledon (2004, 2005), retrouve le dernier carré du Grand Chelem britannique. Pour y parvenir, l'Américain a du se défaire d'une vieille connaissance symbolisant merveilleusement son lustre d'antan, Lleyton Hewitt. Mais que ce fut dur face au tombeur - entre autres - de Juan Martin Del Potro (n°5). C'est en effet au terme d'une superbe bagarre de 3h50 et cinq sets de haute volée entre deux anciens numéros un mondiaux qu'il a fini par faire plier un Australien renaissant qui visait, lui, une première demie de Grand Chelem depuis l'US Open 2005.
Comme à leurs plus belles heures, les deux hommes se sont livrés un combat d'une énorme intensité. En témoignent la fatigue des deux joueurs, tous deux touchés physiquement (adducteur gauche pour Hewitt ; hanche pour Roddick) en fin de match. Après que Roddick a laissé filer un break d'avance dans le quatrième set, la victoire semblait promise à un Lleyton Hewitt armé de sa " never-die-attitude " (" jamais je n'abandonne ") et qui faisait la course en tête dans la manche décisive. Mais c'est finalement le natif d'Omaha, dans le Nebraska, qui a eu le dernier mot - comme lors du dernier Queen's (7-6, 7-6) et en demi-finales de Memphis en début d'année (2-6, 7-6, 6-4) - et qui égalise à 6-6 dans le bilan de leurs confrontations.
" Je suis très fatigué et content de sortir du court, a réagi Andy Roddick, auteur de 43 aces et de 72% de premières balles (contre 23 et 57% pour Hewitt), au micro de nos confrères de la BBC. Ça fait plusieurs années que je voulais rejouer comme ça ici. J'y suis parvenu malgré des douleurs à la hanche dans le quatrième set et Lleyton, pour qui j'ai beaucoup de respect car nous avons '' grandi '' ensemble. " Le vainqueur de l'édition 2002 sorti, Roddick, s'il veut aller plus loin malgré la fatigue, va désormais devoir défier le chouchou du public britannique. Un autre Andy. Problème : au bilan de leurs duels, c'est Murray qui mène largement (6-2). Problème bis : sur herbe, les deux hommes se sont affrontés une seule fois et c'est l'Ecossais qui a gagné (7-6, 6-4, 6-4). C'était en 2006... à Wimbledon.
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