Le 30/11/2007 - 17h41
Par
SPORT / Ellen MacArthur
Organisatrice de la Barcelona World Race, la navigatrice Ellen MacArthur est la consultante de Sportweek durant ce tour du monde à la voile en double. Après trois semaines, les marins s'attaquent aux 40es rugissants.
"Je trouve cette Barcelona passionnante. Alors que
les bateaux voiliers naviguent au large du Brésil, On constate que la flotte
est divisée en trois groupes, ce qui donne trois régates à suivre. Le trio des
leaders est très impressionnant, avec PRB,
Paprec-Virbac et Veolia Environnement. Ils évoluent dans une météo qui n'est pas conforme à ce qu'elle
à l'habitude d'être. Ça rend la course spectaculaire, pleine de suspense. Les
retournements de situation sont toujours possible et tant que la ligne d'arrivée
n'est pas franchie, tout reste possible. C'est ce qu'on a coutume de dire dans
tous les sports mécaniques, mais dans la voile, où la mer et le vent sont de
véritables acteurs de la course, c'est encore plus vrai. Ne parlons pas de conclusion, nous ne sommes
qu'au premier quart de la course !
Pour les marins, la situation actuelle,
est très stressante. Quand on arrive dans ces parages, on est déjà tendu à
cause des mers du Sud, qui se présentent à partir du quarantième parallèle. Ce
sont les "quarantièmes rugissant". Et là, la situation météo ajoute
à l'anxiété. A bord, je suis sûre que les marins parlent beaucoup. Ils hésitent
forcément sur la route à prendre, passent beaucoup de temps sur la table à
cartes, ce qui, d'ailleurs, diminue leur temps de sommeil. Le plus difficile à
gérer, c'est quand les deux équipiers ont des avis différents sur l'option à
prendre. Ils peuvent alors s'engueuler. Mais dans la réalité, il y a un skipper
désigné ou le propriétaire du bateau est à bord. Ce sont eux qui ont le dernier
mot. Le passage du cap de Bonne Espérance (pointe sud de l'Afrique) devrait
avoir lieu, pour les premiers, dans une dizaine de jours. Maintenant, il faut
donc trouver le bon rythme. C'est une question de sensations, mais aussi
d'expérience. A quoi sert d'attaquer à fond pendant une semaine, s'il faut le
payer de quinze jours d'épuisement ? "
Ellen MacArthur
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