Le 09/04/2010 - 09h34
Par
SPORTWEEK / Yohan Finkiel
Avec la Route du Rhum en octobre puis la Barcelona Cup, l'année 2010 est riche. En attendant la miJse à l'eau de Foncia 2, " Mich' Dej' " a rassemblé ses équipes à Val Thorens et s'est confié à "Sport".
Vous êtes le navigateur le plus titré de l'histoire...
Lors de la Barcelona Cup, vous allez naviguer à deux puis en équipage. Vous n'êtes pas seulement un solitaire...
Le marin solitaire ne l'est pas. Loin de là. Il est solitaire pendant quelques jours, mais le reste du temps, il travaille en équipe. Je suis un marin en solitaire de temps en temps, mais j'adore naviguer en équipage. J'ai toujours considéré que la préparation avant la course représentait 80 % du résultat. C'est l'antithèse du solitaire.
En 2011, vous reviendrez au multicoque avec le circuit Multi One Design 70...
J'ai toujours adoré le multicoque et adoré passer de l'un à l'autre. Je trouve ça complémentaire. J'ai repris le monocoque avec Foncia, car je voulais faire le Vendée-Globe. Ça nous a plutôt réussi, mais je souhaite aussi revenir au multicoque. Je me suis toujours bien éclaté sur ces bateaux et je ne vois pas pourquoi je n'y retournerais pas.
La Coupe de l'America, c'est un défi qui vous tente ?
Pour le moment, je suis occupé (rires).
Comment expliquer le manque de réussite française dans cette épreuve ?
Je pense qu'il y a un problème structurel. Loïck Peyron le dit très bien. En France, nous avons coupé les têtes des gens qui avaient de l'argent à la Révolution. Maintenant, ceux qui en ont se cachent. Ils ne veulent donc pas le dépenser et s'afficher. Ils ne font donc pas la Coupe de l'America.
"A un moment, on cherche les catastrophes..."
Trouver un sponsor a été compliqué pour vous ?
Pas plus qu'avant. En matière de communication et en ces temps difficiles, une entreprise a besoin de se démarquer et de se mettre en évidence. La voile répond bien à cette demande et ne coûte pas si cher que ça. Un bateau comme Foncia vaut 3 millions d'euros. Ça équivaut à un café par an et par client.
La récente tempête en Vendée vous inspire quel sentiment ?
Ce qui me désole, ce n'est pas la connerie des gens, mais de l'Homme. Construire en zone inondable est une aberration. C'est grave. Quand on est rendu à faire des digues pour construire des maisons derrière... À un moment, on cherche les catastrophes... Tu ne peux pas lutter contre la nature. Et il ne faut pas la narguer.
Un engagement politique vous tente ? Bientôt ?
Je préfère garder mon franc-parler et ma liberté. Je suis régulièrement sollicité, mais je leur dis que je suis un homme libre et que je souhaite le rester.
Propos recueillis par Yohan Finkiel
ITINERAIRE
Né le 16 juillet 1965 à Concarneau
Bateau actuel : Foncia
Palmarès (non-exhaustif) : Vainqueur de la Solitaire du Figaro en 1992, 1998 et 2007,
Vainqueur du Vendée-Globe en 2001 et 2009, Vainqueur de la Route, du Rhum en 2002 Vainqueur de la Transat Jacques-Vabre en 2007
Dans la famille Desjoyeaux : la femme
Un caractère bien trempé, souriante, bavarde, courageuse et stoïque, Régine Bornens, la compagne de Michel Desjoyeaux n'est pas du genre à attendre le retour de son navigateur à la maison. Tombée dans le monde de la voile dès le plus jeune âge, elle travaille activement dans le team de son marin de mari. Une force essentielle lorsque le père de ses trois enfants est en mer. " Le risque existe partout et je m'interdis d'y penser ", affirme-t-elle sans hésitation, " Ça fait partie de notre vie depuis si longtemps que l'on sait que tout peut arriver. " Responsable de la logistique tant matérielle qu'humaine sur chaque course, Régine, 45 ans, est un élément indispensable de l'équipe. Pour Nathalie Archias, en charge de la coordination administrative : " Régine est exactement ce dont a besoin et envie Michel ". Avis partagé autour d'elle : " Elle apporte sa joie de vivre ", ajoute Dimitri Voisin, responsable de la R & D électronique et informatique. Le tout, toujours dans la plus grande discrétion. Ses mots pour raconter son complice, sur le site officiel du team, sont touchants. " Dans le boulot : un étrange animal qui tient de l'ours, de l'huître, mais aussi beaucoup du renard... Quelqu'un qui ne connaît que le mode " marche avant "... Pour le reste : le plus fort et le plus beau ! "
A retrouver dans le n°231 du magazine Sport :
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